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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Le Nil à nouveau partagé

16 Mai 2010 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Ressources et environnement

 

16.05.10 - 17:12

Quatre pays d'Afrique de l'Est ont signé un nouvel accord sur le partage des eaux du Nil, en l'absence du Burundi et de la République Démocratique du Congo. Malgré le boycott de l'Egypte et du Soudan, farouchement opposés à ce projet.

Dix ans de négociations entre les neuf Etats qui se partagent le bassin du Nil n'ont pas abouti. L'Egypte bénéficie depuis 1929 d'un quasi monopole sur l'exploitation des eaux de ce fleuve immense. Face à cette intransigeance, l'Ouganda, l'Ethiopie, le Rwanda et la Tanzanie ont décidé de mettre fin à l'initiative du bassin du Nil, fondée en 1999, avec l'aide de la banque mondiale, pour tenter d'apaiser les tensions entre les pays riverains.

Annulation des anciens traités

Pour lui succéder, une commission plus égale a été créée. Une commission dans laquelle chaque état aura une voix égale. Cette cérémonie a été boycottée par l'Egypte et le Soudan. Mais le Major General Geoffrey Okanga, ambassadeur du Kenya en Ouganda, a souligné que son pays allait également signer cet accord : "Nous avons atteint aujourd'hui un stade où nous pouvons enfin tous ensemble espérer assurer une protection et une utilisation adéquate de nos ressources en eau. Cela ne pourra avoir lieu que si nous nous mettons tous d'accord pour créer une institution capable d'imposer une exploitation équitable de nos ressources en eau dans tous les pays concernés". Le nouveau texte ne mentionne aucun chiffre, en volume ou mètres cubes, sur le futur partage des eaux, mais il "annule" les traités de 1929 et 1959. Il autorise les pays du Bassin à utiliser toute l'eau qu'ils jugent nécessaire, dans la mesure où ils ne portent pas préjudice aux autres pays de l'aval. Une Commission du Bassin du Nil sera en charge de recevoir et approuver tous les projets (irrigation, barrages...) concernant le fleuve. Elle sera basée à Addis Abeba et comptera des représentants des neuf pays concernés.
L'Egypte estime avoir des "droits historiques" sur le Nil et n'entend pas céder à cette pression. Elle rappelle que le fleuve lui fournit plus de 90% de ses ressources en eau et qu'il s'agit pour elle d'une question vitale.

 

Adrien De Mun et AFP

Crédit photo : Archives EPA

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