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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Kagame en lutte contre les vivants et les morts

22 Mars 2010 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Newsletters

Billet d'humeur d'Eugène Shimamungu (Newsletter n°25)

La profanation de la tombe du Président Mbonyumutwa et de la résidence du Président Kayibanda montre le caractère démoniaque du pouvoir de Kigali

On n’a jamais montré suffisamment le caractère morbide de Kagame pour qui une vie humaine (sauf peut-être la sienne) est totalement insignifiante. Depuis l’école primaire, Paul Kagame est appelé « Kagome » c’est-à-dire le « méchant absolu » par ses condisciples. Il aura l’occasion d’exercer ce caractère à la célèbre KagameC_gusya_kaga.jpgprison de Basiima House où en tant que Directeur Adjoint des renseignements militaires, il mène des interrogatoires musclés, torture et tue des opposants ougandais. Un ancien agent de la sécurité ougandaise rapporte (Jeune Afrique 1749, p.12) « c’est un type très méchant pour qui la vie humaine ne vaut rien et qui a torturé des opposants (…), il faut se méfier de lui ». De fait, les méthodes de torture qu’il introduit dans la sécurité ougandaise inquiètent : étouffement des victimes par des sachets plastiques au tour de la tête attachés au niveau du cou, chocs électriques sur les parties génitales, suspension de poids sur les parties génitales qui occasionnent la mort ou des dommages psychiques et physiologiques permanents. Il y a aussi la torture qui consiste à faire fondre le plastique par la chaleur dans l’oreille de la victime ce qui occasionne la surdité immédiate. C’est lui qui a introduit l’ « akandooya » technique de torture décrite ainsi par un rapport d’Amnesty International sur l’Ouganda (1986-1989, p.54) :

(…) méthode la plus connue et la plus répandue dans l’armée ougandaise, la National Resistence Army (NRA), qui consiste à attacher les bras de la victime dans le dos, au-dessus des coudes (…) ; parfois on attache également les jambes derrière le dos et on les suspend en l’air (torture dite de la « valise » ou de l’ « attaché-case »).

Le FPR Inkotanyi mettra ces techniques en pratique, ainsi que plusieurs autres inventées tout au long de sa guérilla meurtrière : ainsi on trouvera de temps en temps sur son passage des femmes enceintes éventrées, des fœtus pilés, des bébés fracassés contre le mur, des personnes démembrées par étirement etc. Des pratiques inhumaines dignes d’un film d’horreurs. Le FPR a ainsi cultivé la futilité de la vie humaine surtout de celle de ses opposants et l’irrévérence envers les morts par le fait de ne jamais les laisser reposer en paix.

Arrivé au pouvoir, le FPR a continué ces pratiques tout en les utilisant pour la propagande : ainsi le fait de déterrer des ossements humains, les faire laver, et les étaler sur la place publique au mausolée de Gisozi et dans plusieurs autres lieux, alors qu’une simple stèle commémorative aurait amplement suffi. C’est dans ce cadre également que les autorités ont ordonné à la famille Mbonyumutwa d’exhumer la tombe de leur aïeul, c’est dans ce cadre également que ces mêmes autorités ont affirmé, avant de se dédire, avoir trouvé des grenades dans l’ancienne résidence du Président Kayibanda. On assiste là à la destruction de la mémoire de ces illustres combattants pour la liberté. Du coup l’on peut se dire que la famille Habyarimana a eu raison de ne pas enterrer l’enterrer sur le sol rwandais.Que serait-t-il advenu de son cadavre si le FPR l'avait trouvé au Rwanda?!!!

 

L’opposition muselée

Ainsi les opposants actuels au régime dictatorial de Kagame n’ont qu’à bien se tenir. A l’approche de l’élection présidentielle en août prochain, Paul Kagame, n’hésitera pas à utiliser les moyens les plus extrêmes pour museler l’opposition. Ainsi le rapt de Déo Mushayidi au Burundi et son extradition manu militari par les services secrets burundais pieds et poings liés aux sbires de Kagame, démontre à qui veut savoir que tout est possible surtout dans les pays qui ont promis la collaboration avec le Rwanda. Nul opposant ne doit se sentir en sécurité au Rwanda, en Afrique, en Europe ou ailleurs. Même la patrie des droits humains, par la voix de son Président Nicolas Sarkozy, a accepté de fouler aux pieds ses principes de justice devenus universels pour collaborer avec le criminel le plus sanglant de l’Histoire pour récolter les dividendes du pillage des ressources minières du Congo.  La mise en cause, sous l’instigation du boucher de Kigali, d’une veuve éplorée dans l’attentat de son mari, n’est que l’illustration de la bassesse dans laquelle la justice française a accepté de plonger la main. La France pourrait même envisager l’extradition de Rwandais vers le pays où les droits humains sont les moins respectés au monde. Or, le cas Joseph Ntawangundi le collaborateur de la candidate Victoire Ingabire montre également qu’aucun Rwandais ne peut exercer librement son droit de citoyen sans se faire taxer de génocidaire. Actuellement le musèlement de l’opposition est quasiment total. Le dernier espoir de présentation de candidat libre en la personne de Bernard Ntaganda du PS-Imberakuri vient d’être annihilé par un coup de force alimenté de l’intérieur par le FPR pour renverser Me Ntaganda de la tête de son parti. Les FDU ont été interdits de tenue de congrès inaugural devant leur permettre de s’inscrire en tant que parti politique. Et rien n’empêchera la candidate auto-désignée de se retrouver devant les Tribunaux rwandais pour répondre de ses propos prononcés dès la descente de son avion. Mission terminée pour Victoire Ingabire.  Elle a pu, pour un petit instant, faire peur au dictateur de Kigali. Plus de peur que de mal. Elle devrait chercher maintenant, avant qu'il ne soit trop tard, à plier bagage pour s’extirper du piège dans lequel elle s’est jeté toute seule. Oublier surtout Joseph Ntawangundi dans les geôles de Kagame, puisqu’elle ne peut plus rien faire pour lui après l’avoir renié.

 

Eugène Shimamungu  

www.editions-sources-du-nil.fr

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