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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Le nombre des réfugiés de la RDC au Congo fait craindre une catastrophe humanitaire

18 Janvier 2010 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Justice et Droits de l'homme

APA Braz­za­ville (Congo) Le nombre sans cesse crois­sant de ré­fu­giés en pro­ve­nance de la Ré­pu­blique dé­mo­cra­tique du Congo pour l’ex­trême nord du Congo com­mence à in­quié­ter les or­ga­ni­sa­tions hu­ma­ni­taires qui n’es­pèrent plus que sur l’im­pli­ca­tion de la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale pour faire face à ce flux hu­main, a consta­té APA sur place.

Es­ti­més à ce jour à plus de 107. 000 per­sonnes éta­blies sur un rayon de plus de 250 km le long du fleuve Ou­ban­gui, les ré­fu­giés congo­lais en ter­ri­toire congo­lais in­quiète les or­ga­nismes hu­ma­ni­taires pré­sents dans le dé­par­te­ment de la Li­koua­la, à la fron­tière avec la RDC et la Ré­pu­blique cen­tra­fri­caine.


«Pour le mo­ment, les moyens nous font dé­faut. Au dé­part, on a fait un pre­mier appel pour as­sis­ter 35.​000 per­sonnes, mais ce chiffre a au­jourd’hui tri­plé », a ex­pli­qué le chef de bu­reau du Haut com­mis­sa­riat des Na­tions unies pour ré­fu­giés (HCR) dans la Li­koua­la, Da­niel Roger Tam.


Faute d’as­sis­tance, les ré­fu­giés dé­sertent les sites de for­tune ins­tal­lés le long dans cette pro­vince pour vivre dans des fa­milles d’ac­cueil où ils vivent dans des abris de for­tune ex­po­sés aux in­tem­pé­ries et sont quel­que­fois uti­li­sés pour des tra­vaux cham­pêtres et autres basses be­sognes.


« De­puis deux mois que nous sommes ici, il n’y a pas un seul or­ga­nisme qui nous as­sistes, tant au plan sa­ni­taire, nu­tri­tion­nel et même édu­ca­tif », s’est plaint Ber­nard Ko­ko­lo, un ré­fu­giés basé à Don­gou, à quelque 55 km du chef lieu de la Li­koua­la, Imp­fon­do.


A Don­gou où les ré­fu­giés tra­versent par pi­rogue, seules quelques per­son­na­li­tés tentent de leur por­ter as­sis­tance, une aide d’ailleurs très in­suf­fi­sante. Bien que conscientes des condi­tions dif­fi­ciles des ré­fu­giés, Les hu­ma­ni­taires sont dans l’in­ca­pa­ci­té de sa­tis­faire tout le monde et conti­nuent d’at­tendre une éven­tuelle as­sis­tance.


«Il nous manque suf­fi­sam­ment de vivres et des non vivres (bâches, us­ten­siles de cui­sine et bien d’autres choses que nous avons l’ha­bi­tude de dis­tri­buer à ces per­sonnes dans leurs abris », s’est plaint le chef de bu­reau du HCR.


De­puis mois de dé­cembre, l’in­suf­fi­sance de ma­té­riel se jus­ti­fie par l’étiage des eaux sur le fleuve qui consti­tue le prin­ci­pal moyen de grand ton­nage entre Braz­za­ville et le dé­par­te­ment de la Li­koua­la.


Cette dif­fi­cile si­tua­tion à la­quelle sont au­jourd’hui confron­tés les or­ga­nismes hu­ma­ni­taires (HCR, MSF, Mé­de­cins d’Afrique, PAM…) qui exercent sur le ter­rain fait craindre, en dépit de leur forte im­pli­ca­tion, une crise hu­ma­ni­taire si la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale ne s’im­plique pas.


« Nous lan­çons un appel à la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale pour mettre à notre dis­po­si­tion des moyens ma­té­riels et fi­nan­ciers qui nous per­met­tront d’as­sis­ter ces per­sonnes», a confié à APA Da­niel Roger Tam.

Si au plan ma­té­riel les dif­fi­cul­tés se font déjà sen­tir, la si­tua­tion so­cio-​sa­ni­taire de ces ré­fu­giés reste pré­caire, en dépit de l’im­pli­ca­tion de l’ONG Mé­de­cin d’Afrique qui mène des ac­tions pour pré­ve­nir les épi­dé­mies.


« Nous me­nons des opé­ra­tions pour faire que les be­soins les plus im­mé­diats crées par cette si­tua­tion soient pris en charge. Nous dis­po­sons des équipes mo­biles sur le ter­rain pour as­su­rer la cou­ver­ture sa­ni­taire des dé­pla­cés », a ras­su­ré Rufin Ma­fou­ta de Mé­de­cins d’Afrique, pré­ci­sant que le pa­lu­disme reste la pa­tho­lo­gie la plus fré­quente en rai­son du rap­pro­che­ment des abris du fleuve.


Dans la pers­pec­tive de contrer la ca­tas­trophe qui se pro­file à l’ho­ri­zon, la France et les Etats Unies se sont cha­cun en­ga­gés à ap­por­ter un appui au Pro­gramme ali­men­taire mon­dial (PAM) pour sub­ve­nir aux be­soins les ur­gents des ré­fu­giés.

D’un mon­tant glo­bal de 2 mil­liards 262 mil­lions de FCFA, cette aide contri­bue­ra à l’ac­qui­si­tion, par le PAM, des vivres des­ti­nés aux per­sonnes que le HCR se charge de re­cen­ser dans l’en­semble de la pro­vince de la Li­kou­la.


L’aide de la France, outre les 400.​000 euros des­ti­nés à l’achat des vivres et à la dis­tri­bu­tion des kits , de­vrait éga­le­ment per­mettre d’as­su­rer, par ses forces mi­li­taires ba­sées à Li­bre­ville (Gabon), le trans­port aé­rien, vers Imp­fon­do, de vé­hi­cules, de moyens de trans­ports flu­viaux (ca­nots, ra­pides et zo­diacs) et de di­vers ma­té­riels utiles à la pour­suite de l’ac­ti­vi­té du HCR dans la Li­koua­la.


D’un mon­tant de 4,6 mil­lions de dol­lars soit 2 mil­liards de FCFA, l’appui fi­nan­cier des Etats-​Unis qui passe par le bais de l’Agence amé­ri­caine pour le dé­ve­lop­pe­ment in­ter­na­tio­nal (USAID), devra fa­ci­li­ter l’achat des vivres pour les ré­fu­giés.



HSK/lmm APA

2010-​01-​17 14:52:13

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