Le Lac Albert: une manne pétrolière maudite pour la RDC et l'Ouganda
Le lac Albert est l'un des grands lacs africains. C'est le septième lac d'Afrique par la superficie. Ses autres noms sont : Albert Nyanza ; M'vouta-N'zighé et anciennement lac Mobutu Sese Seko. Il est l'un des plus poissonneux du monde.
Le lac Albert se trouve au centre du continent, à la frontière entre l'Ouganda et la République démocratique du Congo - frontière matérialisé par la ligne grise de l'illustration. Le lac Albert est le plus septentrional de la chaîne de lacs de la vallée du Grand Rift. Il est long d'environ 160 kilomètres et 30 kilomètres de large, avec une profondeur maximale de 51 mètres, à une altitude de 619 m au-dessus du niveau de la mer.
Le lac fait partie du système compliqué du Nil supérieur. Ses sources principales sont le Nil de Victoria, provenant du
lac
Victoria au sud-est, et la rivière Semliki, en provenance du lac Édouard au sud-ouest. Sa sortie, à l'extrémité nord du lac, est le Nil Albert (connu sous le nom de Nil des montagnes lorsqu'il pénètre au Soudan).
À l'extrémité sud du lac, où débouche la Semliki, se trouve un marécage, tandis qu'une chaîne de montagnes appelées montagnes Bleues borde la rive nord-ouest. Les localités de Butiaba et Pakwach bordent le lac.
En 1864, l'explorateur Samuel Baker fut le premier Européen à découvrir le lac. Il le nomma d'après Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, conjoint de la reine Victoria alors récemment décédé.
source: Wikipedia
RDC-Ouganda : une manne maudite ?
(Kimp.)
Alors que le rapport de l’Ong Global Witness sur la militarisation du secteur minier congolais continue de soulever des vagues dans les milieux des décideurs
congolais, un autre pavé vient d’être jeté dans la marre. Dans une réflexion consacrée à l’exploitation, présumée commune, du pétrole dans le Lac Albert, par la République Démocratique du Congo
et l’Ouganda, le Directeur du Centre Africain pour la Gouvernance Energie ou Africa Centre for Energy Governance (Afiego) en version anglaise, Dickens Kamugisha, se demande si cette ressources
naturelle constitue une bénédiction ou une malédiction pour les deux Etats. Il fait savoir que l’opinion publique, en RDC comme en Ouganda, exige le maximum de transparence aussi bien dans les
modalités d’attribution des blocs pétroliers aux investisseurs qui se bousculent autour des gisements pétroliers congolo-ougandais, spécialement du côté du Graben Albertine, les études de
prospection, la nature des contrats conclus ou à conclure, le volume des dividendes financiers attendus de l’exploitation ainsi que leur utilisation par les gouvernements congolais et
ougandais.
Selon le Directeur d’Afiego, beaucoup de flou entoure la gestion du pétrole et du gaz congolo-ougandais. Il déplore la tendance des décideurs congolais et ougandais à écarter systématiquement la
Société Civile des activités liées à l’extraction des hydrocarbures. « Les deux gouvernements ont, par passé, été accusés de collusion, de secret et de mise en œuvre des politiques d’exclusion…
En fait, en 2007, des membres de la Société Civile ont été exclus des commissions mixtes de sécurité entre les deux pays et des négociations des accords de pétrole. Plus récemment, un groupe de
journalistes et d’activistes de la Société civile de l’Afrique de l’Est, qui ont accompagné des membres de l’Assemblée législative dans la visite des puits de pétrole dans le comté de Tonya
Kaiso, du côté ougandais, ont été impitoyablement refoulés. Ce qui a suscité des spéculations et fait croire que le gouvernement ougandais avait effectivement quelque chose à cacher dans
l’exploration des sites », souligne-t-il.
Ouganda, 3me pays le plus corrompu du monde
A en croire Ofiego, le gouvernement ougandais continue de refuser à la Société civile le droit de participer au débat public qu’organise le ministère de l’Energie
autour des hydrocarbures. Cette agence révèle que l’Ouganda est l’un des rares pays au monde où la production du pétrole a été libéralisée. Les licences d’exploitation sont délivrées aux
compagnies pétrolières sans appel d’offre et les contrats sont négociés dans l’opacité la plus totale. Selon une enquête de l’Ong Transparency International, l’Ouganda est classé comme le 3me
pays le plus corrompu de la planète. D’où, l’on est porté à croire que l’exploitation pétrolière est fondée sur la corruption et le détournement des revenus pétroliers destinés au contribuable
ougandais.
