Kagamé 1er: chasse à l'homme au pays des milles collines
L'Observateur Paalga
Robert Menard présiderait-il toujours aux destinés de l'association Reporters Sans Frontières qu'au Rwanda
qu'il aurait eu une proie facile pour assouvir son appétit,
gargantuesque, de défenseur des droits humains. Car, en effet, au pays des mille collines, de tels prédateurs sont loin d'être d'une espèce rare.
A commencer par le président Kagamé, le tombeur de Juvenal Habyarimana, qui ne tarde pas à entrer en transe chaque fois que l'on ose débusquer son image derrière le missile qui a abattu l'avion
présidentiel rwandais le 6 avril 94, ouvrant la voie au génocide qui fera date dans les livres d'histoire. Et là, personne ne résiste à son courroux, à commencer par la France, laquelle dut se
prosterner à ses pieds pour reconquérir ses amitiés, à l'instar des autres grandes puissances qui savent se taire sur les abus des rois nègres pour préserver leurs intérêts.
Comprenez donc que Kagamé 1er, après avoir dompté l'ex-colonisateur, se rue aujourd'hui sur ses opposants et les journalistes dont la plume ne crache pas que du miel.
A l'approche donc de la présidentielle du 09 août, l'ire de l'homme mince de Kigali vient d'atteindre son paroxysme, d'où cette chasse à l'homme qui a contraint bien de généraux, jadis fidèles
d'entre les fidèles, à l'exil, alors que les leaders de l'opposition, tels Bernard Ntaganda, candidat du Parti social Imberkuri, et Victoire Ingabiré des Forces démocratiques unifiées, sont
embastillés et interdits d'existence politique.
Hélas, à son triste tableau de chasse, Kagamé, dont les mains ont toujours baigné dans le sang, pourrait ajouter le journaliste Jean Léonard Rugambage (du journal Umuvugizi, interdit de
publication), abattu le jeudi 24 juin 2010 au cœur même de la capitale rwandaise, alors qu'il enquêtait sur la tentative de meurtre du général Kayumba Nyamwassa Faustin, réfugié en Afrique du
Sud.
Evidemment, le nouveau dictateur, qui rêve de régner sur les Grands-Lacs, après les mille collines, a beau multiplier les démentis sur son implication dans cette affaire, difficile sera pour lui
de prouver son innocence, vu que cet énième meurtre ne profite qu'à son palais.
A deux mois de la présidentielle qu'il affrontera sans doute en solitaire, à quelle sauce les opposants rwandais seront-ils mangés pour la pérennité de son trône ?
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