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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Les pièges d'un rapport incomplet

10 Septembre 2010 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Justice et Droits de l'homme

Source: Kakaluigi.unblog.fr, 8 septembre, 2010

-      Attention à ne pas crier victoire avant le temps 

-      L’ONU a encore ses yeux bandés et il nous dit une partie de sa verité 

-      Ban Ki-moon  à Kigali, pour calmer seulement Kagame, ou pour des compromis ?

 

Un brouillon du rapport Projet Mapping  de l’ONU élaboré par l’Haut Commissariat au Droits de l’homme, est en train de circuler dans le monde entier, et parle de génocide au Congo. Le rapport  en effet concerne les violations les plus graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises entre mars 1993 et juin 2003 sur le territoire de la République démocratique du Congo 2010. 

 

Dans l’introduction de ce  rapport nous lisons : « Cependant, aucun rapport ne peut suffisamment décrire l’horreur de ce que les populations civiles au Zaïre, devenu République démocratique du Congo ont vécu. Presque chaque personne a une ou plusieurs histoires de souffrance et de perte à raconter. Certaines victimes sont devenues auteurs de crimes et certains responsables de crimes ont été victimes à leur tour de graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire dans un cycle de violence qui n’est pas encore terminé. » 

 

Je suis accord avec cette affirmation qu’en ces jours j’ai trouvé dans ma boite : « Ce rapport se veut représentatif dans sa description des violences qui ont affecté directement ou indirectement une vaste majorité de la population congolaise. Il ne vise pas à attribuer de responsabilités individuelles, ni à blâmer un groupe plutôt qu’un autre. Cependant, en toute franchise, il laisse aux victimes et témoins la description parfois brutale des tragédies qu’ils ont vécus. Il se veut un premier pas vers un exercice de vérité parfois douloureux mais combien nécessaire. » (NB. Je ne connais pas la source) 

 

 

Dès que le quotidien « le Monde » et la BBC  l’ont  rendu publique des voix s’élèvent  de partout.  Il y a ceux qui crient à une victoire, mais il aussi ceux comme le Rwanda, qui démenti et dénonce violemment le rapport et s’apprête à présenter à l’ONU toute une série d’amendements mensongers.   La RDC de son coté, est divisé dans ses appréciations et déclare d’attendre le document officiel, prévu per ce 01 octobre 2010. Et pourtant c’est depuis un certain temps que le document se trouvé sur le bureau du Président Kabila et circule dans les couloirs des chancellerie diplomatiques concernées. 

 

Le document ne dit pas toute la vérité. 

L’Onu a décidé de publier le rapport le premier octobre. Les ONG des droits de l’homme sont intervenues auprès de l’ONU pour que le rapport soit publié dans toute son intégralité. L’ONU accuse le Rwanda, accuse la RDC, mais il ne s’accuse pas. Pourquoi ? 

Le Rapport Mapping  affirme « Ce rapport se veut représentatif dans sa description des violences qui ont affecté directement ou indirectement une vaste majorité de la population congolaise… Il se veut un premier pas vers un exercice de vérité parfois douloureux mais combien nécessaire. » 

Oui un premier pas vers la vérité toute entière ? On ne sait pas. Ban-Ki-Moon est arrivé à Kigali, certainement pour essayer de calmer Kagame et « revoir » le rapport. C’est ça la politique : une fois qu’on arrive tout prés de la verité, ou on efface les traces, où on éliminer les témoins, ou les enquêteurs. Mais pourquoi ? 

Moi, j’ai vécu une bonne partie de toute cette histoire entre les Kivus et le Maniema.  Jamais, dans tout ce que je voyais et j’entendais avec mes oreilles, j’avais douter de la forte implication du gouvernement de Kigali dans les différentes guerres à l’Est du Congo. J’étais toujours sur, même au moments que nous devions échapper aux représailles, aux menaces et aux accusations mensongères, que tôt ou tard l'Histoire reconnaîtrait enfin ce  que les armées du Rwanda et de l'Ouganda  ont commis au Congo en se rendant ainsi coupables des crimes monstrueux contre la RD Congo et ses populations, avec bien sûr la complicité d'une partie irresponsable  de notre propre élite intellectuelle et politique, dont la plupart des tenants actuels du pouvoir congolais. 

Les massacres de Makobola et de Kasika, les massacres de Tingi Tingi et les dizaines de fosses communes découvertes un peu partout aux Kivu et au Maniema ; les meurtres, encore impunis, de Mgr Christophe Munzihirwa, des Frères Espagnols, des dizaines des prêtres et religieux et religieuses… voila  ce qui attend de l’ONU des réponses claires  et que l’équipe Mapping semble avoir terriblement  et volontairement oublié. 

L’ONU parle de massacre des hutus sur le sol congolais perpétré par les forces armées du régime Kagamé, mais il se tait   sur l’extermination, aussi systématique,  des misérables congolais de par une guerre imposée et jamais voulue par les populations. Les presque 5 millions de victimes attendront en vain leur justice ? Et pourquoi l’ONU s’attarde  à ne pas encore  reconnaitre le génocide congolais ? Kagamé pour tuer les Interamwe n’a pas exterminé des innocents congolais ? N’était pas le moment opportun pour dire une fois définitive et publiquement ce que la Société Civile, les ONG, les Médias locales  et l’Eglises ont dénoncés à maintes reprises et que l’ONU n’a jamais voulu prendre sérieusement en examen ? 

