Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Quatre hauts responsables du FPR font tomber les mythes sur Paul Kagame

14 Septembre 2010 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Biographies


(Grands-Lacs Confidentiel 14/09/2010)
 

Kigali, Rwanda - (GLAC) – Quatre personnalités rwandaises très influentes, des initiés du pouvoir et proches du président rwandais ont demandé à la communauté internationale d’agir ensemble pour mettre fin au régime de Paul Kagame, un régime ethniste, discriminatoire, « contrôlé exclusivement par le groupe minoritaire tutsi »; afin d’ouvrir la voie à l’instauration d’un régime nouveau, inclusif de tous les rwandais et qui respecte les droits de la personne.

Ce rapport de 57 pages, rédigé en anglais et dont Grands-Lacs Confidentiel a obtenu copie, est signé par quatre vrais tutsis, des grandes personnalités de la politique rwandaises qui ont occupé des postes-clés dans le régime de Paul Kagame. Il s’agit de:

General Kayumba Nyamwasa: ancien chef d’État major de l’armée rwandaise et ancien ambassadeur du Rwanda en Inde ;
Colonel Patrick Karegeya: ancien chef des renseignements extérieurs du gouvernement rwandais ;
Docteur Théogène Rudasingwa : ancien secrétaire général du FPR, ex-ambassadeur du Rwanda aux Nations-Unies et ancien Chef d’État-major de la sécurité présidentielle ;
Gerald Gahima : ancien procureur général de la République du Rwanda et vice-président de la cour suprême du Rwanda.

Le Rwanda, selon le rapport, est dirigé par « deux gouvernements parallèles, » l’un « informel et l’autre formel». Les deux gouvernements sont contrôlés par le président et son cercle qui monopolisent le pouvoir politique, marginalisent et excluent le reste de la population rwandaise.



UN REGIME ETHNISTE, DISCRIMINATOIRE, UN APARTHEID EN DEVENIR

Ce rapport rédigé par des vrais tutsi, quatre anciens initiés du régime du criminel de Paul Kagame, transcende le carcan ethniste qui ensanglante le Rwanda depuis des décennies. Il met en lumière ce que tous les grands analystes et observateurs spécialistes de la région de Grands-Lacs africains savaient : la raison principale pour laquelle Paul Kagame a décidé de prendre le pouvoir à Kigali par un bain de sang, est d’instaurer un régime exclusivement tutsi.

« Marginalisation, exclusion de la majorité hutu » sont des mots que les auteurs ont bien choisi pour décrier l’apartheid pratiqué contre les hutu au Rwanda. Sans passer par quatre chemins, le rapport dénonce le caractère autoritaire du plus grand criminel africain de tous le temps caractérisé par un gouvernement dont le pouvoir se trouve dans les mains du président, d’une poignée d’officiers militaires et de quelques civils.

Le rapport donne des éclaircissements à ce sujet à la page 15 :

« Le gouvernement rwandais est dominé par la minorité tutsi qui constitue le noyau dur qui contrôle le véritable pouvoir au Rwanda. Les tutsi sont disproportionnellement représentés dans les institutions de l’État qui sont responsables de l’usage coercitif du pouvoir. Les tutsis dominent le commandement militaire et la sécurité des institutions. Le contrôle de ces institutions est crucial pour maintenir la dictature de Paul Kagame.

Les tutsis sont disproportionnellement représentés dans les principales nominations-clés faites par le Président Kagame et son noyau dur à tous les niveaux du gouvernement. La majorité de la population hutu voit que le gouvernement est dominé par les Tutsi et que le gouvernement discrimine les Hutu. Le FPR a échoué d’établir un ordre politique inclusif au détriment d’un pouvoir autoritaire de la minorité tutsi.

La communauté majoritaire hutu est marginalisée de tout partage significatif du pouvoir. Les hutu qui servent dans le gouvernement sont des substituts ou des valets du FPR qui manquent de légitimité dans la communauté hutu. Ces hutus sont gardés à leurs postes pour une courte période pour la seule raison de donner au gouvernement une apparence qui embrasse le pluralisme politique. La communauté majoritaire hutu perçoit le FPR comme un instrument politique de domination de la minorité. Le gouvernement n’est pas considéré légitime par la majorité de la population en général et plus particulièrement par la communauté de la majorité hutu. »

Le noyau dur du groupe qui contrôle l’État du Rwanda ne représente pas et n’agit même pas pour les intérêts de la communauté tutsi.

