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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Omar el-Béchir investi pour un nouveau mandat

27 Mai 2010 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Actualités

Par RFI

C'est ce jeudi 27 mai 2010 le président soudanais doit prêter serment. Cette cérémonie d'investiture provoque un embarras au sein de la communauté internationale. Omar el-Béchir fait l'objet d'un mandat d'arrêt émis par la Cour pénale internationale qui l'accuse de crimes de guerre. Quelques chefs d'Etat africains sont déjà arrivés à Khartoum. Parmi eux, le Tchadien Déby, le Djiboutien Guelleh, l'Erythréen Afewerki  ou encore le Mauritanien Ould Abdel Aziz. En revanche, l'ONU, l'UA et l'UE ne seront représentées que par des diplomates.

Il aurait voulu une belle photo de famille, l'une de celle que l'on montre à ses adversaires pour leur prouver que l'on n'est pas seul au monde. Omar el-Béchir qui a cruellement besoin d'une légitimité sur la scène internationale devra pourtant se contenter d'une photo imparfaite. Aucun des grands dirigeants de la planète ne prendra le risque de s'exhiber aux côtés d'un homme recherché par la CPI, et peu de chefs d'Etats africains franchiront le pas.

Parmi ceux-ci il y a les adeptes de la realpolitik comme le voisin tantôt ennemi tantôt ami, Idriss Déby. Il y a aussi l'ami érythréen, Isaias Afewerki avec qui Omar el-Béchir partage la même méfiance envers les Etats-Unis, et encore le Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz qui entretient de bons rapports avec les dirigeants soudanais.

Les représentants locaux des missions de l'ONU et de la mission conjointe UA-ONU seront eux aussi sur la photo. Difficile de mener des missions en terre soudanaise sans être un conciliant. Côté occidentaux que ce soient la délégation européenne ou les chancelleries française et anglaise, on se contentera d'envoyer des diplomates locaux. C'est déjà trop aux yeux des organisations de défense des droits de l'homme qui accusent les Occidentaux de faiblesse. En revanche, cette présence internationale laisse de marbre la CPI qui estime que la seule façon pour Omar el-Béchir de rompre son isolement est de répondre aux attentes de la justice internationale.

Les défis d’Omar el-Béchir

Si Omar el-Béchir peut se réjouir d'avoir gagné du temps face à la CPI, reste à savoir comment il va employer ce temps. Son mandat de cinq ans qui s'ouvre ce jeudi 27 mai s'annonce périlleux. Le plus grand défi sera de gérer le référendum d'autodétermination qui se tiendra au Sud en janvier prochain. Le Soudan restera-t-il uni ou éclatera-t-il en deux entités ? Et dans les deux cas, le pays échappera-t-il ou non à un nouveau cycle de violence ?

Si Omar el-Béchir a plusieurs fois répété qu'il respectera le choix des sudistes, au sein de son parti beaucoup de voix plaident en faveur de l'unité du pays. C'est d'ailleurs la mission que vient de fixer à l'Assemblée nationale son nouveau président Ahmed Ibrahim Tabar, issu de la formation d'Omar el-Béchir.

La question est politique mais aussi économique alors que chacun sait que les plus gros gisements pétroliers se trouvent au Sud et qu'actuellement c'est le Nord qui en tire le plus gros profit.

Le deuxième défi sera de ramener la paix au Darfour; pour l'heure, on en est encore loin. Il n'y a même pas entre le Darfour et Khartoum un accord cadre qui baliserait les relations comme il en existe un entre le Nord et le Sud. Les négociations maintes fois relancées avec les rebelles darfouris semblent dans l'impasse.

Bref, Omar el-Béchir a devant lui une tâche d'autant difficile qu'il est affaibli par le mandat d'arrêt lancé par la Cour pénale internationale.

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