J.B. Barayagwiza vient de trouver la mort dans un hôpital au Bénin (R.I.P.)
Le Tribunal Pénal International d’Arusha euthanasie ses prisonniers?
Paris, 22.04.2010: Nous lançons un SOS au TPIR qui euthansie notre Papa, Jean-Bosco BARAYAGWIZA, à défaut de prononcer la peine de mort que réclame Kigali pour les hutu détenus en Tanzanie, au Bénin et au Mali.
La photo de notre père Jean-Bosco Barayagwiza prise le 12 avril 2010 (non publiée), montre que le malade qui survit dans cet état, dans un hôpital aussi démuni, a suffisamment de ressources pour s’en sortir, s’il bénéfice de soins dans un centre de soins spécialisés. Comment alors résister à la tentation d’accuser le TPIR « de volonté délibérée d’assassinat » de notre père, prisonnier politique malade, déshydraté, qui a besoin d’une réanimation en soins intensifs et non en salle de soins aussi rudimentaire ?
Notre Papa, BARAYAGWIZA Jean-Bosco, 60 ans, auteur de : « Le sang Hutu est-il rouge ?» git sur un lit d’hôpital sans aucune assistance médicale, malgré la présence à Cotonou du Chef de la mission médicale du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR).
Malade depuis environs 2 ans, nous avons sollicité les soins au TPIR et alerté la Croix rouge Internationale. Cette dernière s’est saisie du dossier médical et plaidé pour un transfert dans un centre de soins spécialisés en Europe. Le président du TPIR d’Arusha, ni son greffier, n’ont jugé opportun de répondre nos appels au secours répétés et ceux de la Croix Rouge Internationale. Et l’état de santé de notre Papa qui s’était déclaré « prisonnier politique d’exception » de l’ONU, n’a cessé de se dégrader sous l’œil impitoyable et inhumain de ces fonctionnaires onusiens.
Nous croyons donc que notre Papa avait raison de se poser la question de savoir si le sang hutu est rouge. Dans son livre[1] ne disait-il pas à propos de ses persécuteurs qui négocient sa mort que leur « … plus grand plaisir est de vaincre vos ennemis … de voir baignés de pleurs ceux qui leurs sont chers … » ?
Force est de constater que le TPIR se donne les moyens d’envoyer son chef de mission médicale (qui n’a rien fait depuis des années) à Cotonou, pour décréter autour du lit du patient, un siège qui interdit toute visite et assistance médicale à notre Papa en danger de mort, administrant ainsi au lieu d’une thérapeutique appropriée, une euthanasie sous couvert de la justice internationale.
En effet, comment comprendre qu’un médecin de l’ONU, qui sait ce que signifie l’obligation « d’assistance à personne en danger » peut-il tenter de décharger les responsabilités du TPIR sur le pays hôte, en l’occurrence le Bénin, et de s'en laver les mains. Interrogé sur les motifs de sa position de refus du transfert médicalisé de notre Papa en France ou en Belgique dans un centre d’Hépatologie, le médecin nous a sèchement répliqué : « c’est trop tard ». Où alors était ce médecin avant qu’il ne soit trop tard? Que faisait-il ? A-t-il sollicité l’avis d’une commission médicale spécialisée ? Si oui, pourquoi ne nous a-t-il pas informés ? Si non, pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Quelque soit l’issue de cette affaire, la responsabilité du TPIR et donc des Nations Unies, est gravement engagée.
Famille Barayagwiza.
[1] Jean-Bosco Barayagwiza, Rwanda. Le Sang Hutu est-il rouge ? Vérités cachées sur les massacres. Collection « Drame rwandais ». Yaoundé-Cameroun 1995 p.67.
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