Le rapport de 57 pages est un appel à la Communauté Internationale de poser les vrais fondements de la démocratie au Rwanda, en partant de valeurs nouvelles qui visent à rassembler tout le peuple rwandais (Hutu, Tutsi et Twa), seul moyen d’éviter la répétition de la tragédie de 1994. Le rapport lance un appel pour « l’inévitable changement de la situation politique au Rwanda ( Change in Rwanda’s political situation is inevitable) » pour prévenir des violences généralisées et un bain de sang sectaire.


Un régime répressif:

Les services de renseignement du régime du dictateur Kagame ont poussé plus loin la répression des opposants politiques en élargissant la sphère de leurs opérations du réseau d’assassinats au delà des frontières du Rwanda. Les quatre tutsis rédacteurs du document citent les cas tels que Deo Mushayidi kidnappé au Burundi, la tentative manquée d’assassinat du général Kayumba Nyamwasa en Afrique du Sud, la tentative d’enlèvement en Ouganda des journalistes Dominique Makeli et Jean-Bosco Gasasira.


Les investigations de Grands-Lacs Confidentiel dans les régions de Byumba, Gitarama, Bugarama, Ruhengeri et le sud de la région de Butare révèlent un système fondé sur l’ignominie, les intimidations, les menaces de morts, les assassinats ciblés ; un apartheid en devenir.

Les mécanismes du système judiciaire local « Agacaca » institués sur chaque colline du Rwanda, a une plus grande mission, celle d’avoir le contrôle « total et éternel » sur tous les hutu, même dans le coin le plus reculé du pays.

Citons un exemple réel et concret partout au Rwanda : La question de terre étant très épineuse au Rwanda, le régime du criminel Paul Kagame encourage les tutsis à usurper les terres des hutus et toute protestation ou recours à la justice est vite tourné en accusation de génocidaire contre le plaignant. Des faux témoins sont alors montés et les accusations fondées de toute pièce sont bricolées. Très souvent, le plaignant finit par être enlevé la nuit et tué sans possibilité de retrouver son corps.

L’arbitraire de ce système du vainqueur jugeant le vaincu, est en fait un moyen d’établir et de faire respecter de force l’autorité de Paul Kagame dans le pays. Ainsi, le peuple hutu qui est dès le départ étiqueté de génocidaire, ne peut pas s’identifier à ce système qui le condamne d’emblée.

Nous présentons ci-dessous quelques extraits traduits par l’équipe de Grands-Lacs Confidentiel à partir de la page 21.



===============



La déconstruction des mythes kagamites


Mythe 1 : Kagame est un penseur exemplaire et stratégique et un leader visionnaire :

Le Président kagame est souvent décrit par ses admirateurs comme étant un leader visionnaire ayant une exceptionnelle pensée stratégique. Au contraire, le président Kagame est chef sans pitié et irresponsable.

Ses décisions, même sur des sujets qui ont de graves conséquences, sont souvent guidées par sa cupidité plutôt que par autre chose. Le président Kagame commet souvent des erreurs de proportions phénoménales qui ont des conséquences terribles pour le peuple rwandais.

La gravité des responsabilités du président Kagame dans quelques décisions désastreuses a été confirmée, par exemple pour le cas de ses décisions concernant la République Démocratique du Congo.

Son traitement condescendant et humiliant du président Laurent Désiré Kabila a inutilement fait du président Kabila un ennemi qui a alors commencé à soutenir les insurgents qui faisaient la guerre contre le Rwanda. La décision malavisée et fatidique de lancer la seconde invasion de la RDC (une décision guidée par le dépit plus que par n’importe quel autre facteur, et contre laquelle se trouvaient certains de ses proches conseillers) a eu des conséquences catastrophiques pour le peuple rwandais et le peuple de la République démocratique du Congo. L’invasion a empêché la RDC de se remettre, a déstabilisé encore plus la région des Grands lacs, a couté des millions de vies de rwandais et congolais innocents et a provoqué des haines anti-Rwanda qui seront une source d’insécurité pour le Rwanda pour des générations à venir.

Le refus aveugle du président Kagame, d’accepter un arrangement de partage de pouvoir avec les partis hutu modérés après le génocide et de permettre une transition vers une vraie démocratie a ruiné tout effort pour trouver une solution pacifique et durable au conflit rwandais. Son refus de tenir pour responsables les membres de l’Armée Patriotique rwandaise (APR) qui avaient commis des abus des droits humains pendant et après le génocide, a encouragé l’impunité. La responsabilité du président Kagame pour les abus de droits humains et sa tolérance pour ces abus par certains de ses officiers a sapé la crédibilité du FPR (Front Patriotique Rwandais). L’impunité pour les abus des droits humains est une empêchement significatif qui bloque la réconciliation nationale et la paix durable.

