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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Kiseguro /Nord-Kivu : Les forces spéciales rwandaises cèdent au M23 leurs positions abandonnées

5 Septembre 2012 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Actualités

Source: L'Observateur

A leur départ vendredi 31 août, les forces spéciales rwandaises ont procédé à la remise et reprise avec les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) en leur cédant les positions militaires qu'elles ont occupées à Kiseguro, à environ vingt kilomètres au Nord-Est du chef-lieu du territoire de Rutshuru dans la province du Nord-Kivu. Question d'assurer leurs arrières pour que l'avant retrait demeure l'après retrait.

Les forces spéciales rwandaises parties, on renseigne que les rebelles du M23, des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) et les Maï-Maï se partagent l'axe Kiwanja-Nyamilima-Ishasha, chacun occupant un axe bien précis. Alors que les mutins du M23 basés au chef-lieu du territoire, contrôlent Rutshuru jusqu'à Kiseguro, les FDLR,eux, contrôlent la partie nord de Kiseguro depuis Katwiguru jusqu'à Buramba, puis du nord de Nyamilima jusqu'à Ishasha. Les miliciens Maï-Maï , par contre, occupent toujours Nyamilima.

Déployées depuis février 2011 à Rutshuru pour la traque des FDLR, les forces spéciales rwandaises se sont retirées depuis vendredi 31 août des villages de Katwiguru, Kiseguro et Kaunga dans le territoire de Rutshuru, à la suite de la campagne musclée de dénonciations et d'accusations menée par la RDC contre le soutien du Rwanda aux rebelles du M23.

Certaines sources de la société civile du Nord-Kivu renseignent qu'après le départ des forces spéciales rwandaises, les FDLR ont occupé samedi 1er septembre Kiseguro, une des positions abandonnées, avant que les rebelles du M23 ne les y  délogent lundi 3 septembre, apparemment sans combats.

Cette situation d'insécurité inquiète la population civile basée sur l'axe Kiseguro jusqu'à Buramba, car craignant des affrontements entre les rebelles du M23 et les FDLR. La rentrée scolaire a même été perturbée dans cette partie.

Les chefs de l'Etat des Grands Lacs vont se retrouver cette semaine à Kampala, en Ouganda, pour valider les modalités de la composition et d'une force internationale neutre à déployer le long de la frontière entre le Rwanda et la RDC pour lutter contre les groupes armés qui pullulent dans cette zone et qui ne cessent de rendre cette partie du territoire congolais invivable tant l'insécurité causée par leur activisme reste le lot quotidien d'une population en perpétuelle errance.

Le principe de cette force neutre a été levé fin juillet au cours d'une réunion des Chefs d'Etat de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL) tenue en marge du sommet de l'Union africaine.

 

La société civile pour le déploiement des " meilleurs militaires congolais "

Dans une lettre ouverte adressée au chef de l'Etat, Joseph Kabila, vendredi 31 août, trente-deux organisations de  la société civile congolaise affirment ne pas croire en l'efficacité d'une force internationale neutre qui doit être déployée entre la RDC et le Rwanda pour lutter contre les groupes armés actifs dans cette partie du continent notamment les rébellions du Mouvement du 23 mars (M23) et des FDLR.

Ces organisations proposent de confier cette mission aux " meilleurs militaires congolais ". La composition et les modalités de déploiement de cette force devraient être discutées les 6 et 7 septembre prochains à Kampala par les chefs d'Etat des pays des Grands lacs.

Dans cette lettre intitulée " La république est agressée, on n'a pas à être neutre pour défendre sa souveraineté et son intégrité ", ces organisations demandent à Joseph Kabila de confier la mission de cette force internationale aux unités militaires formées par des partenaires de la RDC associées aux " autres meilleurs soldats " congolais.

" Il suffira de les mettre sous un commandement réaménagé  et de les doter des moyens financiers, matériels  et techniques nécessaires ", pense Maître Mobert N'senga, coordonateur de l'organisation Civis- Congo, signataires de la lettre.

La société civile demande également à la Monusco d'appliquer, en cas de besoin, le chapitre VII de la charte des Nations unies qui permet, après un vote au Conseil de sécurité, l'entrée en guerre des troupes onusiennes.

Par ailleurs, ces organisations recommandent le gel des avoirs des commandants du Mouvement du 23 mars (M23), rébellion créée par des mutins de l'armée congolaise au mois de mai dernier.

L'esprit de la lettre ouverte de la société civile tranche avec l'idée de la Force neutre internationale qui exclut, dans la composition de troupes devant la former, celles de certains pays, dont celles de la RDC notamment.

Kléber Kungu

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