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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Les fous du pouvoir et les élections: Paul Kagame, Yaya Jameh, Pierre Nkurunziza ...

23 Juillet 2010 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Rwanda: élections 2010

COURSE A LA PRESIDENCE

Le condom de la candidature unique
 jeudi 22 juillet 2010

La Chronique du fou, Le Pays

 

 

Même si je suis fou, je n’ai pas à ce point pété les plombs pour ne pas me rendre à l’évidence que dans la course au pouvoir, il y a une maladie aux allures de Sida. Et pour ne pas l’attraper, certains chefs africains ont décidé de sortir "couverts". Ils ont chaussé le condom de la candidature unique ! Eh oui, la précaution vaut son pesant de… pouvoir, et mieux, de pouvoir à vie ! Pour éviter tout risque de choper le virus de la maladie de l’adieu au pouvoir, face à des prétendants sérieux au fauteuil présidentiel, alors protection impérative ! Reste à savoir comment. Je sais que l’expression "système verrouillé" qui a cours sur le continent n’a pas été créée pour les fous. Première forme de protection donc : verrouiller le système par des règles du jeu faussées à l’avance et déloyales, de sorte que les opposants ne voient se réaliser leur désir quasi impossible de parvenir à l’alternance que dans leur rêve ; et décident finalement de briller par leur absence sur la ligne de départ. Mais eux, peuvent encore s’estimer heureux d’avoir seulement été victimes de la douce et subtile manière du pouvoir en place. Car, il y a bien pire, ce qui nous amène à la deuxième méthode de précaution : contraindre l’opposition à l’exil, l’intimider, la bâillonner ou, plus grave, perpétrer contre elle des assassinats, avec pour ultime objectif de faire place nette.

Si l’opposition a faim de pouvoir, eh bien, qu’elle vienne le saisir ; pour sûr, elle risque de voir son appétit partir en convoitant le pouvoir. Paul Kagamé du Rwanda, Yaya Jammeh de la Gambie et bien d’autres chefs d’Etat africains aux mains entachées du sang de leurs opposants, journalistes, et militants des droits de l’homme, ne pourront me faire croire le contraire de ce qu’ils sont en réalité : des dictateurs en puissance, qui ne reculeront devant rien pour la pérennisation de leur pouvoir. Tout comme eux, leur pair du Burundi, Pierre N’Kurunziza, celui-là même qui, toute honte bue, a saboté dernièrement les feux tricolores du boulevard pour faciliter sa marche vers la présidence, ne me convaincra jamais de ses qualités de bon démocrate. Droit dans ses bottes d’ancien maquisard, je l’imagine m’engueulant, en parcourant ces lignes : "j’ai été candidat unique, et alors !" Mais, contrairement à l’homme fort de Bujumbura, et pour faire plus élégant, certains chefs d’Etat africains aux aspirations démocratiques douteuses, se sont trouvé des accompagnants pour la course. Mais quels adversaires ! Des candidats "motards", soigneusement lancés dans la compétition tout juste pour meubler un décor sans attrait. Pour tout dire, des " élections- alibis".

Les partenaires techniques et financiers internationaux ne veulent-ils pas la démocratie en contrepartie de leurs aides ? Ils sont servis : plat de démocratie à la sauce gluante et fade, sortie de la crasseuse marmite d’élections sans enjeu ou pipées d’avance. L’opposition aura ensuite beau dénoncer une mascarade électorale, rien n’y fera. La vie reprendra son cours normal, comme cela a généralement toujours été le cas. Alors, tour joué et pouvoir préservé pour le candidat sortant, qui se fout éperdument que le peuple l’aime, l’essentiel pour lui étant de demeurer à la tête de l’Etat. Si on me dit fou et incapable de raisonnement, moi, en tout cas, le peu de logique qui me reste encore, me permet de réaliser que le cimetière est plein de gens indispensables. C’est pourquoi j’ai vraiment du mal à comprendre qu’il est des chefs d’Etat africains qui ne puissent se trouver suffisamment de force morale pour partir au bon moment, et la tête haute. Si on me taxe de fou, alors il y a encore plus fou que moi, je fais allusion à ces fous du pouvoir qui n’hésitent pas à ôter la vie de leurs opposants, à piétiner leur Loi fondamentale et à instaurer un climat de terreur dans leur pays. Tout ça parce que, à leurs yeux, le pouvoir ne convient à personne d’autre qu’à eux ! Moi, le Fou, je dis qu’il faut fuir tous ces dirigeants qui, pour rien au monde, ne voudraient céder leur fauteuil, même si cela doit créer le chaos chez eux. Fou, je suis, malgré tout, pacifique. Et par conséquent opposé à ceux qui règnent par la force, de quelque manière qu’elle soit.

