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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

La Camerounaise Brigitte Bardot Nkanyoub : « Les espèces humaine, animales et végétales sont interdépendantes »

17 Juin 2010 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Ressources et environnement

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   Brigitte Bardot Nkanyoub, une passionnée de la protection de la nature

En dernière année de maîtrise en en gestion à l’université du Québec à Trois-Rivières, à l’image de la star française dont elle porte le nom, Brigitte Bardot Nkanyoub est engagée dans la protection des animaux, notamment des ours polaires au Canada, une passion qu’elle compte continuer au sein d’une fondation ou d’une association après ses études. D’après BB NKanyoub, les ours polaires sont menacés avec la fonte des glaciers et le réchauffement climatique. Cohérente, malgré le froid glacial au Québec, elle a décidé de ne jamais porter des vêtements d’hiver faits à base de peaux d’ours. Rencontre avec une Africaine atypique.


AFRIQU’ÉCHOS MAGAZINE (AEM) : Qu’est-ce qui a motivé vos parents à vous donner le nom de Brigitte Bardot, star de cinéma investie aujourd’hui dans la protection des animaux ?

BRIGITTE BARDOT (BB) : Il faut d’abord souligner qu’avec l’erreur de l’officier d’état civil qui a établi mon acte de naissance, au lieu d’écrire exactement Bardot comme voulaient mes parents, ce dernier a écrit Bordo. Pourquoi ce choix injustifié d’écrire Bordo au lieu de Bardot. Est-ce la volonté manifeste de l’officier d’état civil de m’éviter de porter exactement le nom de Bardot qui était une beauté envoûtante, une des monstres sacrés du star system des années d’après-guerre ? Brigitte Bardot représentait l’archétype de la femme emblématique et émancipée de son époque. Toujours est-il que mes parents, frères et sœurs ainsi que tous ceux qui me connaissent m’appellent toujours Brigitte Bardot comme souhaitaient mes parents. Pour mes parents, la célébrité de Brigitte Bardot à travers le monde est la raison fondamentale du choix de me donner son nom. Leur souhait était que je devienne également célèbre un jour dans n’importe quel domaine de la société. Je ne serai peut-être jamais célèbre mais j’espère réussir mon éducation scolaire pour être utile à la société.

AEM : Qu’est-ce qui vous rapproche de l’activiste Brigitte Bardot qui a crée une fondation pour la protection des animaux, surtout des ours polaires ?

BB : J’avoue que le tournant décisif pris par Brigitte Bardot pour la protection des animaux est un virage à 180 degrés en matière de centres d’intérêt par rapport au milieu du cinéma ou de la chanson. Il s’agit d’une importante reconversion dans un domaine qui m’intéresse aussi. J’apprécie, à la fois, la motivation et la détermination de Brigitte Bardot pour la préservation de la nature, surtout des animaux comme les ours polaires. Ils sont menacés dans leur milieu naturel. C’est un activisme qui m’invite à m’investir également dans la protection des animaux comme les ours blancs que le réchauffement climatique ou l’effet de serre et la chasse commerciale pourraient faire disparaître dans quelques décennies. Je suis une passionnée de la protection de la nature depuis mon jeune âge. Pour cette raison, j’épouse les efforts déployés par la fondation Brigitte Bardot pour la défense des animaux.

AEM : Brigitte Bardot est végétarienne et encourage les humains à faire le choix d’un régime alimentaire végétal pour préserver les espèces animales et pour une bonne santé, partagez-vous cette opinion ?

BB : Il faut dire que les médecins conseillent davantage d’adopter un régime alimentaire végétarien pour une bonne santé et la limitation de certaines maladies. Il est aussi important de noter que j’ai grandi dans une région rurale du Cameroun où j’ai effectué mes études primaires et secondaires. Mes parents étaient des agriculteurs et j’ai pratiqué aussi l’agriculture. Pour cette raison, nous avions pris l’habitude de nous nourrir essentiellement des produits de l’agriculture. Aussi, je suis toujours portée vers un régime alimentaire essentiellement végétarien malgré le fait que je réside aujourd’hui dans un pays industrialisé comme le Canada. Par conséquent, j’invite donc les uns et les autres à consommer davantage les produits de l’agriculture que de l’élevage et à faire le choix de se nourrir d’aliments biologiques malgré leur coût relativement plus cher. On dit généralement que la santé n’a pas de prix. Je partage donc les mêmes convictions que Brigitte Bardot

AEM : Brigitte Bardot est contre l’élimination des ours polaires du Canada et la vente de vêtements d’hiver fabriqués à base des fourrures d’ours. Cependant, les ours constituent aussi une source d’argent et d’alimentation pour les Inuits du grand nord canadien, est-il possible de concilier ces deux nécessités ?

