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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Le procureur aurait-il été convaincu du décès de Protais Mpiranya?

8 Novembre 2011 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Justice et Droits de l'homme

REPORT SINE DIE DES DEPOSITIONS SPECIALES DANS LE DOSSIER MPIRANYA

Source: Agence Hirondelle

Arusha, 4 novembre 2011 (FH) - Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a reporté sine die jeudi le recueil des dépositions spéciales dans le dossier du major Protais Mpiranya, qui commandait la garde de l'ex-président Juvénal Habyarimana, apprend-on vendredi.

Le bataillon de la Garde présidentielle (GP) fut le plus actif dans les massacres pendant le génocide des Tutsis de 1994.

Accusé de crimes de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, le major Mpiranya, en fuite, est né en 1960 à Giciye en préfecture de Gisenyi. Diplômé de l'Ecole supérieure militaire (ESM) de Kigali, il a également effectué plusieurs stages de formation professionnelle, notamment en Allemagne et en France. Depuis 1993, il était commandant du bataillon GP.

Selon l'acte d'accusation, des éléments de cette unité d'élite ont participé, le matin du 7 avril 1994, à l'enlèvement et aux meurtres de membres de l'opposition.

Les actes de ces soldats s'inscrivaient, selon le procureur, dans le cadre d'une entente entre le major et d'autres responsables militaires, en vue de commettre le génocide des Tutsis.

Selon une source proche du dossier, onze témoins de l'accusation sur la trentaine annoncée ont été entendus depuis le 24 octobre, date de l'ouverture de ces dépositions qui se déroulent à huis clos, conformément au règlement de procédure et de preuve.

Le même jeudi, le TPIR a décidé de repousser au 21 novembre le début des dépositions spéciales dans le dossier de l'ancien ministre de la Défense  Augustin Bizimana, également en cavale. L'ouverture de cette procédure de préservation des preuves contre l'ex-ministre était initialement prévue pour lundi prochain.

Le premier fugitif à avoir fait l'objet d'une telle procédure est l'homme d'affaires Félicien Kabuga présenté par l'accusation comme l'argentier du génocide. Ouvertes en mai dernier, les dépositions contre lui se sont terminées le 27 mai. L'avocat commis d'office pour représenter les intérêts de Kabuga a demandé, dans une requête encore pendante, à pouvoir mener ses contre-enquêtes et citer ses témoins.

La décision de la chambre servira de jurisprudence pour les juges désignés pour les deux autres procédures (Mpiranya et Bizimana).

Selon des sources au TPIR, Kabuga mènerait des affaires prospères au Kenya, Bizimana se cacherait en RDCongo tandis que le major bénéficierait de la protection de hauts responsables zimbabwéens.

 

ER/GF

 

© Agence Hirondelle

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