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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Le retrait des casques bleus met l’armée congolaise face à ses responsabilités

18 Juin 2010 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Actualités

La formation des militaires congolais reste indispensable

 

jeudi 17 juin 2010 / par Alex Kathy Katayi, Afrik.com

Le départ, dès la fin du mois, du premier groupe des quelque 2000 Casques bleus de la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo (MONUC), a été annoncé mercredi. Une absence qui, à terme, fera peser de plus lourdes responsabilités sur une armée congolaise, hétéroclite, ayant de grandes difficultés de structuration. Le Sénat a voté début juin une loi portant sur le statut des militaires. Une loi qui comporte plusieurs innovations. Elle insiste en particulier sur la formation des officiers, sous officiers et militaires de rangs.

Alain Likota, porte-parole de la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo (MONUC), a annoncé mercredi que 230 casques bleus sénégalais avaient quitté ou devaient quitter le territoire mercredi. La MONUC, qui constitue la plus importante opération de maintien de la paix des Nations unies, a accédé à la requête du président congolais Joseph Kabila de renvoyer chez eux quelque 2 000 Casques bleus avant le 30 juin, date du 50e anniversaire de l’indépendance du Congo-Kinshasa.

La mission de l’ONU se poursuivra jusqu’à la mi-2011 avec quelque 21 000 hommes -militaires, policiers et observateurs, avant de s’en aller. Le secrétaire général adjoint des Nations unies aux Affaires humanitaires, John Holmes, a néanmoins exprimé son inquiétude, estimant que la violence pourrait échapper à tout contrôle en cas de départ de l’ensemble des casques bleus.

Un nouveau statut pour l’armée congolaise

Les autorités congolaises tâchent de répondre à l’enjeu du retrait des troupes de la MONUC. En mai-juin, le sénat a voté une loi portant sur le statut des militaires. Sur les 326 articles qu’elle compte, 172 ont été adoptés le 31 mai et 154 le 1er juin. Plusieurs innovations y figurent. Parmi elles, on peut citer la signature d’un contrat de travail de 7 ans renouvelable une fois pour les soldats de rangs. Ces derniers doivent être célibataires et sans enfants. « Nous voudrions que ces soldats servent la nation sans partage et pendant cette période nous voudrions qu’ils n’aient pas d’autres obligations. C’est pourquoi nous avons voulu qu’ils soient célibataires », a précisé Raymond Omba, président de la commission défense et sécurité au sénat congolais. Ces jeunes militaires doivent avoir étudié au moins 4 ans après le primaire. Apres ces 14 ans passés au service de la nation, ces militaires pourront être reversés dans d’autres secteurs de la vie civile.

Les officiers ne sont pas oubliés. Ce nouveau statut leur offre la possibilité de faire une carrière dans l’armée jusqu’à la retraite en jouissant des plusieurs avantages. « Nous avons prévu énormément de garanties, par exemple l’avantage d’avoir un salaire indexé à la vie chère, que l’on n’a pas dans la vie courante. Ces militaires auront aussi l’avantage d’avoir des crédits voiture, des crédits logement, ce que l’on ne fait pas avec les autres. Tout ceci pour que la carrière soit intéressante » a ajouté le sénateur Omba.

Une armée aux multiples généraux issus des groupes armés

Les Forces armées de la RDC (FARDC), très hétéroclites, sont constituées actuellement de militaires issus d’anciens et divers groupes armés. On y trouve aussi une multitude de généraux dont la plupart n’ont pas suivi de formation adéquate. Sera-t-il possible de convaincre tous ces généraux de revenir à la formation ? Selon le sénateur Jacques Djoli, membre de la commission défense et sécurité, « l’armée moderne n’est pas savoir tirer des flèches, ou l’armée de fétiches, ou celle où on sert dans sa colline ou dans sa forêt ! Quand on a décidé de servir comme général dans une armée républicaine, on doit accepter de passer par une formation ». Il a martelé que la formation pour les officiers est plus qu’une obligation. Mais ce statut ne pourra entrer en vigueur qu’après sa promulgation par le chef de l’Etat.

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