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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Victoire ou le défi permanent

28 Janvier 2010 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Rwanda: élections 2010

by Edwin Musoni

The mother to Presidential hopeful Victoire Ingabire was sentenced to life imprisonment for her role in the 1994 genocide against the Tutsi by a Gacaca Court in Butamwa in the Western Province.

According to Gacaca officials, Theresa Dusabe, Ingabire's biological mother, was sentenced in absentia twice in different cases for her role in the Genocide.

"Dusabe was sentenced to 30 years in jail by a Gacaca court for disembowelling pregnant Tutsi women and removing the foetuses which she would smash to death in a horrendous manner," Domitilla Mukantaganzwa, Executive Secretary of Gacaca jurisdictions told The New Times.

She added that in a separate trial, Dusabe was jointly sentenced to life alongside one Sebastian Muhizina, for their role in masterminding the Genocide by calling for meetings and sensitizing the Interahamwe militias to kill Tutsis.

Muhizina is currently serving his sentence in Kigali Central Prison and has been one of the many key witnesses against Dusabe.

Victoire Ingabire's mother is said to have fled the country immediate after the Genocide and went to Zaire (now DRC) from where she managed to find her way to Europe, allegedly with the assistance of her daughter.

Ingabire's mother was a medical practitioner during the Genocide working with Butamwa Health Centre.

Pundits have closely linked Ingabire's criticism of the Gacaca courts to the fact that her own mother is a convict wanted by the very courts.

"She is of course a bitter lady who knows well that her own mother is not clean. That's why she has no moral authority to criticise gacaca which incidentally has been (Gacaca) given a clean bill of health by renown scholars," Evelyn Uwantege, a survivor of Genocide told The New Times.

She has on several occasions vowed to close down all Gacaca courts once she gets into power.

A United Nations Group of Experts report issued last year, gathered substantial evidence on existing collaboration between FDLR rebels and FDU-Inkingi.

Though the controversial presidential hopeful denies the claims, the UN report singles her out in November 23, 2009 as one the key collaborators of the rebel outfit.

The authors of the report called for international action on individuals and organisations behind FDLR, a rebel movement categorised as a terrorist group by the US government.

Retour sur un autre petit pays, lui aussi plus important que sa taille physique: le Rwanda. Dans mon avant-dernière chronique du lundi, j'ai péché par omission en écrivant que la France était le seul pays où l'on avait osé mettre en cause le rôle des représentants du pouvoir tutsi de Kigali dans les massacres et violences politiques des années 1990 et 2000, au Rwanda et en Afrique centrale.

C'était inexact: il y a aussi la justice espagnole qui avait lancé, début 2008, des procédures qui mettent en cause «l'autre camp» dans ce drame: le camp du dictateur tutsi Paul Kagamé, assis sans vergogne sur la mémoire du génocide, et dont plusieurs dizaines de collaborateurs ont à cette occasion été accusés de crimes et massacres divers. Alors que les poursuites françaises ont été abandonnées, les recours judiciaires espagnols sont toujours actifs.

Il y a quelques jours, une femme courageuse est retournée dans son pays: la leader de l'opposition Victoire Ingabiré, qui prétend se présenter à l'élection présidentielle d'août prochain. Défiant de façon inouïe le régime actuel qui ne tolère qu'une version de l'Histoire, elle a visité le mémorial du génocide et déclaré que «le chemin de la réconciliation est encore long. Ce mémorial ne rappelle que le génocide perpétré contre les Tutsis, alors qu'il y a eu aussi des massacres de Hutus». Nette allusion aux crimes du Front patriotique rwandais (FPR), aujourd'hui au pouvoir.

La réponse ne s'est pas fait attendre. Dénonçant Mme Ingabiré comme «négationniste» — ce qu'elle n'est manifestement pas, voir la citation précédente —, le vice-président de la chambre des députés a lancé: «Quiconque nie le génocide et prétend être rwandais n'est pas un véritable Rwandais. Une telle personne est disqualifiée pour gouverner le pays.»

Ce qui donne une idée du niveau de tolérance politique en vigueur aujourd'hui à Kigali. Malheureusement, ce régime bénéficie toujours d'une extraordinaire complaisance en Occident.

***

François Brousseau est chroniqueur d'information internationale à Radio-Canada. On peut l'entendre tous les jours à l'émission Désautels à la Première Chaîne radio et lire ses carnets dans www.radio-canada. ca/nouvelles/ carnets.

Source: Le Devoir

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