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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Général Lafontaine : « pour la paix au Kivu, nous verrons avec le gouvernement comment traiter de la question FDLR »

22 Mars 2010 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Actualités

Les Coulisses n°213

Reddition de PARECO

Général Lafontaine : « pour la paix au Kivu, nous verrons avec le gouvernement comment traiter de la question FDLR »

Depuis le 26 février 2010, le Grand Général Maï-Maï Kakule Sikuli alias Lafontaine a rejoint le gouvernement Kabila à partir de Goma. Il dit se disponibiliser pour la nation.

Cette fois-ci sans condition. Notre Rédaction l’a joint et il livre ici ses préoccupations.

 

Les Coulisses : Général Lafontaine, comment expliquer votre présence à Goma alors que vous êtes censé être en brousse avec vos hommes du PARECO ?

 

Kakule Sikuli Lafontaine : Suis dans la ville de Goma depuis le vendredi 26 février 2010. Je réponds à l’appel du Chef de l’Etat Joseph Kabila ; à celui du gouverneur de province aussi et enfin à celui de ma communauté pour réfléchir sur la paix. J’attends que le gouverneur Julien Paluku qui est descendu à Kinshasa depuis vendredi 12 mars 2010 rentre avec une bonne suite pour le reste de notre action.

 

L.C. : Général, vous répondez à cet appel sans des préalables ? Qu’est-ce qui a changé depuis pour que le PARECO fasse confiance aujourd’hui au gouvernement ?

 

K.S.L. : Ils veulent que nous traitions de la paix et le PARECO dit oui. Nous y venons sans condition, sans préalable. Nous savons que le gouvernement est plein de contradictions dans ses positions mais nous espérons que les choses vont évoluer positivement. Le gouvernement a déjà agréé le parti politique PARECO. Nous croyons que petit à petit, il va répondre à notre cahier de charge.

 

L.C. : Général, votre reddition est paradoxale quand même. Vous êtes accusé de pactiser avec les FDLR et vous voilà avec les FARDC. Comment expliquez-vous cela ?

 

K.S.L. : Notre présence répond à un besoin, celui de la sécurité à l’Est du Congo. Et nous sommes déterminés à y contribuer.

Quant aux FDLR, il n’y a pas de raison de jeter la pierre au PARECO car eux-mêmes sont avec les FDLR. Les FARDC sont une armée composée de beaucoup de nationalités. En son sein, on compte des Rwandais, des Burundais, des Ougandais. Le PARECO ne doit pas porter cette responsabilité toute seule. Cela ne va pas. Comme quoi, qui n’a jamais péché jette le premier la pierre.

Ce qu’il faut rechercher maintenant c’est la paix toujours troublée par le gouvernement. Et comme il nous dit qu’il est prêt à ramener cette paix, alors nous y adhérons.

 

L.C. : Qu’est-ce qui est souvent, selon vous, à la base de tous les échecs de négociation ?

 

K.S.L. : Depuis la prise en charge des compatriotes qui veulent ramener la paix dans la région, le gouvernement esquive tout et finit par tergiverser.

Au gouvernement, certaines personnes pensent que nous venons ravir leurs postes ou leurs places. Ils trouvent en nous des concurrents redoutables. Or, notre souci se résume en la paix au Kivu pour donner la chance à notre pays de décoller.

Notamment, le gouvernement devait se comporter en responsable.

Notre position est ferme : on ne veut pas de la guerre qui profite aux voisins et à certains Congolais.

Nous quittons notre maquis pour la paix, une paix durable.

 

L.C. : Général, connaissant le gouvernement que ferez-vous si vous êtes déçus ?

 

K.S.L. : Nous sommes déterminés. Je ne retourne plus en brousse. Une démarche à sens unique. Ils vont me gérer ici à Goma tout comme le PARECO sera désormais géré à Goma.

Je suis accompagné d’une dizaine de mes hommes sortis avec moi. On attendra l’intégration qui dans la police, qui dans les FARDC, qui dans l’administration.

N’est-ce pas que nous avons montré notre patriotisme. On attend la réaction du gouvernement.

 

L.C. : Général Lafontaine, quel message enverrez-vous à la population qui vous a soutenu et aux FDLR que vous soutenez ?

 

K.S.L. : Le message est unique : nous n’allons plus retourner en brousse. Nous demandons à la population du calme car notre démarche est dans l’intérêt de la province.

Quant au problème des FDLR, nous devrions voir ensemble avec le gouvernement et la communauté internationale comment traiter la question FDLR.

Il faut reconnaître que c’est une question que je maîtrise mieux et de ce fait, je suis mieux placé pour la traiter. Si l’on tient à la fin de l’insécurité dans le Kivu, on devra nous écouter et prendre en compte tous les contours de ces dossiers. Nous allons nous y mettre.

Propos recueillis par

Nicaise K. Oka

Ce 12 mars 2010

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