La poursuite du président Kagame pour la présidence a sapé les efforts du FPR pour étendre sa base et construire une constituante dans la communauté hutu et a condamné le FPR au statut d’un parti représentant les intérêts d’une minorité ethnique qui ne peut rester au pouvoir que par la force. Le harcèlement systématique des leaders hutu légitimes qui faisaient partie du gouvernement de transition a eu pour résultat de les faire partir en exil. Les plus malchanceux ont été assassinés et quelques uns sont marginalisés et bannis au Rwanda. Pendant ce temps, Paul Kagame s’est occupé de recruter des leaders imaginaires et compromis pour les partis qui appartenaient à la transition. Essentiellement les partis ont été détruits par force ou par compromis des leaders non représentatifs. En même temps le FPR a coopté, recruté et forcé des membres d’autres partis à rejoindre ses rangs par des emplois prometteurs, de l’argent ou du recrutement forcé et par des menaces de mort.



Mythe 2 : Kagame est un homme incorruptible, austère et d’une intégrité absolue :

Le président Kagame et ses maitres travaillent dur pour le décrire comme étant un homme incorruptible, austère et d’une intégrité absolue. La réalité ne pourrait être plus différente.[…]

Le président Kagame est un chef absolu dont le pouvoir absolu n’a pas seulement corrompu lui-même, mais l’état rwandais tout entier d’une façon systématique, pernicieuse et profonde. […]

Personne parmi les membres honnêtes du FPR n’aurait imaginé que l’organisation deviendrait un jour un parti qui vénérerait son leader comme une idole, bannirait l’activité de partis d’opposition, réduirait au silence la presse et la société civile, volerait des votes et autoriserait des abus des droits humains contre des citoyens innocents pour lesquels personne n’est appelé à répondre devant la loi. […]

Le président Kagame a aussi commis des manipulations financières malhonnêtes et le vol des ressources publiques à grande échelle. Contrairement à la fausse perception que les étrangers naïfs ont de lui, le président Kagame n’essaie même pas de donner l’image d’un leader austère, encore moins de vivre comme un leader austère. L’austérité serait de vivre selon les moyens du pays. Le président Kagame a un style de vie que même les gens les plus riches du monde trouveraient extravagant. […]

Le président Kagame, par contre, vit en même temps de façon prodigue et ostentatoire et est un lourd poids sur le trésor national. Le gouvernement rwandais dépense des dizaines de millions de dollars chaque année pour ses dépenses personnelles. Il conduit des voitures très chères, dont il a une grande flotte à tout moment. Il change cette flotte très fréquemment pour profiter du luxe de chaque nouveau modèle. Il est obsédé par les avions de luxe et a dépensé plus de 150 millions de dollars sur de tels avions. Le président Kagame adore voyager et voyage très souvent. Quand il voyage il insiste pour aller dans les hôtels les plus chers dans chaque ville ou il va.

Pendant sa vie publique, le président Kagame a amassé une fortune qui dépasse l’imagination pour le chef d’un pays aussi pauvre. La fortune est tirée du trésor national et des investissements d’affaires du FPR. Le FPR est la plus grande entreprise commerciale au Rwanda. Certains pensent que ça pourrait être en fait la plus grande entreprise commerciale dans l’Afrique de l’Est et l’Afrique centrale. Les compagnies qui s’occupent du vaste réseau d’investissements du FPR sont Tri-Star Investments et le Rwanda Investment Group. Le FPR a des investissements d’une valeur d’au moins plusieurs centaines de millions de dollars. Le portfolio du FPR inclut des investissements dans l’aviation, les banques, l’agriculture, les télécommunications, l’énergie, la construction, l’immobilier, la sécurité, les communications et l’industrie (incluant l’industrie alimentaire, la production de ciment etc). Les biens du FPR sont à toute fins pratiques, la richesse personnelle du président Kagame. Le FPR n’a pas de comité ou organisme qui surveille ses biens. Le président Kagame dépense et gère la vaste richesse du FPR à lui seul. Lui-même désigne les gestionnaires des diverses entreprises du FPR. Il décide en quels noms les comptes en banque du FPR vont être maintenus. Lui seul décide comment les fonds de ces comptes vont être dépensés. Les personnes dont le nom apparait sur les comptes bancaires répondent seulement au président Kagame. Seulement le président Kagame a de l’information sur l’état complet des investissements du FPR. Le président Kagame ne rend jamais de compte à aucun des organes du FPR sur les affaires financières des entreprises du FPR. Le président a toujours ignoré les demandes pour une vérification transparente des affaires du FPR.

