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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

La bonne gouvernance et le développement à la traîne en Afrique Centrale

13 Novembre 2009 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Ressources et environnement

Faible niveau d'appropriation du NEPAD en Afrique centrale


Quels sont les principes du NEPAD?
  • La Bonne gouvernance comme exigence pour la paix, la sécurité et un développement socio-économique et politique durable ;
  • Encourager la propriété et la gestion africaines ainsi q'une large participation de tous les secteurs de la société ;
  • Baser le développement de l'Afrique sur ses ressources propres et la richesse de ses peuples ;
  • Le Partenariat entre (et à l'intérieur) des peuples d'Afrique;
  • L'accélération de l'intégration régionale et continentale ;
  • Rendre les pays africains et l'ensemble du continent compétitifs;
  • Forger un nouveau partenariat international qui modifie le rapport inéquitable entre l'Afrique et les pays industrialisés; et
  • Faire en sorte que toutes les relations de partenariat avec le NEPAD soient liées aux Objectifs de Développement du Millénaire et aux autres programmes de développement faisant l'objet d'ententes.

On peut comprendre pourquoi les régimes autoritaires comme celui de Kagame, ne veulent pas s'engager et aller plus loin avec ce programme. Il faut se rappeler que Kagame avait lancé ce programme (dont le Rwanda abrite le secrétariat) en fanfare en 2003, comme devant servir à la démocratisation. On ne l'a plus entendu depuis!


(Xinhuanet 12/11/2009)


Comparativement aux autres régions africaines, l'Afrique centrale enregistre un faible niveau d'appropriation du Nouveau partenariat pour le développement de l' Afrique (NEPAD) de l'Union africaine (UA), ont reconnu mercredi à Xinhua des représentants des pays de cette zone lors d'une réunion à Douala, la métropole économique du Cameroun.

"Nous sommes très en retard. Le NEPAD est mis en oeuvre au Congo dans le cadre des infrastructures, un peu aussi dans les domaines sanitaire et de l'agriculture. Il y a beaucoup de recommandations. Les politiques parlent, mais dans la pratique on ne voit pas grand chose", a déclaré Firmine Mikinguita, directrice des institutions et organismes du NEPAD au ministère congolais de l'Economie, du Plan, de l'Aménagement du territoire et de l' Intégration.

"Au moment où le NEPAD est presque mouvant, on ne nous en parle pas. C'est maintenant qu'on essaie de voir un peu les mécanismes d' exécution de ce programme. Mais, nous espérerons toujours, parce que c'est un programme de l'Union africaine, c'est un programme des Africains", a-t-elle déploré.

Pour elle, le fond du problème réside dans l'absence de communication.

"Il y a des stratégies qui sont conçues et sont mises en application. Il faut effectivement les faire connaître jusqu'à la base. Si les décisions se prennent seulement à un niveau supérieur, c'est-à-dire continental, que deviendra la population? Que feront les populations rurales?".

Mme Mikinguita soutient que globalement l'Afrique centrale est à la traîne sur ce registre.

"On plaint l'Afrique centrale et nous-mêmes aussi nous nous plaignons, parce que les décisions sont prises à un niveau continental. Il s'avère que l'Afrique centrale est très lente dans l'exécution des projets par rapport à l'Afrique de l'Ouest qu'on prend en exemple", a-t-elle affirmé.

Pour l'expert camerounais en technologies de l'information et de la communication Michel Towa, l'Afrique centrale, à la différence de l'Afrique de l'Ouest, est très peu présente dans les organismes internationaux où les décisions sont prises.

Il prend le cas de la gouvernance de l'Internet, citant la création d'un groupe de conseillers autour du secrétaire général des Nations Unies.

"Depuis 2006, l'on a dénombré une quarantaine de participations africaines. A elle seule, l'Afrique de l'Ouest en a aligné une vingtaine, parmi lesquelles 9 Sénégalais".

Pour sa part, l'Afrique centrale se distingue par une participation unique, enregistrée tardivement en 2009 : un ressortissant burundais, guide M. Towa.

Conséquence : pour le cas du NEPAD, l'Afrique de l'Ouest, dès qu'il y a une recommandation, tombe dessus, selon Mme Mikinguita. "Elle gagne beaucoup de ce programme", a-t-elle relevé.

Il est en effet démontré que l'Afrique centrale, longtemps freinée déjà par des querelles de leadership entre les dirigeants des pays de la région et l'absence d'une véritable stratégie de développement et d'intégration régionale, a une faible capacité de lobbying auprès des organisations internationales, contrairement aux autres régions du continent.

"En ce qui concerne le NEPAD, l'Afrique centrale n'a pas été bien touchée par rapport à ce qui a été décidé il y a près de 10 ans. La République centrafricaine a suivi un peu ces activités-là en étant plus éloignée des centres de décision", a admis de son côté le Centrafricain Dominique Guerematchi, ambassadeur conseiller du ministre des Affaires étrangères, de l'Intégration et de la Francophonie de son pays en matière d'économie et d' intégration régionale.

Mais, depuis le changement politique de mars 2003, le nouveau pouvoir dirigé par François Bozizé "cherche absolument à avoir une place dans le concert des nations, particulièrement en Afrique centrale", a-t-il expliqué.

Autrement dit, "la République centrafricaine s'intéresse réellement aux activités du NEPAD et nous sommes en train de voir comment nous approprier toutes les propositions émanant" de ce programme.

Bien qu'en avouant un manque de communication, le directeur du bureau sous-régional pour l'Afrique centrale à Yaoundé au Cameroun de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique, Mamadou Hachim Koumaré, soutient cependant qu'il y a eu beaucoup de réalisations, dans les domaines des infrastructures et d'autres secteurs.

"Sur les 14 projets qui ont été recensés dans le cadre du plan d'action à court terme du NEPAD, il y en a au moins 6 qui ont déjà un début d'exécution", a-t-il affirmé.

"Vous avez le projet de la route-rail entre les deux Congo ( Congo-Brazzaville et République démocratique du Congo), le pont entre la RCA (République centrafricaine) et la République démocratique du Congo (RDC)", a-t-il précisé.

Il a cité deux projets d'interconnexion électrique entre la RCA et la RDC, puis entre le Tchad et le Cameroun. Y figurent aussi deux autres projets de route entre le Congo et le Cameroun, et entre le Cameroun et la Guinée équatoriale.

"Vous avez en plus les financements qui sont en cours pour la réhabilitation du barrage d'Inga (en RDC)", a-t-il ajouté.

© Copyright Xinhuanet

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