Le nombre des réfugiés de la RDC au Congo fait craindre une catastrophe humanitaire
APA Brazzaville (Congo) Le nombre sans cesse croissant de réfugiés en provenance de la République démocratique du Congo pour l’extrême nord du Congo commence à inquiéter les organisations humanitaires qui n’espèrent plus que sur l’implication de la communauté internationale pour faire face à ce flux humain, a constaté APA sur place.
Estimés à ce jour à plus de 107. 000 personnes établies sur un rayon de plus de 250 km le long du fleuve Oubangui, les réfugiés congolais en territoire congolais inquiète les organismes humanitaires présents dans le département de la Likouala, à la frontière avec la RDC et la République centrafricaine.
«Pour le moment, les moyens nous font défaut. Au départ, on a fait un premier appel pour assister 35.000 personnes, mais ce chiffre a aujourd’hui triplé », a expliqué le chef de bureau du Haut commissariat des Nations unies pour réfugiés (HCR) dans la Likouala, Daniel Roger Tam.
Faute d’assistance, les réfugiés désertent les sites de fortune installés le long dans cette province pour vivre dans des familles d’accueil où ils vivent dans des abris de fortune exposés aux intempéries et sont quelquefois utilisés pour des travaux champêtres et autres basses besognes.
« Depuis deux mois que nous sommes ici, il n’y a pas un seul organisme qui nous assistes, tant au plan sanitaire, nutritionnel et même éducatif », s’est plaint Bernard Kokolo, un réfugiés basé à Dongou, à quelque 55 km du chef lieu de la Likouala, Impfondo.
A Dongou où les réfugiés traversent par pirogue, seules quelques personnalités tentent de leur porter assistance, une aide d’ailleurs très insuffisante. Bien que conscientes des conditions difficiles des réfugiés, Les humanitaires sont dans l’incapacité de satisfaire tout le monde et continuent d’attendre une éventuelle assistance.
«Il nous manque suffisamment de vivres et des non vivres (bâches, ustensiles de cuisine et bien d’autres choses que nous avons l’habitude de distribuer à ces personnes dans leurs abris », s’est plaint le chef de bureau du HCR.
Depuis mois de décembre, l’insuffisance de matériel se justifie par l’étiage des eaux sur le fleuve qui constitue le principal moyen de grand tonnage entre Brazzaville et le département de la Likouala.
Cette difficile situation à laquelle sont aujourd’hui confrontés les organismes humanitaires (HCR, MSF, Médecins d’Afrique, PAM…) qui exercent sur le terrain fait craindre, en dépit de leur forte implication, une crise humanitaire si la communauté internationale ne s’implique pas.
« Nous lançons un appel à la communauté internationale pour mettre à notre disposition des moyens matériels et financiers qui nous permettront d’assister ces personnes», a confié à APA Daniel Roger Tam.
Si au plan matériel les difficultés se font déjà sentir, la situation socio-sanitaire de ces réfugiés reste précaire, en dépit de l’implication de l’ONG Médecin d’Afrique qui mène des actions pour prévenir les épidémies.
« Nous menons des opérations pour faire que les besoins les plus immédiats crées par cette situation soient pris en charge. Nous disposons des équipes mobiles sur le terrain pour assurer la couverture sanitaire des déplacés », a rassuré Rufin Mafouta de Médecins d’Afrique, précisant que le paludisme reste la pathologie la plus fréquente en raison du rapprochement des abris du fleuve.
Dans la perspective de contrer la catastrophe qui se profile à l’horizon, la France et les Etats Unies se sont chacun engagés à apporter un appui au Programme alimentaire mondial (PAM) pour subvenir aux besoins les urgents des réfugiés.
D’un montant global de 2 milliards 262 millions de FCFA, cette aide contribuera à l’acquisition, par le PAM, des vivres destinés aux personnes que le HCR se charge de recenser dans l’ensemble de la province de la Likoula.
L’aide de la France, outre les 400.000 euros destinés à l’achat des vivres et à la distribution des kits , devrait également permettre d’assurer, par ses forces militaires basées à Libreville (Gabon), le transport aérien, vers Impfondo, de véhicules, de moyens de transports fluviaux (canots, rapides et zodiacs) et de divers matériels utiles à la poursuite de l’activité du HCR dans la Likouala.
D’un montant de 4,6 millions de dollars soit 2 milliards de FCFA, l’appui financier des Etats-Unis qui passe par le bais de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), devra faciliter l’achat des vivres pour les réfugiés.
HSK/lmm APA
2010-01-17 14:52:13
/image%2F0932222%2F20160107%2Fob_11d682_blogeditions.jpg)