Alberta Rift : casus belli entre la RDC et l’Ouganda
On laisse entendre que la RDC et l’Ouganda sont à couteaux tirés au sujet de leurs limites maritimes au niveau du Lac Albert. Les deux pays convoitent particulièrement l’île de Rukwanzi, à la
pointe Sud de ce lac, et extrêmement riche en pétrole. Les accrochages entre Congolais et Ougandais y sont récurrents, surtout depuis que l’Ouganda a accéléré le rythme des activités pétrolières
sur Albertine Rift. Ont croit savoir que l’insécurité que l’on observe dans cette partie Est de la RDC serait due à l’absence d’institutions politiques fortes, capables de peser aussi bien dans
des questions sécuritaires que pétrolières. Dickens Kamugisha note par exemple que l’Ouganda a décidé un passage en force d’ici la fin de l’année 2010, pour la phase de production du pétrole,
alors que du côté congolais, on continue de traîner les pieds et en dépit des accusations formulées par le gouvernement congolais contre Tullow Oil, soupçonnée de travailler sur la nappe
pétrolière congolaise.
Kabila et Museveni doivent faire plus
L’Ong Ofiego a eu l’honnêteté de reconnaître que les présidents Joseph Kabila (RDC) et Yoweri Museveni (Ouganda) ont beaucoup fait pour éviter que le pétrole ne soit une manne porte-malheur pour
leurs pays respectifs, en instituant une Commission paritaire ad hoc chargée le contentieux de l’île de Rukwanzi. Elle estime qu’ils devraient faire plus, notamment finaliser des accords
contraignants sur les questions de sécurité, de mise en valeur des gisements pétroliers, de protection de l’environnement et de gestion d’autres ressources transfrontalières.
Elle insiste particulièrement sur la transparence qui devrait prévaloir dans l’industrie pétrolière, proche et future. Elle recommande même à l’Ouganda de suivre l’exemple de la RDC, qui se
trouve engagée présentement dans la politique de revisitation des contrats miniers et pétroliers. Aux deux pays, elle conseille de faire leurs les recommandations de l’ITIE (Initiative pour la
Transparence et la reddition des comptes dans l’Industrie Extractive). Le souci des décideurs politiques devraient être la maximisation des revenus du pétrole, au profit des citoyens et
l’enrichissement égoïste et le financement des conflits.
2009-07-27
Source: Le Phare/RDC
Le pétrole de la discorde
Stéphane Ballong
afrik.com
11/06/2009
« Il s’agit d’une agression. C’est une provocation. C’est la façon la plus simple de le dire ». Betty Adima, la commissaire du district ougandais de Nebbi qui borde le lac Albert, ne décolère pas. Comme elle, plusieurs autorités locales ougandaises ont accusé cette semaine la RDC d’avoir établi un poste-frontière sur les berges gorgées de pétrole du Lac Albert sans attendre les résultats d’une étude ougandaise sur le litige frontalier qui oppose les deux pays.
La borne frontalière en question est installée à Goli, une importante localité commerciale située dans le territoire de Mahagi en Ituri, limitrophe du district ougandais de Nebbi. Goli, à l’instar des localités qui longent la frontière de la région du West Nile (RDC), fait l’objet d’un contentieux entre les deux pays.
« Il y a des hommes armés qui gardent le site, indique Mme Adima. Cela signifie qu’ils savent qu’ils sont en train de faire quelque chose de mal ». Du côté congolais, on appelle au calme, mais on estime que le poste de police contesté par les Ougandais est au bon endroit. Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement de Kinshasa, interrogé par l’AFP a indiqué que le problème va être géré par les ministres de l’Intérieur des deux pays.
Le pétrole, la vraie raison de la querelle
Les conflits frontaliers entre la RDC et l’Ouganda sont nombreux, écrit Digital Congo qui ajoute qu’ils sont d’autant plus difficiles à résoudre que « cette frontière était devenue illusoire durant l’occupation ougandaise, qui a duré presque dix ans, de 1996 à 2005 ». Mais la vraie raison de ce nouveau conflit est le pétrole. En septembre 2008, le groupe pétrolier canadien Heritage Oil a annoncé la découverte d’une réserve de pétrole aux alentours du lac Albert. Selon la compagnie, il s’agirait de la plus grosse réserve pétrolière jamais découverte en Ouganda. Son potentiel de production quotidienne est estimé à plus de 14 000 barils.
Avant même la découverte de gisement, des heurts opposé l’Ouganda et la RDC, début août 2007, lorsqu’un ingénieur britannique, qui prospectait pour Heritage Oil sur la partie ougandaise du lac, a été retrouvé mort. Kampala avait alors accusé l’armée congolaise d’être l’auteure du meurtre. En dehors du pétrole, c’est aussi la convoitise des ressources minières notamment l’or dont regorge cette région frontalière, qui crée des tensions entre les deux voisins.
Mercredi, le gouvernement congolais a indiqué qu’une « commission mixte de vérification des frontières siège actuellement ». Son rapport devrait départager les deux pays.
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