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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Le Terminator décidé à se battre jusqu'à la dernière goutte de son sang

11 Mai 2012 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Justice et Droits de l'homme

Source: kongotimes

Samedi 5 mai, l'Etat congolais avait donné un ultimatum de cinq jours aux soldats rebelles pour rejoindre les rangs. L'expiration de cet ultimatum étant intervenue le mercredi 9 mai, la population redoute une intensification des opérations militaires dans les heures à venir. Ce qui aggraverait la situation de la population civile poussée déjà à se déplacer pour fuir les combats entre les belligérants. Le fugitif Bosco NTAGANDA aurait pris l'option de se battre jusqu'à la dernière goutte de son sang, pour échapper à la justice internationale. Quelques années avant Jean-Bosco NTAGANDA, c'est Laurent NKUNDABATWARE qui, après avoir été capturé par le Rwanda, sa remise à la RDC reste hypothétique à ce jour, en dépit des demandes répétitives des autorités congolaises de lui livrer NKUNDA. La traque de Bosco NTAGANDA alias "Terminator" est lancée.

A ce jour, l'armée congolaise, appuyée par la Force d'intervention rapide, vient de lancer la traque de Bosco Ntaganda recherché par la CPI pour tenter d'obtenir sa reddition, après le dernier assaut qu'elle a lancée contre lui. Bien que l'on ne sache pas exactement où est passé Jean-Bosco Ntaganda, certaines zones d'ombre semblent s'éclaircir sur la direction que le général rebelle a prise après cet assaut. Aux dernières nouvelles, l'officier rebelle et ses hommes se sont retranchés dans le parc national des Virunga, du côté de Kibumba, non loin de la frontière avec le Rwanda. A la suite de la fermeture de la frontière par le Rwanda, les mutins fugitifs n'ont pas pu pénétrer en territoire rwandais.

Le climat actuel de combats répétitifs a fait que de nombreux habitants sont entrés en exode et les chances d'un retour sont compromises par les dernières évolutions dans la région. En fait, tout tourne autour de la traque du général Bosco Ntaganda surnommé "Terminator", recherché par la Cour pénale internationale et par la justice congolaise pour des atrocités commises dans l'Est de la République démocratique du Congo.

A la suite d'intenses combats dans la nuit de lundi 7 à mardi 8 mai, Bosco Ntaganda et ses hommes ont dû abandonner leur refuge de Masisi, laissant derrière eux plusieurs dizaines d'armes lourdes qui ont été récupérées par les forces régulières.

Qu'il soit en fuite pour tenter de gagner l'Ouganda en traversant le parc des Virunga, qu'il ait pris la direction du Rwanda accompagné de ses hommes encore fidèles à lui, qu'il ait été blessé ou qu'il ait été abattu par des membres de sa garde rapprochée, auxquels il avait demandé qu'on ne le capture pas vivant, tout semble porte à croire, en ce moment, que le général renégat est hors d'état de nuire, du moins pour le moment. D'autant plus que les FARDC ont pu récupérer 25 tonnes d'armes dans sa ferme dans le massif de Masisi.

A l'issue de la perquisition menée dans la ferme de Bosco Ntaganda, en fuite, après de violents combats ayant opposé entre le 29 avril et le 4 mai les éléments des FARDC et des militaires mutins de l'ancienne rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), plus de 25 tonnes d'armes ont été saisies.

Parmi les armes saisies à Masisi, le dimanche 29 avril, après la récupération de cette localité, il y a des armes lourdes: des mortiers, des canons sans recul et des armes légères. Lors de sa dernière tournée de sensibilisation dans le Masisi auprès de la population sur leur retour, le gouverneur Julien Paluku a pu voir quelques-unes de ces armes. La ferme en question est située dans la région de Kirolinve en territoire de Masisi, à plus de 60 kilomètres au nord-ouest de Goma. Le colonel Sylvain Ekenge, porte-parole des Forces armées de la RDC au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, a affirmé que ces armes ont été volées par les mutins dans les entrepôts des FARDC au moment de leur désertion. Dans leur fuite, les mutins n'ont pas pu emporter ni détruire ces armes.

