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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Devant la Cour suprême du Rwanda, Affaire Nkunda : James Kabarehe à la barre

4 Mars 2010 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Justice et Droits de l'homme


(L'Avenir Quotidien 03/03/2010)


*Les avocats de Nkundabatware accusent le chef d’Etat-major rwandais, James Kabarehe d’avoir arrêté leur client pour rien. *Dans cette affaire, il faut noter le silence étonnant des Ong qui ne font aucune pression sur Kigali afin que Nkunda soit rendu à son juge naturel afin de répondre des crimes mis sur son dos. *Pendant ce temps, ces Ong, HRW en tête s’octroient le droit de gérer les Fardc en exigeant la suspension du lieutenant-colonel Zimurinda. *Avec cette demande de la suspension du lieutenant-colonel Zimurinda, on connaît la source de la fausse information selon laquelle la Monuc se serait désengagée de l’opération « Amani leo » et exigerait la suspension de quelques officiers des Fardc. Ce sont les Ong qui avaient voulu manipuler l’opinion au nom de la Monuc.

Le procès Nkundabatware aura-t-il lieu ? On se pose cette question en oubliant cette fois ce qui occupait les esprits hier. Quelle justice doit juger l’ancien chef rebelle du Cndp ? Il y a une année que Laurent Nkundabatware, à la suite du changement de la donne dans la région des Grands Lacs, est détenu au Rwanda après que ses hommes, sous la direction de Bosco Ntaganda, chef d’Etat-major du Cndp, l’aient abandonné. C’est depuis une année que l’on attend le transfèrement de ce chef rebelle. Le chef de l’Etat congolais Joseph Kabila était le premier à faire comprendre que le transfèrement de Nkundabatware ne sera pas facile. Au cours d’un point de presse et répondant à une question de journaliste, le chef de l’Etat avait déclaré que « Nkunda n’était pas un sac de haricots que l’on pouvait mettre dans un avion » et rien de plus. Le temps qui passe démontre que l’équation n’était pas facile à résoudre. Connaissant l’embarras dans lequel se trouvaient les autorités rwandaises, Kinshasa s’est interdit de faire pression sans renoncer à juger le chef rebelle par la justice congolaise.

James Kabarehe, un arroseur arrosé

Comme on devrait s’y attendre, le temps joue en faveur du prévenu. Ses avocats en profitent pour mettre la pression sur les dirigeants rwandais. Au lieu du procès Nkundabatware, c’est plutôt ce dernier qui veut faire de James Kabarehe, chef d’Etat-major rwandais « l’arroseur arrosé ». En effet, la chronique judiciaire au Rwanda est alimentée par la plainte que les avocats de Laurent Nkundabatware ont portée contre James Kabarehe pour avoir arrêté leur client. Pour les avocats, cette arrestation est illégale. Le fait que le procès soit loin de commencer est une preuve pour les avocats qu’il n’y a rien à reprocher à Nkundabatware.

Cela s’appelle prendre un raccourci. Si le procès Nkundabatware n’a pas lieu encore, ce n’est pas parce qu’il n’y aurait rien à lui reprocher, mais parce que les deux pays, considérations politiques et diplomatiques obligeant, ne se sont pas encore mis d’accord. Kigali qui a aboli la peine de mort, ne voulait pas, sans le dire officiellement, envoyer Nkunda dans un pays où il pourrait subir la peine capitale. Il y a plusieurs autres considérations qui entrent dans le cadre du cas de conscience dans le chef des dirigeants rwandais. Les avocats de Nkundabatware ont donc fait pression pour que Nkunda soit jugé. Mais, on ne sait pas comment pourront-ils y arriver par le procès de James Kabarehe.