La richesse énorme amassée par le FPR pendant son temps au gouvernement est pour toute fin pratique la propriété personnelle du président Kagame, et il la traite ainsi. […]

Le rôle du FPR dans certaines entreprises (comme l’exploitation des ressources de la RDC) est parfois en violation de la loi internationale.

A part la vaste fortune du FPR, le président Kagame a aussi un accès illimité aux ressources financières de l’état. Le président Kagame traite le trésor national comme son compte en banque personnel. […]



Mythe 3 : Kagame comme leader réformateur et unificateur.

Les observateurs non informés croient que les président Paul Kagame est un leader réformateur et unificateur. […]

Les réformes que le Rwanda a entreprises sous la direction du président Kagame n’adressent pas les causes du conflit rwandais. Le président Kagame ne croit pas aux concepts de la démocratie, à l’application de la loi, à la séparation des pouvoirs. Il ne croit pas au pouvoir des idées. Kagame comme tout dictateur parle de démocratie sans y croire et refuse de respecter ou pratiquer ses éléments essentiels. Il rejette de manière flagrante tous les principes de la gouvernance démocratique. Kagame refuse aussi de reconnaitre que les conflits basés sur l’identité peuvent seulement être résolus par des compromis politiques qui aboutissent à des systèmes inclusifs. Le président fait seulement confiance à la force et à la répression pour atteindre ses objectifs politiques.

L’état rwandais ne s’est pas corrigé; il est même devenu encore plus dangereux puisqu’il est dans les mains d’une minorité restreinte qui peut seulement diriger par la répression et la terreur. Comme conséquence de l’opposition véhémente de Kagame aux vraies réformes politiques, le gouvernement rwandais manque de légitimité dans la communauté hutu. La base électorale « naturelle » du FPR formé d’une minorité tutsi digne de confiance s’effondre. Le président Kagame est devenu une figure polarisante dont la gouvernance continue est certaine de perpétuer le conflit et de conduire à de nouvelles violences (même de proportions génocidaires) dans les années à venir. […]

Le président Kagame est un employeur extrêmement émotionnel, imprévisible, abusif et physiquement violent. […]

Autres mythes et fausses opinions

En Ouganda, Paul Kagame était connu pour être tyrannique, irrationnel, pour le mauvais traitement de ses subordonnés et la torture des suspects – ce qui lui valait le surnom de « Pilate ». […]

Il y a d’innombrables rwandais qui sont capables d’aider à sortir ce pays de la ruine à laquelle il semble destiné. Le destin d’une nation ne devrait pas dépendre des lubies et caprices d’un seul homme. Le président Kagame n’est ni indispensable, ni irremplaçable pour la stabilité et le développement. Il n’est pas non plus invincible. Au contraire, il est un blocage pour la transition vers la démocratie, la paix durable et la stabilité au Rwanda. Il est une personnalité polarisante dont la poursuite du pouvoir absolu, sans rendre de comptes à personne, conduit le Rwanda vers une ruine certaine.

Il est aussi un facteur de déstabilisation dans la région des Grands lacs. L’ego gigantesque du président Kagame, son attitude autoritaire envers les leaders de la RDC, sa compréhension limitée de la situation, ses ambitions irréalistes de contrôler les événements (et probablement les ressources) d’un pays voisin riche et plus grand et sa lecture défectueuse de la dynamique régionale ont conduit à la deuxième guerre (non nécessaire et désastreuse) au Congo. Cette deuxième invasion de la RDC a été un pari désastreux qui a couté la vie à des millions de personnes innocentes, a causé la souffrance humaine à une échelle horrible, incluant le viol de centaines de milliers de femmes et de filles. Bien que la Communauté International ait éventuellement fait assez de pressions pour forcer le Rwanda à retirer ses troupes du Congo, le Rwanda a continué de fomenter la guerre au Congo par procuration. […]

En bref le président Kagame est le facteur déstabilisant pour le Rwanda et pour la région des Grands lacs. Les politiques que continue de poursuivre le président Kagame sont au détriment de la paix et de la sécurité internationales.

Le dilemme auquel le Rwanda et la région font face n’est pas de savoir s’ils peuvent survivre sans Kagame, mais plutôt de savoir s’ils peuvent survivre à l’implosion inévitable qui les attend si Kagame reste au pouvoir.



===============



Le rapport termine en préconisant un Rwanda libre, de bonne gouvernance, qui respecte la loi, la démocratie et le partage de la prospérité à tout son peuple ; seul ciment qui peut consolider les groupes ethniques du Rwanda pour qu’ils vivent ensemble dans la paix.


le 12 septembre 2010

© Copyright Grands-Lacs Confidentiel

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article