Le Fou

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Willy Nyamitwe 24/07/2010 07:09



Bonjour. Je prends cette occasion pour ajouter un petit commentaire à votre article, qui est écrit dans un style qui me passionne. Pierre Nkurunziza n'a pas voulu se trouver des "adversaires" sur
mesure. Pourtant il pouvait le faire car il en avait les moyens. S'il s'est retrouvé seul dans la course électorale, ce n'est pas sa faute, ni celle des électeurs. Il n'a présenté sa candidature
que quelques jours avant le début de la campagne électorale. Pourtant il y avait d'autres candidatures comme celle de l'ancien président de la République Domitien Ndayizeye ainsi que d'autres de
l'opposition radicale. Parmi ces candidatures, citons également celle du Premier vice-président en exercice, le Docteur Yves Sahinguvu. Mais tous, ayant bien constaté que leurs partis respectifs
avaient lamentablement perdu les élections collinaires, "en mauvais perdants" ils ont alors préféré retirer leurs candidatures car, en vérité, l'élection était perdue d'avance, surtout qu'il
fallait également payer une caution de 15 millions de francs burundais (environ 8.000 EUR). Pierre Nkurunziza est loin d'être baptisé "fou du pouvoir". C'est un bon démocrate, qui se soucie de
l'intérêt du peuple qui a placé sa confiance en lui. C'est cela d'ailleurs qui a poussé la majorité des burundais à reconduire l'ancien "chef rebelle". Signalons que depuis son élection en 2005,
il a pu visiter les 129 communes du Burundi, contrairement à ses prédécesseurs qui restaient à Bujumbura la capitale. Les mesures que Pierre Nkurunziza a prises comme la gratuité de
l'enseignement à l'école primaire, la gratuité des soins de santé pour les enfants de moins de 5 ans et pour les mères enceintes qui accouchent également sans payer les frais ainsi que d'autres
mesures salutaires en passant par la hausse des salaires des fonctionnaires, des militaires et policiers, ont accru la sympathie des burundais pour Pierre Nkurunziza. Durant une période de 3 ans
uniquement, il a pu bâtir 2.000 écoles primaires et secondaires, l'équivalent de ce qui a été bâti de 1962 à 2007 (45 ans). Là je n'ai pas parlé des routes, des dispensaires et hôpitaux, etc. Les
détracteurs de Pierre Nkurunziza n'ont pu le salir que via le Web mais le Peuple burundais qui le voit à l'oeuvre ne pouvait s'interdire de lui accorder un second mandat de 5 ans.



KABURA WILLIBROD 23/07/2010 10:06



Monsieur "le foi",


Bonjour. Je viens de lire votre article concernant les candidatures uniques en Afrique pour les élections présidentielles. Je suis très étonnée et même surprise que cet article sorte sur un site
que j'estime sérieux pour le peu que je le consulte. Vous n'êtes pas bien informé en ce qui concerne le Burundi, ayez donc l'honnêteté de le reconnaître car Nkurunziza n'est pas comparable à
Kagame. De plus, la candidature de l'un et l'autre tout comme le contexte politique des deux pays n'a rien à voir; du moins pour ces élections de 2010. Je n'appartiens à aucun parti politique
mais je suis outrée et révoltée par vos propos quand vous déclarez que : "Paul Kagamé du Rwanda, Yaya Jammeh de la Gambie et bien d’autres chefs d’Etat africains
aux mains entachées du sang de leurs opposants, journalistes, et militants des droits de l’homme, ne pourront me faire croire le contraire de ce qu’ils sont en réalité : des dictateurs en
puissance, qui ne reculeront devant rien pour la pérennisation de leur pouvoir. Tout comme eux, leur pair du Burundi, Pierre N’Kurunziza, celui-là même qui, toute honte bue, a saboté dernièrement
les feux tricolores du boulevard pour faciliter sa marche vers la présidence, ne me convaincra jamais de ses qualités de bon démocrate. Droit dans ses bottes d’ancien maquisard, je l’imagine
m’engueulant, en parcourant ces lignes : "j’ai été candidat unique, et alors !".... Le président du Burundi a été candidat unique malgré lui suite au retrait volontaire ou stratégique
de ses adversaires.Je vous invite donc à bien vous informer sur le Burundi actuel avant d'en parler pour ensuite rectifier le tir de votre article qui risque de décrédibiliser le site et induire
en erreur ses lecteurs et internautes. Cordialement,


Willibrod Kabura