En quelque sorte, les avocats ne veulent pas d’un jugement de Nkunda par la justice congolaise. Ils savent que s’il est vrai que Kigali n’a pas de charges à apporter contre l’ancien chef rebelle, la Rdc elle, en a. Les avocats de Laurent Nkundabatware veulent jouer au yoyo en oubliant que Kigali n’a pas arrêté Nkundabatware pour le tort qu’il aurait commis à ce pays, mais dans le cadre des accords entre les deux pays qui stipulent qu’aucun des pays ne pouvait servir de base arrière aux éléments perturbateurs de la paix dans les pays voisins. Laurent Nkundabatware n’est pas candidat au jugement par la justice rwandaise, mais il est candidat au transfèrement à la justice congolaise. Cela n’empêche que la justice rwandaise ait enregistré la plainte des avocats de Nkunda. La première audience devrait avoir lieu le lundi 1er mars dernier. Le fait que James Kabarehe qui avançait les raisons de calendrier n’avait pas comparu à la première audience du 13 janvier 2009, fait croire aux avocats qu’effectivement leur client aurait été arrêté pour rien.

Intimidation des dirigeants rwandais

On a l’impression que tout est mis en œuvre pour intimider les autorités rwandaises. C’est dans ce cadre que l’on met l’accent sur la prétendue popularité de Laurent Nkundabatware dans les milieux de l’armée rwandaise. En termes clairs, ceux qui prônent la fin de l’impunité et l’indépendance de la justice seraient prêts à soutenir l’impunité bâtie sur la popularité.

De même, on voudrait créer dans le chef des dirigeants rwandais un faux dilemme. Car, au nom de la justice, on ne voit pas pour quelle raison Kigali serait embarrassé de livrer Nkundabatware à la justice de son pays. Aujourd’hui, Kigali tient au jugement des génocidaires qui ont trouvé asile dans des pays tiers. Quel sera son comportement si l’un de ces pays refusait de livrer ces criminels ? Le procès que les avocats de Nkunda intentent contre le chef d’Etat-major rwandais, au lieu de constituer un problème, devrait plutôt pousser Kigali à jouer au Ponce Pilate en livrant Nkundabatware à la justice congolaise. Ses avocats n’auront qu’à traverser la frontière pour venir le défendre à Kinshasa ou partout ailleurs en Rdc où sera organisé ce procès. Donc, porter plainte contre James Kabarehe n’était pas dans l’intérêt de la famille de Nkundabatware. On fait de cette affaire un casse-tête judiciaire, parce qu’on ne veut pas transférer le prisonnier devant son juge naturel. Le silence des Ong

Lorsqu’on dénonce le parti pris et la manipulation politicienne de certaines Ong, d’aucuns y voient un acharnement. Aujourd’hui, il y a des Ong pour condamner les collaborateurs de Nkunda pour des crimes commis à l’Est de la Rdc, mais elles sont aphones devant le dossier Nkunda qui est pourtant l’auteur intellectuel de ces crimes. On s’attendait à ce que ces Ong montrent de l’empressement à voir le chef rebelle congolais devant la justice. Ces Ong se comportent comme si l’affaire Nkunda n’existait pas. Aucune pression sur Kigali pour l’amener à accélérer le processus judiciaire. Par contre, c’est non sans étonnement que l’on apprend que Human Rights Watch et une cinquantaine d’ Ong congolaises basées dans l’Est du pays, réclameraient la suspension du lieutenant-colonel Innocent Zimurinda, un officier des Fardc. Ces Ong estiment sans peur du ridicule, qu’elles ont le droit de gérer un domaine aussi important que celui de la défense d’un pays. Pour ce faire, elles ne reculent devant rien notamment la manipulation.

Le mensonge au nom de la Monuc

On comprend aujourd’hui que ce sont ces Ong qui avaient répandu la fausse information sur le prétendu désengagement de la Monuc de l’opération « Amani leo » pour cause que la gueule de certains officiers des Fardc ne lui plairait pas. Après que la Monuc et le gouvernement aient fait le point démentant cette information, ses auteurs sortent de l’ombre pour s’afficher sans honte. Au lieu de faire agir la Monuc, Anneke Van Woudenberg avec ses enfants de chœur se mettent désormais au devant de la scène pour officier leur messe noire. Cette dame qui n’a jamais fait un rapport sérieux à cause de vaines prétentions de se trouver sur une terre conquise, accuse le lieutenant-colonel Zimurinda du massacre de 129 réfugiés rwandais à Shali, à Masisi, en 2009, de massacre de Kiwanja en novembre 2008 et du massacre de Bohamba à Rusthuru. Pourquoi HRW ne dit-il rien sur Nkundabatware ?

Joachim Diana G.

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