Le procureur de la CPI demande à l'Ouganda d'arrêter le Président soudanais
KAMPALA, 13 juillet (Xinhua) --Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a indiqué lundi qu'il est de l'obligation légale de l'Ouganda d'arrêter le président Omar el-Béchir lors de sa visite dans le pays d'Afrique de l'Est.
Ocampo, flanqué d'Okello Oryem, ministre d'Etat ougandais pour les Affaires internationales, a
confié aux journalistes à Kampala que l'Ouganda devrait suivre d'autres pays africains tels que l'Afrique du Sud qui ont prévenu que M. Béchir risque d'être
arrêté s'il y effectue des visites.
"J'insisterai sur le fait que si le président Béchir vient ici, cela est directement de l'obligation juridique de l'Ouganda", a-t- il déclaré.
Béchir devrait se rendre en Ouganda le 26 juillet pour prendre part au Smart Partnership Dialogue, qui pourrait réunir les dirigeants venus à travers le monde.
Le tribunal, basé à la Haye, a accusé Béchir de crimes contre l'humanité et crimes de guerre.
Le sommet de l'Union africaine, tenu au début de ce mois à Sirte en Libye, a adopté une résolution donnant l'instruction aux pays membres de la CPI de ne pas coopérer sur l'arrestation de Béchir en dépit des obligations juridiques qu'ils ont de le faire.
Le ministre ougandais des Affaires étrangères, Sam Kutesa, a défendu vendredi le soutien ougandais à la résolution, estimant que l'UA se prononcera à l'issue de sa propre enquête menée par l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki.
Kutesa a aussi soutenu que l'appui de l'Ouganda à la résolution de l'UA n'est pas en contradiction avec ses obligations juridiques selon le Statut de Rome, qui a créé la CPI, et ne compromet non plus sa candidature pour accueillir le prochain sommet de la CPI l'année prochaine.
Toutefois, Ocampo a noté que la déclaration de l'UA est politique, ce qui ne dispense pas les pays signataires du Statut de Rome de respecter leurs obligations juridiques.
"Les déclarations de l'UA ne changent pas l'obligation spécifique des différents Etats signataires du Statut de Rome", a- t-il martelé.
Ocampo devrait rencontrer le président ougandais Yoweri Museveni plus tard dans la journée avant de clore sa visite de deux jours dans le pays.
Museveni, au cours d'une visite en Allemagne le mois dernier, a confié aux députés allemands qu'il a été accepté à l'UA de ne pas condamner Béchir ni de le transférer avant l'obtention du rapport de Mbeki.
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