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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

ICG recommande de "frapper le commandement des FDLR vivant à l'étranger"

15 Juillet 2009 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Histoire - politique

Congo-Kinshasa: Traque des FDLR - International Crisis Group sceptique

14 Juillet 2009



Kinshasa — L'actualité nationale reste toujours suspendue à la situation préoccupante à l'Est du pays. Le secrétaire général de l' ONU, Ban Ki-moon demeure inquiet face à la persistance de l'insécurité au Kivu. International Crisis Group (ICG), organisation non gouvernementale internationale chargée de la prévention des conflits vient d'ajouter une note d'inquiétude à l'appréhension de Ban Ki-moon. Elle n'est pas du tout convaincue de l'efficacité des opérations miliaires conjointes contre les FDLR. Elle propose plutôt une stratégie globale qui allie à la fois l'approche militaire, politique et pressions internationales : la politique du bâton et de la carotte.

Dans son dernier rapport publié simultanément le 9 juillet 2009 à Nairobi et à Bruxelles, International Crisis Group, organisation non gouvernementale internationale en charge de la prévention des conflits en Afrique et dans le monde, est sceptique. Elle ne croit pas en l'efficacité des opérations militaires conjointes contre les forces négatives rwandaises, FDLR. Mais appelle plutôt à l'élaboration d'une stratégie globale en vue de désarmer les FDLR.

Une stratégie qui allie à la fois l'approche militaire, politique et des pressions internationales qui frapperaient particulièrement le « Commandement des FDLR » vivant à l'étranger. La politique de la carotte et du bâton. C'est dire qu'outre la RDC et le Rwanda, des pays comme la France, la Belgique, l'Allemagne, les Etats-Unis, le Canada, le Cameroun, la Zambie et le Kenya, pour ne citer que ceux - là, doivent s'y impliquer. S'engager à lutter contre les activités de levée de fonds et de propagande sur Internet et dans les médias internationaux menées par les responsables des FDLR vivant sur leurs territoires. International Crisis Group suggère des poursuites judiciaires pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis dans l'Est du Congo par les FDLR. Il n'y a qu'à voir avec quelle facilité les dirigeants des FLDR se déplacent à l'étranger pour véhiculer leur propagande.

En effet, ICG tient à relever que « la responsabilité internationale - nord-américaine et européenne en particulier - est également engagée. Des décisions prises à New York, Paris, Washington et Bruxelles dans les années 1990 ont permis aux fondateurs des FDLR de fuir le Rwanda avec leurs armes pour se regrouper dans les camps des réfugiés en RDC, contribuant ainsi à la pérennisation de cette guerre ».

Parallèlement, ICG propose que le renforcement de la capacité de la MONUC. Notamment la section DDRRR (Démobilisation, désarmement, regroupement, rapatriement et réinsertion) pour qu' elle intensifie ses actions au Kivu jusqu' au Rwanda. L'absence du renforcement durable de la MONUC constitue également l'une des causes qui sous-tendent ce conflit et fragilisent la traque contre les forces négatives.

Mais il y a pire que cela. Voici ce qui est écrit dans ce rapport et l' ICG craint une déstabilisation politique en RDC et une menace à la cohésion de l'outil militaire congolais : « La branche militaire du CNDP était composée à 85 pour cent de Hutu représentant la majorité des combattants de base dirigés par un commandement essentiellement tutsi. A partir de février 2009, ces Hutu affiliés au CNDP ont déserté en nombre croissant les nouvelles brigades intégrées des FARDC avec leurs armes. Déçus par les retards de paiement et l'absence de perspectives garantissant un avenir meilleur, des jeunes hommes ont parfois rejoint des groupes hutu PARECO, refusant l'intégration, voire dans certains cas leurs anciens ennemis des FDLR. Tant que les FDLR ne seront pas désarmés, l'intégration des éléments tutsi ex-CNDP dans l'armée nationale restera extrêmement fragile, et ceux-ci refuseront sans aucun doute de quitter le Kivu pour rejoindre d'autres affectations »


ZONES MINIERES ET BIENVEILLANCE A KIGALI

ICG explique aussi son scepticisme face à ce « manque de confiance de la communauté internationale envers les autorités congolaises et la bienveillance accordée par certaines nations au président Kagame ». Ce qui engendre des « approches à minima du désarmement des FDLR ».

