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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Kabila père : l’alibi congolais des Rwandais

22 Juin 2010 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Biographies


(RTBF 22/06/2010)


Chaque jour et pendant 50 jours, replongez-vous dans nos archives du Congo avec un guide exceptionnel : Frédéric François, qui a suivi de près, comme journaliste, la petite et la grande histoire du Congo et du Zaïre.

Souvenez-vous, nous avons déjà rencontré ce Kabila dans notre périple historique. Lorsque, peu après la mort de Lumumba, après avoir participé pendant quelques mois au gouvernement central de Cyrille Adoula, Christophe Gbenye avait mis en place un gouvernement lumumbiste à Brazzaville ; Laurent-Désiré Kabila en était.

Il a même été envoyé en même temps que Soumaliot à Bujumbura, au Burundi, pour y préparer la "libération" du Nord Katanga dont il était originaire.

Après la défaite de la rébellion en 1964, Kabila était revenu dans sa région et durant des décennies, il y avait maintenu une petite rébellion jamais réduite par l'armée de Mobutu. Che Guevara, qui s'intéressait à ces mouvements de rébellions en Afrique, l'avait rencontré et avait été assez déçu d'un homme qui, disait-il, n'était pas fiable.

C'est en 1996 que l'heure de Kabila va sonner. Les Rwandais, exacerbés par les attaques incessantes des anciens génocidaires et des anciens soldats des FAR (forces armées rwandaises) chassés en 1994 par les Tutsis de Kagamé, décident d'envahir l'est du Zaïre.

Mais, pour éviter des complications internationales ils veulent donner à cette invasion l'image d'un mouvement qui cherche à libérer le Zaïre. Pour cela il lui faut un alibi congolais : ce sera Laurent Kabila, l'éternel rebelle jamais soumis.

L'opération démarre fin 1966 et très vite l'AFDL, le mouvement créé de toute pièce pour la circonstance et dirigé par Kabila, s'empare du Kivu, et fait de Goma sa capitale. Kabila s'installe d'ailleurs dans la villa que Mobutu s'était fait construire sur les bords du lac Kivu. C'est là qu'il rencontre une première fois la presse internationale. Très à l'aise.

Dans les régions "libérées" on se méfie aussi ; on ne veut pas d'une occupation rwandaise. Certes on se félicite que les libérateurs aient chassé la soldatesque de Mobutu qui ne savait que piller, rançonner, violer. Mais on veut être sûrs que Kabila mène bien une révolution nationale et qu'il ira jusqu'à Kinshasa.



Frédéric François

© Copyright RTBF

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