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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Joseph Kabila, le roi de la fraude, réélu, l'opposition appelle aux marches pacifiques

17 Décembre 2011 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Actualités

Source: Guylain Moke

Le président sortant de la RD Congo, Joseph Kabila, 40 ans, a été proclamé vainqueur de la présidentielle à un tour du 28 novembre, vendredi par la Cour suprême de justice (CSJ) malgré des semaines de contestation du scrutin au plan national et international, un double scrutin entaché des ”irregularités graves” et ” fraudes massives”, d’après le porte-parole de l’administration d’Obama. 

La CSJ a confirmé la totalité des résultats provisoires annoncés le 9 décembre par la Commission électorale (Céni) et rejetés par l’opposition, qui attribuaient la victoire à M. Kabila, avec 48,95% des suffrages, devant dix autres candidats, dont l’opposant de 78 ans Étienne Tshisekedi (32,33%), arrivé second.

Ce dernier avait rejeté ces résultats et s’était auto -proclamé “président élu” de la RDC.

Vendredi soir, son parti, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a annoncé l’organisation de manifestations “lundi ou mardi” en RD Congo pour “faire échec à ce hold-up électoral”, a déclaré Jacquemin Shabani, secrétaire général du parti

La Cour “proclame élu à la majorité simple président de la République démocratique du Congo Monsieur Joseph Kabila”, a déclaré vendredi soir le premier président de la CSJ Jérôme Kitoko, juste après avoir rejeté pour “manque de preuves” le recours du candidat et opposant Vital Kamerhe (3e avec 7,74%), qui dénonçait de nombreuses irrégularités lors du scrutin.

Sans attendre la proclamation de la CSJ, initialement prévue samedi, six pays voisins – Ouganda, Kenya, Zambie, Tanzanie, Burundi et la République centrafricaine – avaient “félicité” vendredi le président Kabila pour sa réélection. La veille, l’Afrique du Sud avait jugé “globalement OK” les élections.

M. Kamerhe dénonçait notamment des “violations intentionnelles” de la loi électorale par Céni, “la circulation illégale” de bulletins de vote avant le scrutin, des différences entre des résultats de la Céni et ceux publiés dans les bureaux de vote ou encore des scores de 100% obtenus par M. Kabila dans plusieurs bureaux de vote.

Des rapports d’observateurs nationaux et internationaux, notamment de l’Union européenne, du Centre Carter et ses Etats-Unis, ont aussi déploré le “manque de transparence” ou de “crédibilité” du processus électoral et dénoncé aussi de nombreuses “irrégularités”.

L’ONG International Crisis Group rapporte: « Puisque peu d’entre eux (les observateurs internationaux) se sont aventurés en dehors des villes principales, les observateurs internationaux, y compris ceux de l’Union européenne et du Centre Carter, ont probablement manqué les abus les plus grossiers. »

Étienne Tshisekedi avait d’emblée écarté toute idée de contester les résultats devant la Cour suprême, en la qualifiant “d’institution privée de Kabila”.

D’emblée la situation devient barbarisme, de nature á intimider, décourager le peuple á répondre favorablement á l’invitation de l’opposition, l’UDPS et l’église catholique. 

L’église catholique, qui a critiqué la réélection frauduleuse, á la Russe de Joseph Kabila, qui reste un inconnu au peuple congolais malgré ses 10 ans au pouvoir, doit-on le reconnaître, ne peut pas remporter légalement 5 votes au Congo, a aussi appelé le peuple congolais á ”proteger” sa victoire avec des marches pacifiques ce dimanche.

La communauté soi disante ” internationale” fait de la sourde oreille aux revendications de l’opposition,, au nom de la préservation et la continuité de leurs intérêts avec le régime en place.

Hier á Goma et Lubumbashi les foules s’érigeaint á des murailles humaines pour faire face á la police nationale et la Garde Républicaine, des machines oppressives de Joseph Kabila, les empêchant á prendre les rues.

L’inactivité et la distanciation de la communauté internationale sont défaussées. Elles sont mises á nue par la découverte d’une centaine de corps dans un ravin, á Kimwenza, á la plus grande surprise des agents de MONUSCO et les défenseurs de droits de l’homme.

