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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

RDC-Canada: Au bord de l’incident diplomatique

9 Février 2010 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Actualités

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En cause, une affaire de harcèlement. L’ambassadeur du Canada à Kinshasa accuse le directeur du cabinet présidentiel, Adolphe Lumanu Bwana Nsefu, d’avoir tenté de l’embrasser de force. Les faits se seraient passés à la Présidence de la République. Du berger à la bergère, Lumuna, lui, «accuse» la diplomate d’avoir tenté de l’«allumer». Les Canadiens exigent des excuses officielles. Le ministre congolais des Affaires étrangères regrette l’incident mais reproche à la diplomate d’avoir «provoqué» le fonctionnaire congolais.

Sous le titre «Harcèlement», notre chroniqueur Jacky Mopipi avait traité ce sujet sur le ton humoristique qui caractérise la rubrique «Tout Kin en parle». L’article a été mis en ligne en date du 14 janvier dernier. Adolphe Lumanu Mulenda Bwana Nsefu, le directeur de cabinet du «raïs» Joseph Kabila, écrivait Mopipi, «serait tout simplement tombé amoureux fou de l’ambassadeur du Canada (…)». Il s’agit de Madame Sigrid Anna Johnson dont l’état civil porte la mention : mariée. «Seulement voilà, (…), la dulcinée ne partage guère ce sentiment». Fatiguée de recevoir les «SMS» du «dircab» présidentiel, la diplomate serait allée se plaindre auprès du ministre congolais des Affaires étrangères. En vain. En désespoir de cause, elle aurait saisi sa hiérarchie à Ottawa. La chargée d’affaires a.i de la RD Congo au Canada aurait été convoquée au ministère canadien des Affaires étrangères où il lui aurait été signifié une protestation en bonne et due forme. On croyait que le dossier était classé. Hélas non !

Selon deux sources diplomatiques occidentales jointes au téléphone à Kinshasa, il se confirme que Kinshasa et Ottawa seraient au bord d’un «grave» incident diplomatique. La «directrice Afrique» au ministère canadien des Affaires étrangères se trouve actuellement en mission officielle dans la capitale congolaise. Elle a été aperçue samedi 6 février chez le doyen du corps diplomatique en compagnie de l’ambassadeur Johnson. De quoi ont-ils pu parler ?

A en croire ces deux sources, les autorités diplomatiques canadiennes auraient requis l’appui du doyen du corps diplomatique afin d’arrêter une «position commune». Il s’agit de notifier au chef de la diplomatie congolaise tout le mal que les diplomates en poste à Kin pensent de certains passages d’une note verbale adressée à l’ambassade du Canada par Alexis Thambwe Mwamba.

De quoi s’agit-il ?

Il semble bien que le directeur du cabinet présidentiel, Adolphe Lumanu Bwana Nsefu, aurait tenté d’embrasser de force l’ambassadeur du Canada. Les faits se seraient passés dans un local de la Présidence de la République, au Palais de la nation. La diplomate ne devrait son «salut» qu’aux cris stridents qu’elle a poussé. Ce chahut a incité des fonctionnaires à venir voir ce qui s’y passait. Elle a immédiatement pris son véhicule pour rentrer à son ambassade. Selon les sources précitées, Lumanu se serait précipité auprès du «raïs» pour se plaindre d’avoir été «harcelé» par la diplomate canadienne venue, selon lui, s’enquérir de la situation de l’opérateur minier canadien «First Quantum». Sur ces entrefaites, la responsable Afrique du ministère canadien des Affaires étrangères a saisi le ministre congolais des Affaires étrangères en exigeant des «excuses». Dans sa réponse, le ministre Thambwe dit regretter cet «incident malheureux» tout en soulignant que la faute incombe à la diplomate canadienne «pour avoir provoqué» Lumanu.

«Le doyen du corps diplomatique accrédité à Kinshasa, note une source, examine actuellement la réponse à donner à la malencontreuse lettre du ministre Thambwe. Il entend exiger des sanctions à l’encontre du directeur du cabinet présidentiel.»

Madeleine Wassembinya
© Congoindépendant 2003-2010

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M'Bachu Bahati Nyenyezi 10/02/2010 20:21


Avec ca, vous comprennez porquoi les auteurs de violences sexuelles restent impunis en RDC. Que l'autorite supreme du pays nous prouve que ce qu'il appelle 'tolerence zero' n'est pas un vain
slogan. Je partage les frustration de cette brave femme Ambassadeur de son etat qui nous a toujours soutenu dans notre lutte contre les V.S, Ce monsieur, s'est trompe de cible. Abeti poto. Azwami.