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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Rwanda 2010: annus horribilis

4 Janvier 2011 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Actualités

Est-ce iconoclaste de prétendre que 2010 aura été « annus horribilis » pour le Rwanda et les Rwandais ? C’est la vérité. Même avant  Mashira ya Sabugabo, avec  Rucunshu, avec la colonisation, avec 1959, avec 1973, avec 1994 et après, jamais l’ensemble des forces politiques et morales du pays ne s’était effondré comme en 2010. En 2010, plus rien  (y compris les institutions religieuses dans leurs ensemble) n’a résisté à la dérive dictatoriale, clientéliste, ethniste, régionaliste et cleptomane, au sein de tous les corps sociaux et politiques. Même les Rwandais vivant à l’extérieur terminent 2010 en se désignant de traitres, de « ventrugagnes », d’Interahamwe et autres appellations disqualifiantes.

La vie politique et sociale rwandaise divisée habituellement en quarterons hutu contre tutsi, sud contre nord ou inversement,  s’est enrichi de multiples combinaisons dont le cynisme des riches et la pauvreté, rendant l’avenir politique rwandaise encore plus illisible. Enfin, et c’est peut-être le pire, aucune force politique nouvelle débarrassée de ces handicaps n’a vue le jour. On assiste au triomphe des anciens : Kagame avec sa diaspora et sa réélection triomphale, Twagiramungu et son RDI, Nyamwasa et son RNC. Toutes ces stars politiques au Rwanda et sur les forums ont un point commun : les massacres des Rwandais sous leurs ordres, leurs directions, leurs gouvernements ou leurs actes. Les yeux de Chimène que beaucoup de Rwandaises et de Rwandais ont pour ces hommes qui dans d’autres cultures seraient des « présumés » massacreurs de masses, constitue une autre preuve de ce néant politique et moral en 2010.

Pourtant, 2010 aurait pu être le début de l’espoir pour le peuple rwandais si le retour de Victoire Ingabire, ne s’était pas accompagné de faits troublants : affaire Ntawangundi et le positionnement malheureux de son comité de soutien sur la question régionale. Son incarcération qui n’a pas mobilisé les forces vives du pays (églises, société civile locales, etc.) est un signe de plus de l’anéantissement politique et civique.

Le parti de Victoire Ingabire, le seul politicien rwandais moralement sain, aurait intérêt à vite corriger les causes de ses erreurs de débutant pour se relancer. C’est du côté de Victoire Ingabire que se trouve l’espoir. 2011 doit être l’année de sa liberté, pour qu’elle nous propose, elle-même, son offre politique. Après on jugera sur pièce.

A. Kamaliza


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