Des sources concordantes font état d’une série des arrestations arbitraires, kidnapping des jeunes sympathisants de l’opposition, qui protestaient les résultats provisoires et fantaisistes de la Ceni, samedi passé, depuis hier á N’DJILI et ce soir á SALONGO et KIMBASEKE, par la Garde Républicaine et les agents spéciaux d’ANR (Agence nationale de Renseignements)

Ceux qui ne sont pas tués sur place, sont cependant transférés au palais de marbre, transformé á un Guantanamo……la torture sauvage, le ramadan forcé, le manque de justice, encore moins d’un simple procès, coupés de tout contact humain, est le repas quotidien de ceux-lá, qui osent exercer leur droit de protester pacifiquement……..á l’indifférence de la communauté internationale.

Le chef de l’Etat, qui ne s’est pas encore adressé à la nation depuis le 9 décembre, a reconnu des “erreurs” lors de la présidentielle tout en estimant qu’elles n’invalideraient pas les résultats, lors d’une conférence de presse en anglais lundi pour des médias anglophones principalement.

Il doit prêter serment mardi.

“Comme le peuple souverain a voté, il faut respecter le choix du peuple et ensuite dialoguer”, avec l’opposition, ironise le secrétaire général de la Majorité présidentielle, Aubin Munaku, en faisant part de sa “joie” après la réélection du chef de l’Etat, son roi.

Héritier du pouvoir à 30 ans après l’assassinat odieux en 2001 de son père adoptif Laurent-Désiré Kabila – le tombeur de Mobutu -, élu une première fois en 2006, par une mascarade électorale, en promettant le retour à la paix et la reconstruction d’un pays ruiné par deux guerres (1996-1997, 1998-2003), Joseph Kabila s’était déclaré “sûr” de ne pas perdre lors de sa campagne, après avoir opportunément fait réviser la Constitution en janvier pour faire passer la présidentielle de deux à un seul tour.

En 2006, il avait largement et frauduleusement devancé (58,05%) au second tour le vice-président Jean-Pierre Bemba, devenant alors le premier président de RDC élu au suffrage universel direct.

La fin de campagne électorale et le scrutin du 28 novembre dernier avaient été émaillés de violences dans le pays, où au moins 18 civils ont été tués par les forces de sécurité, selon l’ONG Human Rights Watch. 

L’annonce de la réélection de Kabila par la Céni le 9 décembre avait aussi déclenché des violences, principalement à Kinshasa où au moins cinq personnes sont mortes, d’après les autorités.

Les forces de l’ordre ont procédé à plusieurs arrestations, notamment dans le quartier de Limete (est), où le parti de M. Tshisekedi -l’Union pour la démocratie et le progrès social, UDPS- a son siège.

Après avoir fait appel à l’ONU, à l’UE et l’Union africaine notamment, “en vue de solliciter leur médiation”, l’UDPS a demandé au “peuple de protéger” sa victoire à travers des “manifestations pacifiques”.

En province, des premières “marches pacifiques” de l’opposition ont rassemblé quelques centaines de personnes à Goma, Bukavu (est) et Lubumbashi (sud-est) mardi et mercredi, très vite été dispersées par la police ou l’armée.

A Lubumbashi, les soldats de la Garde républicaine ont violemment stoppé la marche, et à Goma des opposants ont été arrêtés.

Le résultat provisoire des législatives, qui se sont déroulées avec la présidentielle, est attendu mi-janvier. Le double scrutin a débuté un cycle d’élections (provinciales, sénatoriales, locales) qui doit se poursuivre jusqu’à l’été 2013.

Certes, le roi de la fraude, le tricheur du siècle, Joseph kabila, remporte louchement ” la plus grande farce électorale du siécle” pour un autre mandat de malheur, torture, abus de pouvoir, culte de personnalité, arrestations arbitraires, tueries extra-judiciaires, impunité, la chasse á la sorcière aux journalistes et défenseurs de droits de l’homme, pour 5 bonnes années: La naissance d’une longue tyrannie.

Par Guylain Gustave Moke

Political Analyste/Expert aux Affaires Africaines

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