BB : Je partage la position de Brigitte Bardot même si je suis tout de même sensible au mode de vie et d’alimentation des Inuits du Canada. Voyez-vous, il ne serait pas aisé de demander au gouvernement du Cameroun d’interdire les Pygmées de faire la chasse et la cueillette parce qu’il s’agit de leurs us et coutumes. Cependant, faire la chasse commerciale peut constituer une sérieuse menace à la survie d’une espèce dans quelques décennies. Il me semble que le combat de Brigitte Bardot pour la protection des ours polaires vise essentiellement à interdire la chasse commerciale. Il faut souligner qu’avant de venir poursuivre mes études au Canada, je partageais déjà la position de Brigitte Bardot sur le sujet. Il y a quelques années, j’avais écrit à Brigitte Bardot pour soutenir son activisme en matière de défense des animaux. Pour ma part, je m’efforce de porter des manteaux d’hiver qui ne sont pas fabriqués à base du pelage d’ours. Je tiens à m’informer sérieusement lorsque je dois acheter des vêtements chauds pour la saison hivernale. Je ne pense pas qu’on a absolument besoin des manteaux faits de toison d’ours pour se protéger du froid glacial. J’ai souvent le sentiment que la fourrure joue aussi le rôle de décoration sur certains vêtements d’hiver. Je crois qu’il est possible de trouver certainement des alternatives, d’autres possibilités pour s’habiller au chaud. Je pense que, grâce à la recherche dans le domaine du textile, des manteaux d’hiver peuvent être fabriqués à base d’autres matériaux. Au delà même des défis personnels de Brigitte Bardot, nous devons savoir que les différentes espèces sont interdépendantes. Les espèces humaines, animales et végétales sont condamnées à vivre ensemble dans cette biosphère. Si nous créons un déséquilibre en menaçant une autre espèce, c’est l’être humain qui risque de subir les plus graves conséquences. La mauvaise condition d’existence des réfugiés climatiques doit interpeller les leaders politiques du monde à une prise de conscience collective. Ainsi, nous pourrions bâtir un développement durable et humain intégral pour chaque citoyen du village planétaire. Pour atteindre cet objectif tant souhaité, il faut impérativement avoir le souci de protéger toutes les espèces, surtout les espèces animales menacées comme les ours polaires.

AEM : Envisageriez-vous de travailler dans une fondation comme celle de Brigitte Bardot à la fin de vos études ?

BB : Mes études sont essentiellement axées sur l’entreprenariat. Brigitte Bardot, grâce à sa fondation, pourrait s’identifier à une entrepreneure sociale. Il faut dire que je n’ai pas assez étudié sa fondation. Cependant l’entrepreneurship social chez Brigitte Bardot pourrait être le sujet de mes recherches dans l’optique d’une soutenance de thèse de doctorat d’État dans quelques années. C’est un champ de recherche à explorer. Cela me donnerait l’occasion d’en apprendre davantage sur BB et sa fondation. Ses campagnes d’information, d’éducation et de sensibilisation doivent être poursuivies et encouragées. Imaginez un instant qu’on rappelle régulièrement aux personnes qui portent des fourrures qu’il a fallu éliminer des animaux pour s’offrir ces tenues. Cette stratégie pourrait influencer les citoyens lors de l’achat de vêtements d’hiver. Je crois qu’il est important de réfléchir sur d’autres stratégies plus innovantes pour influencer les décisions politiques et celles des citoyens pour la protection des ours par exemple.

| Propos recueillis par Ferdinand Mayega (AEM), à Trois-Rivières

Source: Afrique Echo Magazine


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