La plupart de ces armes sont dans un mauvais état, puisque abandonnées à l'air libre, dans de mauvaises conditions, exposées aux intempéries. Le colonel Sylvain Ekenge a précisé qu'elles seront reconditionnées avant d'être redistribuées aux unités qui en ont besoin, puisqu'elles étaient destinées au troisième secteur opérationnel.

Les militaires ont aussi récupéré une autre cargaison d'armes et de munitions à Mushaki, une localité située à une quarantaine de kilomètres de Goma dans le même territoire. Certaines sources locales indiquent que plusieurs autres caches d'armes non encore découvertes se retrouvent à Masisi et Rutshuru.

Julien Paluku, gouverneur de la province du Nord-Kivu où se déroulent les événements, a donné les précisions sur cette saisie importante. " Nous avons récupéré vingt-cinq tonnes d'armements lourds présentés devant la presse nationale et internationale. Au stade actuel, les forces armées s'attèlent à contrôler totalement tout cet espace, à poursuivre le général Bosco Ntaganda pour qu'on mette la main sur lui et qu'on le traduise devant la justice congolaise", a déclaré le chef de l'exécutif provincial.

Samedi 5 mai, l'Etat congolais avait donné un ultimatum de cinq jours aux soldats rebelles pour rejoindre les rangs. Cependant, la hiérarchie militaire des FARDC leur a annoncé que les portes des FARDC leur sont encore largement ouvertes et que, par conséquent, ils pourront rentrer au bercail sans problème s'ils reviennent à leurs bons sentiments. Au cas contraire, les FARDC prendront leurs responsabilités.

L'expiration de cet ultimatum étant intervenue le mercredi 9 mai, la population redoute une intensification des opérations militaires dans les heures à venir. Ce qui aggraverait la situation de la population civile poussée déjà à se déplacer pour fuir les combats entre les belligérants. Une situation d'autant plus inquiétante qu'il y a quelques jours, un nouveau mouvement rebelle venait de voir le jour, le M23, sous la direction du général Sultani Makenga, adjoint de Ntaganda, qui dirigeait les opérations menées au Sud Kivu contre les rebelles hutus et qui s'est lui aussi mutiné, en compagnie d'autres officiers du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Le M23 reprend les anciennes revendications des Tutsis congolais. Ce mouvement rebelle est créé en référence des accords de paix signés entre le gouvernement congolais et le CNDP en mars 2009.

Le parti politique CNDP, né des accords de paix de 2009 entre le gouvernement et les ex-CNDP, a salué mardi dans un communiqué la suspension des opérations et a appelé " les FARDC et leurs éléments mutins à maintenir cette trêve et (...) à privilégier le dialogue au détriment des armes qui tuent, détruisent et provoquent des déplacements massifs " de populations.

En même temps, l'opinion s'interroge pourquoi l'armée congolaise, qui a eu le dessus sur les mutins, a unilatéralement décrété la trêve qui, à ses yeux, a permis au camp adverse de prendre la poudre d'escampette.

Jean-Bosco Ntaganda est recherché par la Cour pénale internationale depuis 2006 mais le gouvernement avait jusque récemment toujours refusé de l'arrêter, estimant que la paix prévalait sur la justice. Cependant, il affirme souhaiter qu'il comparaisse devant des " juridictions congolaises " pour sa " responsabilité " dans les combats dans le Nord-Kivu.

Le fugitif Bosco Ntaganda aurait pris l'option de se battre jusqu'à la dernière goutte de son sang, pour échapper à la justice internationale.

Quelques années avant Jean-Bosco Ntaganda, c'est Laurent Nkundabatware qui, après avoir été capturé par le Rwanda, sa remise à la RDC reste hypothétique à ce jour, en dépit des demandes répétitives des autorités congolaises de lui livrer Nkunda.

[Kléber Kungu]

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