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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

RDC : Plus de 350 rebelles du FDLR réintègrent dans l'armée nationale congolaise

19 Février 2010 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Actualités

18/02/2010 12:18:00 

Ils ne seront pas punis pour cause d’avoir été induits en erreur par leur commandant qui, lui, est resté auprès des Fdlr. L’opinion estime que pardonner, c’est bien, mais le mieux à faire serait d’envoyer ces soldats ailleurs en Rdc afin de ne pas les soumettre à la tentation de trahison. 250 de ces soldats ont participé physiquement à la cérémonie officielle de leur intégration au sein du 211ème bataillon qui a eu lieu à Mihambwe, à 50 kilomètres de Goma.


Ce qui se passe à l’Est de la Rdc est tout simplement surréaliste. Quelques soldats des Fardc avaient déserté les rangs de l’armée nationale. L’affaire avait fait grand bruit. Il faut dire dans le contexte où une sale campagne de dénigrement des Fardc était menée par certaines Ong, cette affaire n’avait pas rehaussé l’image de marque de l’armée nationale congolaise. Selon la Radio Okapi, près de 350 hommes du 211e bataillon militaire du Nord-Kivu, qui avaient déserté les Fardc le 6 décembre 2009, sont rentrés au bercail. La cérémonie de leur accueil, selon la même source, avait eu lieu « le mardi 16 février à Bihambwe, à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Goma, dans le territoire de Masisi. C’était au cours d’une cérémonie officielle dirigée par le colonel Chuma Balumisa, commandant de cet axe ».

Ils avaient copiné avec les Fdlr

Ces soldats non seulement ils avaient quitté leur unité sur la pointe de pied, mais aussi, ils sont allés rejoindre les Fdlr dans la jungle dans le territoire de Masisi. Ils sont partis sur ordre de leur commandant, le colonel Emmanuel Sengiyumva. Deux mois et dix jours après, ils ont décidé de revenir aux Fardc. Ils ont effectivement été accueillis au sein du 211e bataillon de Fardc. Selon la même source, « Ces militaires, dont plusieurs officiers, se sont rendus le dimanche 14 février, après s’être désolidarisés du colonel Sengiyumva et des FDLR dans le secteur de Walikale ».

La même source poursuit en disant que cette « reddition a été rendue possible grâce aux opérations militaires menées contre les rebelles rwandais dans la région de Walikale ainsi qu’à la sensibilisation », avait déclaré le major Kazarama de la cellule de communication des opérations Amani Leo. Il nous revient que lors de la cérémonie officielle de leur réintégration, « au moins 250 éléments, parmi ceux qui se sont rendus, étaient physiquement présents lors de la cérémonie officielle à Bihambwe ». Mihambwe, à ne pas confondre avec Minembwe, est une localité de la province du Nord-Kivu, territoire de Masisi, est située à plus de 50 kilomètres au nord-ouest de Goma. Quant aux cents autres qui manquaient à l’appel, la même source indique qu’ils étaient restés dans des unités des Fardc sur place à Mihambwe.

Pas de sanctions pour les enfants prodigues

Citant le major Vianney Kazarama, notre source signale qu’ « aucune sanction ne sera infligée à ces militaires ». Et la hiérarchie explique cette clémence par le fait que « Leur retrait (des Fardc) avait été orchestré par leur commandant ». Ce commandant, le colonel Sengiyumva, n’a pas rejoint les Fardc avec les 350 enfants prodigues. Il est resté auprès des Fdlr avec à ses côtés quelques autres soldats Fardc. On sait cette fois avec précisions qu’ils sont dans le secteur de Ntoto, dans le territoire de Walikale.

A cette occasion, signale notre source, « plusieurs cadeaux ont été remis par la cellule de communication aux autorités militaires et administratives de la place, au nom de l’état-major général des Fardc ». Dans l’Est de la Rdc, après avoir mis fin à la guerre du Cndp de la manière que l’on sait, le gouvernement Muzito recourt à la persuasion pour que les Fdlr acceptent de se faire rapatrier volontairement. C’est dans ce cadre, estime-t-on, que « Le gouvernement central a, par ailleurs, lancé au début du mois un ultimatum de 45 jours aux groupes armés résiduels ».

A ce jour, signale-on, « Au moins 3 000 éléments des groupes armés résiduels sont concernés par le processus d’intégration et de réinsertion qui doit durer, à dater du lancement de cet ultimatum …, un mois et demi. Des équipes conjointes d’identification composées des membres de la Structure militaire d’intégration (SMI), ceux du DDR, du PNUD ainsi que des responsables militaires locaux sont à pied d’œuvre pour recevoir les éléments des groupes intéressés ».

Un problème récurrent

L’intégration des membres des groupes armés est perçue non sans raison comme une prime à la guerre. Le problème est davantage grave si même des soldats peuvent se décider de rejoindre les Fdlr qu’ils sont censés combattre. Pour des raisons évoquées plus loin, ils ne peuvent être sanctionnés conformément à la discipline militaire. Tant il ne sera pas question de respecter les lois du pays en comptant sur le pardon et la prime à l’indiscipline, on tournera en rond.

L’opinion se pose également la question de savoir si l’ on ne peut pas envoyer ces soldats ailleurs sur le territoire congolais. Les laisser dans la zone où ils ont fait la rébellion et où ils ont tissé des amitiés avec les ennemis de la République, les prédispose à la trahison. On ne sait pas quelles relations continueront-ils à entretenir avec les Fdlr. Ne vont-ils pas continuer à collaborer d’une manière ou d’une autre ? Leur commandant resté auprès des Fdlr ne va-t-il pas chercher à tirer bénéfice de leur réintégration en vue de recevoir des renseignements ? Il y a beaucoup de questions qui hantent l’esprit des Congolais qui, au lieu de se réjouir de cette réintégration, craignent plutôt que les mêmes causes produisent demain les mêmes effets.

Avec l'Avenir

Source: KongoTimes

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