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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Rwanda: Deux généraux aux arrêts

12 Octobre 2009 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Actualités

Actuellement, le général Wilson Gumisiriza ainsi que son collègue le général de brigade Fred Ibingira sont aux arrêts suite à un rapport des services de renseignements (DMI) indiquant que les deux officiers supérieurs faisaient partis d’une bande de comploteurs.

Le prétendu complot visait à faire en sorte que le Dr. Muligande Charles soit désigné comme le candidat du FPR-Inkotanyi (en lieu et place du général Paul Kagame donc) pour les élections de 2010. D’autres sources indiquent également qu’il serait reproché au général Gumisiriza d’avoir mal géré les opérations militaires destinée à éliminer les FDLR (KIMIA II) dans la région du Sud-Kivu.



W. Gumisiriza                F. Ibingira                  C. Muligande



Le climat à Kigali est de plus en plus tendu

Bien qu’il soit difficile d’affirmer (ou d’infirmer) ces hypothèses, la mise aux arrêts de ces officiers supérieurs est elle effective. Cela montre qu’à l’approche des élections le régime de Kagame devient de plus en plus nerveux. Ce qui est tout à fait normal car le général Kagame, réputé pour sa brutalité, ne s’est pas fait que des amis dans son ascension au pouvoir et son combat pour le conserver.

Beaucoup de hauts gradés de son armée se verraient bien calife à la place du calife  surtout ceux du clan des ougandais. Ce petit groupe d’officiers omnipotents à Kigali ne verrait pas d’un bon œil certaines des décisions du général-président et n’attendraient que la bonne occasion pour se débarrasser d’un leader aussi brutal que paranoïaque.  Sans compter que les américains eux-mêmes ne verraient pas d’un mauvais œil, l’évolution du leadership rwandais vers une personnalité disons moins polarisante et donc plus à même de servir leurs intérêts.

Jusqu’ici Kagame a été un rouage important dans la mécanique géopolitique mais comme tout rouage, lorsque la mécanique grippe il faut le remplacer. Jusqu’ici la seule ficelle à laquelle tiens la survie politique de Kagame viens de l’incapacité de la classe politique congolaise à gérer efficacement (même en apparence comme c’est le cas à Kigali) un pays aussi vaste que l’Europe continentale.

Mais comme l’a dit la veuve de Ngô Đình Diệm, chef de la république du Vietnam qui fut soutenu par les Américains avant d’être destitué et assassiné par la CIA après près de 10 ans de bons et loyaux services: «Whoever has the Americans as allies does not need enemies. » («Quiconque a les Américains comme alliés n'a pas besoin d'ennemis»). Comme ce fut le cas au Vietnam, les intérêts (et les secrets) des Anglo-saxons seraient bien mieux protégés par une personne dont la légitimité ne pourrait être remise en cause et qui certainement serait acclamé par la population, les pays voisins et la communauté internationale pour avoir débarrassé l’Afrique d’un des plus grands criminel de guerre.


Criminel de guerre : une étiquette qui vous colle à la peau

Comme on dit ici en Europe, une fois que ton nom est dans l’ordinateur c’est fini. La réputation de criminel de guerre de Kagame est déjà bien établie et même lorsqu’il se présente sur CNN ou autre, personne n’oublie de renseigner que l’homme est un autocrate dont les états de services feraient pâlir un Mugabe. Evidement, la seule excuse qu’on lui trouve c’est qu’il a développé le pays alors que les autres pays de la région ne ressemblent à rien. Mais même ce marketing politique aura bientôt atteint ses limites, le dernier rapport du PNUD montre qu’en terme de développement humain le Rwanda reste un des pires pays au monde et l’ancien haut responsable de l’ONU au Cambodge a finit de démontrer que derrière la façade que le Rwanda montre se cache une souffrance sans commune mesure de la population rwandaise. Les Occidentaux pourront faire croire à Kagame ce qu’il veut entendre (à savoir qu’on enterre tous ces dossiers) mais dès le jours ou il ne sera plus en place, il subira le même sort que Pinochet.


Une voie de sortie : Le clan des Ougandais Vs Paul et Ivan

Quoiqu’il advienne du destin de Kagame, il est définitivement lié à celui du clan des ougandais. Ces officiers tout puissants venu d’Ouganda comme Kagame et qui l’ont aidé à prendre le pouvoir. Comme dans tous les régimes issus de coup d’état, les membres de la junte originelle sont potentiellement les personnalités les plus nuisibles pour le chef. Non seulement parce qu’ils ont les moyens matériels mais aussi et surtout parce que psychologiquement ils n’abordent pas Kagame comme le chef de l’état mais comme un simple membre de l’équipe qui a eu la chance d’être choisi et accepté par eux. Pour eux le chef leur doit tout et ils se comportent comme tel. La preuve en est la tentative ratée de Kayumba Nyamwasa l’ancien chef d’état major. Contrairement à son habitude, Kagame n’a pas pu se débarrasser physiquement de cet homme influent aimé par ses soldats (et les anglais dit-on) et à du se résoudre à l’exiler en Inde.

A l’avenir, ce sera soit Kagame soit le clan. Kagame conscient du pouvoir de ses camarades les écarte petit à petit pour les remplacer par une nouvelle garde déjà bien endoctrinée et très docile. La nouvelle de la formation militaire de son fils ainé est le signe le plus significatif de cette stratégie. Kagamé sait qu’il joue contre la montre et doit attendre avec impatience que son fils rentre de l’académie militaire de Westpoint pour l’aider à faire le ménage.

Mais les membres du clan ne sont pas bêtes et n’attendrons surement pas jusque la. Et même les plus fidèles des fidèles comme James Kabarebe commencent à se sentir des ailes. Ce dernier en particulier ne doit pas voir d’un bon œil le retour au pays d’un Ivan Kagame auréolé d’un diplôme de la prestigieuse WestPoint Military Academy, lui qui n’a jamais mis le pied à l’école. Eux non plus n’ont pas de temps à perdre car ils connaissent la nature de Kagame qui est encore plus paranoïaque et brutal que l’inimitable Idi Amin.

En ce moment, et probablement encore pour un petit temps, la plus grande menace qui pèse sur le régime de Kigali réside en son sein et plus précisément au sommet de l’armée. La vision et la pratique du pouvoir de Paul Kagame ont fini de lui créer des ennemis mortels dans la puissante RDF (Rwanda Defense Force) qui n’attendent que le bon moment pour lui sauter à la gorge…avec le soutient de ses amis américains.


Arthur Ngenzi/SaveRwanda

 

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