RDCongo: 240 députés "touristes" à l'Assemblée Nationale, selon Boshab
du Parlement congolais. Essentiellement budgétaire, cette session sera consacrée, a-t-il
émis le souhait, à l’analyse et à l’adoption de la loi des finances portant budget de l’Etat pour l’exercice 2010.
Devant un parterre d’invités de marque dont le premier ministre qu’accompagnaient la quasi-totalité des membres de son gouvernement, Evariste Boshab a exhorté le gouvernement à déposer dans le délai constitutionnel, le projet de budget afin de permettre aux élus nationaux d’effectuer un travail sérieux. Il a, en outre, demandé à l’équipe gouvernementale de sortir de la routine dans l’élaboration du budget de l’Etat puisque celui-ci est un instrument qui traduit la politique économique du pays. Le budget de l’Etat, selon lui, doit être adapté aux besoins de développement économique. Il est donc un instrument qui doit satisfaire les aspirations profondes de notre peuple qui espère sortir de la misère accablante dans laquelle il vit. Le président de l’Assemblée nationale a rappelé au gouvernement l’obligation qui lui incombe vis-à-vis de la représentation nationale de s’expliquer sur l’état d’exécution des recommandations qui lui ont été formulées par les élus sans compter de son obligation de répondre aux initiatives de contrôle qui seront effectives au cours de cette session.
S’adressant toujours à l’exécutif national, l’élu de Mweka n’a pas manqué de saluer les efforts fournis par le gouvernement dans la pacification de l’Est de notre pays tout comme il a salué les récentes mesures prises dans l’Administration publique où certains fonctionnaires ont été remerciés après plusieurs années passées au service de la nation. Pour lui, ce repos est non seulement mérité, mais légal conformément aux textes en vigueur qui régit la Fonction publique. Mais si le gouvernement a été remercié pour cette décision, le président Evariste Boshab a tout de même tenu à relever les nombreux cas des réclamations introduites par certains fonctionnaires qui s’estiment lésés. Pour ces nombreux cas, il a demandé au gouvernement de les examiner sereinement, car le recours, c’est-à-dire le droit de contester une décision jugée illégale, est l’expression de la démocratie.
L’assistance n’a pas manqué de remarquer la volonté du président de l’Assemblée nationale de s’inscrire dans la logique du chef de l’Etat qui prône la tolérance zéro face à l’impunité et aux abus de tous genres. Pour lui, la tolérance zéro ne doit pas être confondue avec la tolérance tout court, qui elle est l’un des fondements de la démocratie. La tolérance zéro est la voie par laquelle l’Etat congolais réaffirmera son autorité en tant qu’un espace où le respect de la chose publique est garanti ; ce qui est un gage de développement.
Cette tolérance zéro, Boshab la veut partout y compris à l’Assemblée nationale qui doit être l’exemple et le modèle de l’éthique dans notre pays. En cette date du 15 septembre 2009, correspondante à la célébration de la journée internationale de la démocratie, le président de la chambre basse a invité les parlementaires à intérioriser la culture de la tolérance, mais aussi et surtout à guider la nation dans le respect des valeurs démocratiques lesquelles supposent la bonne gouvernance et le respect du travail.
Dans ce dernier registre, le président de l’Assemblée nationale a fait le triste constat de l’absentéisme notoire des élus nationaux. Se servant des statistiques que lui ont fourni ses services, seuls 260 à 300 députés sont assidus au travail en participant régulièrement aux séances plénières et aux travaux en commissions. Le travail, a-t-il reconnu, pèse essentiellement sur ce groupe et devient dès lors délicat alors qu’il aurait pu être simple s’il était fait par tous. Sans vergogne un peu plus de la moitié des députés nationaux tournent les pouces pendant toute la durée d’une session parlementaire, c’est-à-dire trois mois. Se contentant de percevoir leurs émoluments, ils n’ont que faire des problèmes de leurs électeurs. Sur un total de vingt séances, au cours de la session ordinaire passée, il est malheureux de constater qu’un député a assisté en moyenne à 14 séances et s’est absenté pendant 6 séances.
Cela n’est pas acceptable pour des hommes qui ont reçu le mandat populaire et qui doivent se battre pour l’amélioration des conditions de vie de la population.
A vrai dire, 200 à 240 députés seraient des vrais touristes, ce qui confirme les propos tenus dans nos colonnes selon lesquels les députés se prélasseraient dans les lieux de villégiature au lieu de répondre à leurs obligations qu’il s’agisse des vacances parlementaires ou des travaux proprement dits.
Ce discours, qui n’a pas plu aux élus, a au moins le mérite d’avoir dit tout haut ce qui se murmurait dans l’opinion publique au risque de discréditer cette institution mémorable qui n’a pas manqué de saluer la mémoire de deux de ses anciens présidents décédés, à savoir Yvon Kimpiobi et Kalonji Mutambayi wa Pasteur Kabongo que l’Eternel a rappelé auprès de lui.
Charles Mukonkole, Radio Television Nyota
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