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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Kabila, dépassé, s’en remet aux sectes religieuses

21 Juillet 2011 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Ressources et environnement


mercredi 20 juillet 2011 Botowamungu Kalome (AEM)

Source: AEM

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Joseph Kabila va boucler son premier mandat de cinq ans de président élu au suffrage universel. Cela après, il convient de le rappeler, une première présidence qui a duré autant. Entre les discours souvent simplistes des vuvuzelistes des Cinq Chantiers et les pourfendeurs à la mauvaise foi viscérale de ce qu’est et de tout ce qu’entreprendrait Joseph Kabila, il demeure un large espace où les faits, rien que des faits, parlent objectivement. Quelquefois en faveur du président sortant pour certaines avancées tangibles, mais pas toujours… À l’aube du 51ème anniversaire, la presse congolaise avait fourni deux perles que je ne peux m’empêcher de reprendre. Là où, partout au monde, les politiques s’appuieraient sur des économistes, des scientifiques, une armée et une police intègres et fiables, le régime de Joseph Kabila préfère s’appuyer sur l’irrationnel, sur les sectes religieuses.


Pour deux des chantiers majeurs de son quinquennat, la sécurité et la santé, les options choisies par le régime de Kinshasa mériteraient qu’on s’y attarde comme l’a fait, les 28 et 29 juin 2011, le webzine Digitalcongo.net. La première illustration est donnée par un officier supérieur qui a la police dans ses attributions : « Des policiers bagarreurs qui se disputent le volant avec des chauffeurs, qui avec hargne, arrêtent des véhicules au beau milieu de la chaussée, qui opèrent en état d’ébriété, qui font de la répression un problème personnel, qui crachent sur les conducteurs et les injurient proprement… L’inspecteur divisionnaire adjoint, le général Oleko Komba, fervent chrétien, croit percevoir dans tous ces comportements répréhensibles, un esprit maléfique qui s’est emparé de la Police spéciale de roulage et a peut-être envoûté bon nombre de policiers. À cet effet, il envisage d’affecter auprès de cette unité spécialisée, dans les tout prochains jours, un aumônier qui aura pour double tâche d’organiser d’abord, des séances de prières de délivrance et par la suite, de désenvoûter les policiers. Car, pense-t-il, il est incompréhensible qu’il revienne toujours sur les "mêmes" conseils et qu’il ne soit pas suivi dans ses exhortations. ». Notre cher général a juste oublié d’ajouter que ce comportement était incompréhensible vu les salaires corrects que l’État verse à ces policiers et surtout vu l’exemple de probité morale que donnent la classe politique et les officiers supérieurs, leur train de vie modeste ainsi que leur aversion pour la corruption.

Dans le même article, le patron de la police de la ville de Kinshasa démontre, à son corps défendant, que la politique de « Tolérance zéro » proclamée par Joseph Kabila n’est qu’un slogan creux : « Le général Oleko n’a pas manqué non plus de fustiger le phénomène des voleurs à main armée et autres malfaiteurs appréhendés par les différentes unités de la police, transférés au parquet et qui reviennent narguer les officiers de police judiciaire. Dès qu’ils commettent de nouveaux faits, la police ne doit pas croiser les bras et laisser faire. Arrêtez-les autant des fois qu’il sera possible, a martelé l’inspecteur divisionnaire adjoint Oleko, avant d’ajouter que ces malfrats seront transférés aux parquets jusqu’à ce que leurs parrains se fatigueront de les soutenir ou d’intervenir en leur faveur. ». C’est donc officiel, les voleurs à main armée et autres malfaiteurs dangereux sont soutenus par des hommes de pouvoir que personne ne peut inquiéter…


Quand le gouvernement proclame des pasteurs « inventeurs », « savants » et valide des médicaments prétendument miraculeux

Côté santé, point besoin de construire, de réhabiliter et d’équiper les hôpitaux et les dispensaires, le gouvernement a trouvé ses messies qui proposent la panacée comme le signalait un autre article repris par le même Digitalcongo.net : « Le ministère congolais de la Recherche scientifique a décerné un brevet d’invention à l’Église « Liloba na Nzambe » pour avoir inventé un produit thérapeutique « Jus » qui a fait ses preuves tant en RDC qu’en Belgique, en Afrique du Sud et au Canada, a indiqué l’évêque général Ukudji Marcel, conseiller chargé de l’œcuménisme et de l’éthique audit ministère. (…) Selon l’évêque général Ukudji, grâce à sa véracité et au caractère curatif du « Jus », le ministère de la Recherche Scientifique a autorisé l’Église « Liloba » de l’exposer et de le mettre à la disposition du grand public. Le même ministère a, en outre, plébiscité le Chef spirituel et Représentant légal de cette église, Khonde Mpolo Dominique, savant et « grand » prophète à cause de l’innovation de sa liturgie et de l’originalité de ses cantiques jugées comme une découverte authentique. »

Ce n’est plus le ministère de la recherche scientifique mais celui de la promotion du charlatanisme qui autorise la mise sur le marché d’un médicament sans aucune analyse de toxicologie, sans les nécessaires tests d’efficacité qu’exigerait n’importe quel pays normal ou plutôt n’importe quel pays dirigé par un gouvernement normal. Il y a quelques mois, un conseiller de Kabila était allé féliciter un autre pasteur qui affirmait avoir mis au point un médicament qui guérit du sida ! Rien que ça ! Cette fois là, c’était un journaliste de l’Agence Congo-Presse qui avait repris, avec enthousiasme et emphase, cette déclaration. Ça rassure, le journalisme serait à l’image du pays et marcherait aussi sur la tête…|Botowamungu Kalome (AEM)

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