La période couverte par le présent rapport, de mars 1993 à juin 2003, constitue probablement l’un des chapitres les plus tragiques de l’histoire récente de la RDC. Ces dix années ont, en effet, été marquées par une série de crises politiques majeures, de guerres et de nombreux conflits ethniques et régionaux qui ont provoqué la mort de centaines de milliers, voire de millions, de personnes. Rares ont été les civils, congolais et étrangers, vivant sur le territoire de la RDC qui ont pu échapper à ces violences, qu’ils aient été victimes de meurtres, d’atteintes à leur intégrité physique, de viols, de déplacements forcés, de pillages, de destructions de biens ou de violations de leurs droits économiques et sociaux. Le but ultime de cet inventaire, mis à part sa contribution historique à la documentation de ces graves violations et à l’établissement des faits survenus durant cette période, consiste à fournir aux autorités congolaises des éléments pour les aider à décider de la meilleure approche à adopter pour rendre justice aux nombreuses victimes et combattre l’impunité qui sévit à cet égard. 

 

La MONUC, étant une mission de paix, avait toujours refusée  d’employer la force et d’intervenir avec les armes, si non en cas d’attaques et  d’autodéfense. Les meurtres, les assassinats, les viols, les pillages, qui on été toujours perpétrés devant leurs yeux, n’ont été jamais pris en examen subitement. 

Nous remercions l’Onu d’avoir enfin mis noir sur blanc pour commencer à dénoncer, et dire une verité, qui, selon nous,  en partie tous ce  qu’on disait depuis dés années et que tous le monde connaissait très bien. 

Le génocide congolais n’est pas seulement affaire du Rwanda. La guerre au Congo n’est pas une affaire inter-congolaise seulement. Les presque cinq millions de victimes, mises en cause par une certaine presse et 

Le trafic illicite et l’exploitation des minerais, dont le sol de l’est de la RDC en est si riche, la seul cause de cette horrible guerre  L’OUNU ouvre les yeux sur ces que les FDLR ont fait sur leurs compatriotes qui avaient trouvé leurs refuges en RDC seulement aujourd’hui, car les rumeurs sont devenues très assourdissantes et la MONUC (avec la MONUSCO) semblent ne pas être à l’hauteur de la situation, au contraire semblent être impliqués dans beaucoup d’affaires très louches. 

Pourquoi donc le rapport accuse seulement Kagame et son régime autoritaire e dictatorial ? C’est parce que il a su soulever internationalement ses prétextes de la sécurité de ses frontières,  et occuper librement le sol congolais avec ses soldats et « pourchasser » (= éliminer) les Hutu présents en RDC ?  C’est pour admettre que l’origine du mal de la Région des Grands Lacs est Kagame et ses idées hégémoniques ?  C’est que le temps est arrivè pour en finir avec cet homme et le traduire devant la tribunal International pour être jugé et condamné, comme responsable d’un genocide ?  C’est parce que l’ONU se sente lui aussi en cause et tente de cacher ce que la MONUC et ses alliés ont fait au Congo ? 

Si l’ONU entend ainsi commencer à rechercher la verité sur ces années tragiques de l’histoire de la RDC, elle doit aussi rappeler ses propres responsabilités. Colette Braekman a écrit dans son blog : « L’investigation menée au Congo est légitime, car elle rend justice à ces millions de Congolais qui ont été, à des titres divers, victimes d’une guerre qui n’était pas la leur. Mais elle est aussi explosive, car la publication du rapport risque de bousculer plusieurs gouvernements de la région : des éléments des forces armées rwandaises sont directement visés, mais des Burundais, des Ougandais, ainsi que des officiers congolais, hier membres des groupes rebelles, pourraient également être mis en cause. Pour être complet, le rapport devrait aussi mentionner les appuis internationaux dont bénéficièrent à l’époque les forces de l’AFDL ainsi que leurs adversaires.» 

La vérité due à tous les  morts…est nécessaire et urgent. Appeler ces massacres avec ce nom de « génocide » c’est rendre un grand service à l’histoire et punir tous les mandataires des horreurs.  Et l’insécurité et les massacres  qui encore aujourd’hui se comment en RDC,  ne peuvent se résoudre avec le silence. 

La vérité sur les massacres des Hutus en RDC ne suffit pas à rendre justice. Il faut que l’ONU affirme aussi la vérité sur les 5 millions et plus de victimes innocents en RDC que depuis 1993 jusqu’aujourd’hui restent dans l’oubli total. 

A l’ONU, donc une demande : qui ont été leurs bourreaux ? Nous attendons une réponse. 

 

© kakaluigi, 08 septembre 2010

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RWALINDA 10/09/2010 14:24



Cela fait 20 ans que des crimes se commettent dans le silence total. Maintenant qu'une brèche sur la vérité commence à apparaître, il ne faut pas exiger tout et tout de suite. La meilleure
méthode étant de procéder par étapes: une vérité peut conduire à la suivante, ainsi de suite, comme quand on détricote un pull. A vouloir aller trop vite, on risque de ne pas aller loin. Soyons
réfléchis et méthodiques, les obstacles sont encore là.