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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Général Amuli : « Nous continuons la traque des FDLR cette fois-ci avec la participation de la population civile »

22 Mars 2010 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Actualités

Les Coulisses n°213

Opérations Amani Leo

Une forte délégation de l’Etat-major Zops Amani Leo conduite par le général Amuli Bahiga, Coordonnateur des opérations Amani Leo a séjourné dans le Grand nord (Beni – Lubero) du 3 au 7 mars 2010 jusqu’à la frontière de Kasindi. Le général Amuli était accompagné du général Vainqueur Mayala, Commandant 8e région militaire (Nord-Kivu).

La Rédaction du journal Les Coulisses s'est entretenu avec le Coordonnateur des opérations Amani Leo. Ci-contre la sève dudit entretien.

Les Coulisses : Mon Général, peut-on connaître l’objet de votre présence à Beni ce jour ?

 

Général Amuli B : Nous sommes ici dans le cadre d’une visite d’inspection dans le Grand nord. Cela nous permet aussi d’expliquer à la population civile d’un côté et aux militaires de l’autre, ce que c’est Amani Leo. Vous savez que nous sommes dans les opérations Amani Leo depuis le début de l’année 2010.

Kimia II s’était arrêté au mois de décembre 2009.

Amani Leo comme Kimia II, c’est toujours continuer les opérations de traque des FDLR mais cette fois ci avec beaucoup d’efficacité.

Voilà pourquoi il nous faut expliquer clairement ce que signifient ces opérations.

 

L.C. : Mon Général, concrètement qu’est-ce que les militaires et la population civile doivent retenir ?

 

G.A.B. : Civils est militaires doivent désormais comprendre que dans le cadre des opérations Amani Leo, nous devons sceller le mariage, être en cohabitation très étroite entre la population civile et les Fardc. Car, c’est Amani (la paix) que nous recherchons. Et c’est pour cette population qui a tant souffert que nous sommes là.

 

L.C. : Quelle différence établissez-vous alors entre Kimia II et Amani Leo ?

 

G.A.B. : La différence, c’est notamment dans la nouvelle conception. Dans Kimia II, nous étions seuls avec le soutien logistique de la Monuc, c’est-à-dire des opérations conjointes FARDC/Monuc.

Dans Amani Leo, nous (la Monuc et les Fardc) intégrons la population civile.

Ici, la population civile doit prendre une part active dans ces opérations. Comme on est presque à la fin de cette opération d’éradication des FDLR, la population doit s’approprier cette victoire. C’est pour elle et elle seule. Et pour y arriver, il le faut nécessairement avec son concours, sa participation. C’est cela la grande différence.

 

L.C. : Mon Général, comment faire cohabiter la population et les Fardc avec tout ce que vous savez ?

 

G.A.B. : Oui, nous savons que pour amener la population à porter les Fardc dans son cœur comme son armée, notre armée républicaine et faire réellement confiance en elles, il faut que l’armée arrive à changer de comportement vis-à-vis de la population. Le nouveau regard, c’est respecter les droits humains et que nous arrivions réellement à protéger la population et ses biens. C’est cela la cohabitation.

 

L.C. : Mon Général, peut-on connaître le bilan mieux l’évaluation de Amani Leo ?

 

G.A.B. : Oui. Même à l’issue des opérations Kimia II, nous avions fait l’évaluation à Matadi avec les Chef d’Etat-major du Rwanda, du Burundi et de la RDC (Gén. Didier Etumba) avec la Monuc.

Tous étaient unanimes à reconnaître que le bilan de Kimia II était largement positif.

 

L.C. : Pouvez-vous donner quelques faits qui l’attestent, Mon Général ?

 

G.A.B. : Dans lesdites opérations, nous sommes arrivés à démanteler tous les sanctuaires, toutes les défensives des FDLR. Aujourd’hui, les FDLR sont restés en petits groupes très mobiles dans la forêt, poussés dans leur dernier retranchement, très mobiles en quête de survie.

Deuxièmement, dans le cadre de mêmes opérations, nous avions réussi à ouvrir les grands axes jadis sous contrôle des FDLR qui semaient l’insécurité jusque là. Aujourd’hui, beaucoup d’axes dans les provinces du Sud et Nord-Kivu sont ouverts, praticables et sécurisés par les Fardc.

Troisièmement, nous avons aussi réussi à dégager les FDLR dans beaucoup de carrés miniers qu’ils exploitaient librement, en toute impunité et utilisaient nos minerais pour soutenir les actes terroristes et criminels qu’ils mènent sur notre territoire.

Quatrièmement, nous avons aussi libéré beaucoup de localités sous contrôle des FDLR.

Au début des opérations, il y a des chefs de groupements qui se plaignaient par exemple pour 7 villages d’un groupement, il ne contrôlait que 3. Le reste étant entre les mains des FDLR. Aujourd’hui, beaucoup de Chefs de groupements visitent tous les villages de leurs groupements. Voyez-vous, on peut allonger la liste des faits qui constituent le bilan positif de Kimia II. Dans les opérations Amani Leo, puisque pour nous, c’est le dernier virage que nous ne devons pas rater, nous devons intensifier les mêmes opérations pour éradiquer définitivement le phénomène Fdlr.

 

L.C. : On attribue régulièrement aux Fardc de nombreuses violations des droits humains. Quel message en terme d’appel à l’arrêt desdites pratiques que vous adressez aux Fardc pour rassurer la population civile ?

 

G.A.B. : Le message important, c’est que tous les officiers doivent se tenir la main pour lutter contre ces violations des droits de l’homme qu’on signale ça et là, dans le rang de nos unités. Le respect des droits humains reste pour nous le cheval de bataille pendant ces opérations Amani Leo, et la protection des populations et des biens, le devoir sacré.

Il faut que les officiers tiennent les hommes de troupes en mains afin que les droits de l’homme soient absolument préservés.

Il ne faut pas qu’on revienne encore à des pratiques comme le viol des femmes ; il ne faut pas qu’on érige encore des barrières pour rançonner la population. On sait que les opérations sont difficiles mais les travaux forcés sont interdits dans le rang des Fardc. Nous luttons contre ces antivaleurs pour qu’on arrive à considérer les civils comme des humains comme nous et respecter le droit de chacun.

Entretien à bâtons rompus

avec Nicaise Kibel’Bel Oka

Beni, ce 7 mars 2010

 

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