Mais fait plus grave, les FDLR participent à la prédation économique de la République démocratique du Congo. Ils occupent d'importantes zones minières et développent, « avec la complicité de certains Congolais, l'exploitation légale et illégale des minerais. Les FDLR se caractérisent par leur maîtrise de l'exploitation illégale des minerais rares et des autres ressources naturelles. Cette prédation économique très rentable a permis à la hiérarchie du groupe de s'enraciner profondément et confortablement dans l'Est du Congo », écrit International Crisis Group. Et d'ajouter, « l'or, la cassitérite et le coltan extirpés des zones minières par les FDLR sont ensuite écoulés sur le marché parallèle par des trafiquants ougandais et rwandais avec la complicité de certains commandants FARDC et des commerçants hutu congolais vers le Rwanda, le Burundi, l'Ouganda et la Tanzanie ». Une affaire de gros sous.

Par ailleurs, ICG relève que « les FDLR constituent donc un problème parfois utile pour le régime actuel de Kigali ». Tant que les FDLR sont rejetés par la communauté internationale, parce que « génocidaires », cela fait l'affaire de Kigali. « La vision unitariste et le projet de développement économique poursuivi par Paul Kagame sont assimilés au modèle singapourien . Suivant ce concept de gouvernance, la stabilité et le développement sont favorisés au détriment de l'ouverture politique et de la liberté d'expression ou d'association. Le régime de Paul Kagame est ainsi régulièrement mis en cause pour sa nature antidémocratique et pour le manque de justice ou de liberté offerte aux Rwandais. Toute opposition véritable au régime est rapidement accusée de divisionnisme et poussée dans l'illégalité. L'existence des FDLR et du génocide sont parfois instrumentalisés pour justifier des mesures autoritaires visant à marginaliser toute opposition et justifier la concentration du pouvoir entre les mains du chef de l'Etat. Les mêmes arguments sont également utilisés en politique étrangère. Les autorités rwandaises prennent en compte le sentiment de culpabilité que la communauté internationale entretient depuis son échec à empêcher le génocide de 1994. Kigali manipule ce sentiment pour mettre ses interlocuteurs sur la défensive, s'opposer aux critiques extérieures et négocier des projets d'assistance ou d'investissements étrangers. Kigali est également conscient de la difficulté et de l'embarras que représente le dossier des FDLR pour la communauté internationale. En effet, dans la foulée des massacres perpétrés par les génocidaires, une très forte pression européenne et américaine s'était exercée sur Kinshasa pour que le Zaïre accueille tous les Rwandais fuyant l'avancée de la rébellion des FPR », écrit International Crisis Group dans son rapport.


Au regard de toutes ces révélations, la traque des FDLR est complexe et doit être repensée. L'option militaire seule ne suffira pas et les violences pourraient perdurer. Partant, il faut examiner sérieusement cette proposition d'une stratégie globale pour désarmer les FDLR. Kinshasa devra réagir le premier avec des propositions réalistes pour une paix durable au Congo et dans la région des Grands Lacs.

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C
Chers amis,<br /> Je n'ai jamais dit dans mon commentaire que les FDLR combattaient Kabila. Vous avez fait une erreur de lecture. Voici ce que j'ai dit: "Hier alliées de Kinshasa pour combattre le RCD créé et soutenu par le régime de Kagame, les FDLR ne peuvent pas être rejetées de cette manière-là. Kinshasa a des mains liées."<br /> Merci
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C
Je pense pour ma part qu'il serait utopique de demander à Kinshasa de présenter des propositions réalistes. Kinshasa de Kabila n'a ni volonté ni capacité. Je me suis toujours posé la question de savoir si Kinshasa ne trouvait pas son compte dans cette présence des FDLR au Kivu. Hier alliées de Kinshasa pour combattre le RCD créé et soutenu par le régime de Kagame, les FDLR ne peuvent pas être rejetées de cette manière-là. Kinshasa a des mains liées. Joseph Kabila le sait très bien. En outre, et si l'existence des FDLR au Kivu était une stratégie conjointe Kagame-Kabila pour que le Rwanda vive et que Kagame soutienne sa propre stratégie de gestion du pouvoir? Tout est possible. Ouvrez les yeux avant d'aller vite au bésogne.
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E
<br /> Cher ami,<br /> Ni Kagame, ni Kabila, personne n'est maître de son jeu. Il suffirait que les USA et l'Union Européenne ne soutiennent plus ni l'un ni l'autre pour que tout ce tralala prenne fin. Il faut aller à la<br /> racine du problème, Kabila et Kagame ne sont que des marionnettes consentantes! il y a une erreur peut-être dans votre raisonnement, les FDLR n'ont jamais été alliées pour combattre Kabila, c'est<br /> plutôt l'inverse. kabila s'en est servi pour combattre l'armée rwandaise au Kivu.<br /> <br /> <br />