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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Derrière le petit jeu de la clause de cessation du statut de réfugiés, la RDC a tout compris

23 Avril 2013 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Justice et Droits de l'homme


RDC-RWANDA: Muyej dit non à la politique de Paul Kagame
(La Prospérité 22/04/2013)

 
Pretoria à été choisi par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés(UNHCR) afin d'abriter la réunion ministérielle sur la stratégie globale relative aux solutions durables pour les réfugiés rwandais. Douze pays qui ont accueilli les réfugiés rwandais dans les vagues de 1959 à 1998 étaient représentés par leurs ministres de l'intérieur ou leurs délégués. Il s'agit du Burundi, de la RDC, de la République du Congo, du Kenya, du Malawi, du Mozambique, du Rwanda, de la République sud africaine, de l'Ouganda, de la Zambie et du Zimbabwe. Cette réunion de haut niveau s'est tenue sous la facilitation d'une forte équipe du HCR à la tête de laquelle se trouvait Mr Georges OKOTH-OBBO, Directeur du Bureau Régional pour l'Afrique. La question principale débattue dans cette réunion était de demander aux pays d'asile des réfugiés rwandais de tous les temps d'adhérer à la clause de cessation du statut des refugiés rwandais. Pour rappel, cette clause de cessation est une disposition prévue par la convention de Genève et à laquelle on fait recours lorsque le pays d'origine des réfugiés offre des conditions meilleures pour qu'aucun réfugié ne justifie plus sa présence à l'extérieur. Se servant ainsi de l'amélioration des conditions de vie sur son territoire, le Rwanda, à travers Mme Séraphine Mukantabana, Ministre en charge des catastrophes et des réfugiés appuyée par son Ambassadeur en RSA, Mr Vincent Karega, à tenté de démontrer que le Rwanda est un pays de paix totale, classé selon l'indice de développement humain parmi les meilleurs États d'Afrique. Et que pour cela ses compatriotes se trouvant encore en refuge n'ont plus de raisons valables de continuer à mener cette vie pénible. L'invocation de la clause de cessation du statut de réfugié, a poursuivi la Ministre Mukantabana, d'ici le 30 juin 2013, sera un occasion pour le Rwanda de considérer qu'il n'y a plus des réfugiés à l'extérieur du pays et que le gouvernement rwandais était prêt à accorder des passeports à ceux qui seraient identifiés. Elle a, par ailleurs, poursuivi que le Rwanda respecterait le choix de ceux qui voudraient acquérir la nationalité du pays d'asile. À cette occasion, les réactions ne se sont pas fait attendre quand les participants se sont interrogés sur les conditions réelles que rencontrent les populations rapatriées au Rwanda. Et les participants de se poser la question suivante:" si le Rwanda constitue déjà un paradis et que ses réfugiés vivent en enfer, pourquoi ne veulent-ils pas quitter l'enfer pour rejoindre le paradis? " Il a même été signalé que depuis l\'invocation de la clause de cessation, il s\'observe une panique générale dans les camps des réfugiés situés dans les douze pays cités devant ce que les réfugiés considèrent comme une manœuvre du gouvernement rwandais de contraindre à devenir des apatrides. Pour la RDC, Il n'est pas question d'adhérer à cette clause de cessation et le Ministre Muyey a proposer trois étapes pour y arriver à savoir: - organiser en urgence une réunion tripartite RDC-RWANDA-HCR en vue de l'évaluation et de la mise en œuvre effective de l'accord tripartite signé à Kigali, le 17 février 2010 et ses modalités pratiques, signées à Goma le 30 juillet 2010; - procéder, avec l'appui de la communauté internationale, à l\'enregistrement de tous les réfugiés rwandais vivant en RDC ; - prononcer la clause de cessation après la mise en œuvre de l'accord tripartite et de ses modalités pratiques en vue de permettre à tous les réfugiés de rentrer dans la dignité et la sécurité dans leur pays d\'origine. Pour le Ministre congolais de l\'intérieur, il y a encore une forte présence des réfugiés sur le territoire congolais. Les statistiques provisoires qui méritent une harmonisation avec le HCR démontrent qu'à Kinshasa il y a 67 réfugiés rwandais, au Katanga, 598 réfugiés, au Kasaï Oriental, 1584 réfugiés, à l'Equateur, 287 réfugiés, au Nord Kivu, 106.013 réfugiés et au Sud Kivu, 18.988 réfugiés rwandais; soit un total de 127.537 réfugiés rwandais encore présents en RDC. Tenant compte de ces chiffres et pour tous ces motifs, la RDC a, au cours des assises de Pretoria, rejeté l'invocation de la clause de cessation surtout tirant des leçons malheureuses de la signature avec l'Angola de cette même clause. Pour rappel, après que la RDC ait signé la clause de cessation du statut des réfugiés angolais, l'Angola a fermé ses frontières devant les nouvelles demandes de plus de 49.000 de ses réfugiés ayant exprimé l'intention de retour. La RDC à donc dit non et alors non à cette disposition du droit international pour ne donner lieu à la présence sur son sol des apatrides ou des gens qui se considérerait comme ayant acquis une nationalité congolaise de fait. La forte délégation congolaise était composée de: - Richard Muyej, Ministre de l'intérieur, - Pr Dr Berthe Zinga, Secrétaire Permanente de la Commission Nationale pour les Réfugiés, - Julien Paluku, Gouverneur du Nord Kivu, - Yav Tshibal, Vice Gouverneur du Katanga, - François Luboya, Noël Kikwa Mwatambanza et Kalala tous experts.

LPM

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