Le CNDP: pomme de discorde entre les rébellions intégrées aux FARDC
Jean N’Saka wa N’Saka
(Journaliste indépendant)
Après l’allégeance du Cndp aux institutions légales de la République, des analystes politiques avertis pressentaient que la chaleur de sympathie lui témoignée et la perspective de
l’intégration de ses éléments dans les structures
officielles selon leur cahier des charges, ne manqueraient pas de faire des aigris et des jaloux chez d’autres groupes armés qu’on croyait être discrètement de mèche avec Kinshasa. C’est à la
conférence de Goma que ces multiples groupes rebelles jusque-là tapis dans l’ombre, s’étaient révélés à l’opinion avec leurs dénominations respectives. Ce bizarre renversement des alliances rend
perplexe et complique davantage l’équation. Il y a de quoi être perplexe, car l’enracinement des groupes rebelles armés très actifs et dévastateurs rend la contrée de l’Est ingouvernable. A la
longue, cela conduirait à la consécration d’une situation de fait désastreuse et ignominieuse pour les Congolais qui tiennent à l’intégrité territoriale de leur pays comme à la prunelle de leurs
yeux. Qu’est devenu le gouvernement de mission ? On avait fait beaucoup de tapage médiatique autour de l’allégeance du Cndp au pouvoir central. Mais il n’y a aucun groupe armé rebelle qu’on peut
considérer comme moins dangereux ou plus important que les autres. La persistance des drames à l’Est en est la preuve. Le gouvernement s’était-il bien pris dans ses négociations avec le Cndp pour
éviter que l’accueil de ses membres ne soit un remède pire que le mal ? Désiré Kamanzi et Jean-Bosco Ntaganda – ce dernier toujours recherché par la CPI – ne prouvent pas qu’ils participent
effectivement à la pacification de l’Est quand on voit continuer des affrontements fréquents entre des groupes rebelles comme les Fdlr avec leurs nouveaux alliés et les Fardc. Par manque de tact
dans le traitement de la situation de l’Est, les rebelles Fdlr bénéficient aujourd’hui, curieusement, de l’appui des Pareco et de l’Apcls qui pourtant leur étaient hostiles. Ces rebelles semblent
avoir opéré ce revirement insolite pour se venger des frustrations ressenties. La Monuc prétend ramener dans le giron des Fardc ces groupes rebelles qui ont déjà pactisé avec les Fdlr, une façon
d’apaiser les consciences troublées par ce renfort apporté aux rebelles rwandais. Le gouvernement de Muzito qu’on voulait déjà chambarder au mois de juin dernier, était qualifié d’un cabinet de
mission dont l’une des tâches principales était la pacification de l’Est. Mais le chef du gouvernement disposait-il de tous les atouts nécessaires et maîtrisait-ils tous les paramètres de la
situation dépendant d’un schéma dont les méandres et l’aboutissement lui échapperaient totalement ?
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