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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Analyse du rapport Mutsinzi par le Colonel Luc Marchal

30 Janvier 2010 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Attentat contre J.Habyarimana

Le colonel Luc Marchal était l'adjoint du général Roméo Dallaire, commandant des Casques Bleus au Rwanda au sein de la MINUAR. A la tête du "Collectif pour la Vérité", Luc Marchal et son groupe ont analysé le rapport Mutsinzi.

Considération liminaire

 

La Vérité n'est pas unique. Elle est une réalité aux multiples facettes. Force est de constater que la véritémarchal.jpg relative aux tragiques événements de 1994 au Rwanda est particulièrement difficile à cerner. Voilà près de 16 ans qu'ils ont eu lieu et bien que l'attentat du 6 avril 1994 soit unanimement reconnu comme l'élément déclencheur du génocide, les Nations Unies qui s'étaient engagées à aider les Rwandais dans la difficile recherche de la paix n'ont jamais jugé utile de mener une enquête à caractère international sur cet attentat. Depuis, la région des Grands Lacs s'est transformée en un immense champ de bataille où les victimes se comptent par millions.

Le présent document est une contribution à cette difficile recherche de la vérité. Il est le résultat d'un travail collectif dont seule une synthèse est présentée. Celle-ci devrait néanmoins permettre au lecteur de se faire une idée plus personnelle de la complexité de la problématique rwandaise en général et de la qualité intrinsèque du rapport MUTSINZI en particulier.

Si ce document commun n'est signé que par une seule personne, c'est uniquement par souci de préserver la sécurité de ceux et celles qui ont collaboré à sa rédaction.

Les différents paragraphes qui suivent reprennent l'ordre de succession des chapitres du rapport.

Introduction générale

 

Composition du "Comité indépendant d'experts"

 

La réelle indépendance du comité est pour le moins difficile à appréhender quand on sait que sa désignation a été soumise à la nécessaire approbation du chef de l'Etat, lui-même mis officielement en cause par deux juges d'instruction.

D'autre part, on ne peut que constater l'absence totale de l'un ou l'autre expert de niveau international au sein d'un comité exclusivement rwandais qui, au cours de ses travaux, a pourtant dû aborder des domaines techniques débordant d'un cadre strictement national. Très difficile, dans pareille configuration, d'avoir tous ses apaisements quant à l'indépendance et l'expertise réelle dudit comité. Particulièrement dans le chef de son président qui est un des membres fondateurs du Front patriotique rwandais (FPR).

 

Méthodologie utilisée

 

D'emblée le comité part du postulat que les autorités rwandaises de l'après-génocide n'ont aucune implication dans l'attentat du 6 avril 1994 et que les accusations contraires sont de nature idéologique, proférées par les génocidaires et leurs alliés. Il y a de quoi s'étonner qu'une commission "indépendante" dont l'objet est, précisément, de dénouer le vrai du faux, débute ses travaux par un tel a priori. Si telle est la position de départ du comité Mutsinzi, il y a tout lieu de craindre que l'ensemble des éléments de son rapport soit orienté, afin de démontrer la pertinence de son postulat et non la réalité des faits.

 

Concernant le choix des témoins, la remarque qui peut être formulée à ce stade de l'analyse du rapport est que la quasi totalité de ceux-ci se trouvent au Rwanda. Un commentaire plus nuancé pourra être exprimé lorsque l'on découvrira la qualité de ces témoins. S'il est fait mention que le général Dalaire a été contacté, en vain, pour obtenir son témoignage, il est étrange que la même démarche n'a pas été entreprise à l'égard de Monsieur Booh Booh, le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU et véritable patron de la mission.

Il est mentionné dans le chapitre sur la méthodologie que le comité a accordé beaucoup d'importance aux témoignages émanant d'officiels de la Mission des Nations Unies pour l'assistance au Rwanda (MINUAR). Particulièrement ceux des casques bleus de service à l'aéroport de Kanombe la nuit du 6 avril 1994 dont certains occupaient des services-clés, tel la tour de contrôle. En tant que responsable du Secteur Kigali de la MINUAR, je tiens à préciser qu'aucun casque bleu n'occupait la moindre fonction ou présence à l'intérieur de la tour de contrôle.

 

Contexte politique précédant l'attentat du 6 avril 1994

 

Personne ne contestera que ce contexte est tout sauf simple et paisible. Il serait hasardeux de se livrer à une analyse systématique de la version présentée par le comité qui conduirait de toute façon à une polémique stérile. Constatons, à l'issue de la lecture de cette partie du rapport, que le comité impute l'entière responsabilité de la dégradation du contexte politique au président Habyarimana et son entourage, ainsi qu'à un noyau dur de politiciens et de militaires opposés à toute démocratisation du régime et plus particulièrement aux accords de paix d'Arusha.

De façon générale, mettons cependant quelques éléments en évidence qui auraient dû figurer dans cette partie du rapport de manière à présenter un contexte politique plus conforme à la réalité.

 

Lire la suite de l'analyse

Le rapport Mutsinzi

 

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