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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Rwanda-élections: Est-il vraiment le moment de se jeter dans la gueule du loup?!!!

11 Février 2010 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Rwanda: élections 2010

 Un peuple en quête d’une imaginaire démocratie au Rwanda.


Je croyais avoir déposé  ma plume mais les événements  qui se précipitent sur la scène politique de la diaspora rwandaise me rendent perplexe. D’emblée il m’arrive de ne pas fermer l’œil en pensant à la sobriété de mes compagnons de misère qui oublient faute de mémoire fraiche le chemin de leur calvaire à la recherche d’un exil et la façon dont ils ont été contraints à tout laisser pour échapper à cette chasse à l’homme qui hélas continue de faire des millions de victimes dans la région des grands lacs africains. 

Embarrassé par ce passé amer et la fatalité actuelle  d’un peuple sans défense face à une force diabolique qui tue par les armes et moralement  sur approbation de certaines puissances du monde qui sèment le désordre pour en tirer profit, je me pose perpétuellement cette question : « Est -il le moment de  se jeter  dans la gueule du loup sachant pertinemment  qu’ une fois englouti,  le peuple ne pourra pas agir car il a les mains et pieds liés par ce pouvoir dictatorial et minoritaire qui agit au détriment du peuple majoritaire. Ou bien fallait-il tout d’abord  chercher les moyens pour délier ce peuple avant de lancer une quelconque compétition sur la scène politique car à défaut de respectabilité des principes démocratiques, le leader doit  mener le peuple à se soulever comme un seul homme contre un pouvoir dictatorial et sanguinaire. Actuellement il n’y a pas d’espoir et la moindre  démarche dans ce sens ne soulèvera dans le peuple que méfiance et dégout puisque le peuple a peur de ce régime qui l’a attaché les mains et pieds et cousu la bouche.  

Ibrahim Tobet(1) dans son livre  Les grandes dictatures de l’histoire définit la dictature comme un régime politique établi et maintenu par la violence. D’une manière générale, c’est un régime personnel, à caractère illégitime où souvent l’armée ou le parti unique peuvent servir de base à des dictatures internationales. 

Le monde a connu des dictateurs dont le triste célèbre  Adolphe H. qui a fait trembler le monde. Il a fallu l’intervention de la coalition  des forces internationales et surtout de l’armée rouge (russe) pour stopper ses avancées hégémoniques. Comme si le monde ne peut pas vivre sans horribles événements. Somme toute, vers la fin du vingtième siècle un autre dictateur à l’image de ce dernier a été imposé à l’Afrique pour défendre les intérêts de certaines puissances anglo-saxonnes. Ce sont les plus atroces dictatures que le monde a connues qui ont  fait des millions de victimes. La première on en a parlé et continue à faire couler de l'encre et de la salive. La deuxième certains médias l’évoquent de passage et en parlent à plate couture mais la communauté internationale n’entreprend rien contre le terrorisme militaire et policier institué par un régime dictatorial de Kigali qui depuis octobre 1990 à nos jours impose au peuple rwandais en particulier et des Grands Lacs en général, un système d’extermination complète du peuple bantou. 

Faut -il s’attendre au miracle d’un retournement de la situation après cette initiative soi-disant bienveillante de Madame Victoire Ingabire qui a pris son bâton de pèlerin ou de Moise pour aller faire comprendre aux dirigeants rwandais du bien fondé de la démocratie. A moins que le tout puissant fasse des miracles, pour transformer sa baguette magique en bâton comme celui de Moise qui est parvenu à sauver son peuple des griffes du roi Pharaon, il faudra une certaine ténacité de la part de cette Ingabire dans ses convictions qui lui ont donné la force d’aller jouer sa politique sur un terrain fatalement glissant. Il faudra qu’elle tienne à sa parole, celle de vaincre la peur du peuple rwandais opprimé. La tâche ne sera pas facile face à un régime qui offre chaque jour un lot d’horreurs, un nouveau visage de la barbarie. Tout compte fait la liberté d’expression est induite de son propre mouvement à combattre un pouvoir répressif, qui substitue à la vie une série de rôles et de fonctions où la démocratie s’étouffe. La simple contestation ne suffit pas, il faut que celui ou celle qui réclame la liberté dispose de facto du soutien solidaire de la masse populaire ou de la collectivité et du soutien d’une force armée qui agirait en cas de dérapage pour contrecarrer cette force répressive qui rejette la démocratie populaire. 

A ce propos je lis quelques «  m’as- tu entendu » de certains leaders du parti politique Banyarwanda. A les entendre on penserait qu’ils ont une certaine force à laquelle cette population en détresse pourrait compter le cas échéant mais en poussant mes analyses plus loin, j’ai conclu qu’il s’agit  de l’obscurantisme de leur leader qui veut être partout à la fois, qui surveille de près les actions concrètes des autres partis pour se substituer à leur réalisation. Il faut que ces leaders renoncent à ce simulacre, à cet infantilisme du « c’est moi le meilleur, le futur président du néant », au faire semblant et à tous ces petits jeux de récréation alors que le peuple est entrain de souffrir et que les vrais patriotes se trouvent sur le terrain dans un milieu difficile à vivre.  

Comme on dit dans tous les proverbes, l’union fait la force. Il est temps que le peuple rwandais se mette ensemble pour une cause commune. Il est indigne que le peuple après plus de 15ans d’esclavagisme continue aveuglement de servir ces seigneurs de guerre et d’être utilisés pour leur propre destruction car ce sont les hutus qui sont envoyés au Congo pour se battre contre leurs frères. Ce sont également ces mêmes  hutus mis sur le banc des accusés que ce fameux tribunal local dénommé gacaga manipule  pour porter de fausses accusations à leurs voisins et compatriotes à la fois. C’est une étape difficile que Madame Ingabire aura de la peine à surmonter dans sa noble tâche. La route vers la démocratie est semée d’embuches et risque d’être longue si pas d’union. 

 

Kaburabuza  M. 

 

(1)  Les grandes dictatures de l’histoire par Ibrahim Tobet 

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I
<br /> Salut;<br /> Cette analyse est tres pertinente. Certaines personnes peuvent voir l'action des FDU et de Madame Ingabire comme suicidaire. Un ami vient de ma reppeler que quand il voit l'allure des choses au<br /> Rwanda, il se sent coupable de ne pas l' avoir dissouade de rentrer au Rwanda. Elle serait restee au Pays Bas aupres de sa famille, elle serait tranquille, et j'en conviens. Mais jusqu'a quand<br /> devra-t-on attendre? Et comme vous l'insinuer, attendre quoi si tout le monde semble rouler pour le regime en place. Le lecteur que je suis aurait apprecie que vous proposiez une solution qui<br /> sort du statu quo. Bon article meme s'il merite d'etre complete<br /> <br /> <br />
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