Où sont passés les 12.000 réfugiés candidats au retour dans le Masisi et de Rutshuru ?
Par BIENVENU MARIE BAKUMANYA
Interrogation sur la localisation de près de 12.000 refugiés congolais candidats au retour au milieu du mois de novembre dernier. Ces personnes installées au Rwanda depuis plus d’une quinzaine d’années décident spontanément de rentrer au bercail, après les opérations Umoja wetu et Kimia 2.
Quelques jours auparavant, l’ancien vice-président Azarias Ruberwa, lancait un appel au retour de tous les refugiés congolais avant les prochaines élections de 2011. Selon toute vraisemblance, ces refugiés envisageaint s’installer dans les villages de Masisi et de Rutshuru, là même où près de deux millions de personnes ont quitté leurs milieux naturels de vie pour fuir les théatre des affrontements entre la rebellion du CNDP, les groupes armés et les FARDC.
Etonnement légitime de la commission nationale pour les réfugiés au Nord-Kivu, les candidats au retour ne disposent d’aucun document attestant leur statut de réfugiés au Rwanda. Au même moment, la population des réfugiés des camps de Byumba et Kibuye au Rwanda n’a pas bougé ! A ce jour, ces personnes se sont installées dans les villages de Kirolirwe, Kitshanga, Mushaki, Bihambwe, dans la ferme de Kisuma et ailleurs.
LE CYCLE INFERNAL
Dans la même situation, les déplacés pour qui les terres sont déjà occupés, ne savent plus à quel saint se vouer. Leur hypothétique retour, ils n’auront plus où s’installer avec leurs dépendants. Il va de soi que la tension va rester persistante dans cette région d’autant que les nouveaux occupants ne laisseront pas les anciens reprendre les mêmes terres. Le gouvernement s’est impliqué pour identifier ces populations décidées à regagner le pays afin de faire la part entre les Congolais et les étrangers qui tenteraient de s’installer par la ruse en RDC. Jusque-là, un calme trompeur règne dans cette partie de la République. Il reste que la situation ainsi créée éclatera tôt ou tard si rien n’est fait dans le sens d’encadrer et de piloter les diverses opérations par les instances gouvernementales.
Dans ces conditions, l’assistance du Haut commissariat au réfugiés est requise afin de garantir un traitement objectif du dossier. Les uns et les autres doivent également se conformer à la législation en vigueur en matière d’immigration.
Toutefois, nul ne devra accepter que les intérêts des Congolais soient sacrifiés au bénéfice de n’importe quelle stratégie. Les Congolais, qui souhaitent rentrer chez eux après un exil forcé, n’ont pas plus de droit que ceux qui ont fui les affrontements sanglants qui avaient endeuillé l’Est. Vice-versa.
Les arbitrages nécessaires sont du ressort du gouvernement et de ses partenaires internationaux ainsi que les personnes directement concernées. En attendant, la question reste posée : où sont passés les réfugiés congolais candidats au retour dans le Masisi et Rutshuru ?
/image%2F0932222%2F20160107%2Fob_11d682_blogeditions.jpg)