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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

CAN 2010 : le Togo sous le choc

11 Janvier 2010 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Actualités

C’est la consternation totale à Lomé. Deux Togolais sont morts après le mitraillage du bus qui transportait la sélection nationale, vendredi, par des rebelles du Front de libération de l’enclave de Cabinda (FLEC). Le bus a été criblé de balles alors qu’il franchissait la frontière entre le Congo et l’Angola, où se disputera la Coupe d’Afrique des Nations (CAN-2010). Le gouvernement a décidé que les Eperviers rentreront au pays où un deuil national de trois jours sera observé à partir de lundi.

 

L’onde de choc a atteint son paroxysme samedi, après que les Togolais ont appris le décès d’Abalo Amétélé, l’adjoint du sélectionneur Hubert Velud touché par une balle au niveau du ventre lors de l’attaque du bus, et de l’attaché de presse, Stan Ocloo, qui aussi a succombé à ses blessures. Le chauffeur angolais du bus est mort également, vendredi. D’autre part, le gardien Kodjovi Obilalé (joueur du club français de Pontivy), touché dans le bas du dos et à l’abdomen, a été évacué vers l’Afrique du Sud.

La nouvelle a fait le tour du Togo comme une traînée de poudre. L’amertume se lit sur tous les visages. « Je suis abattue par cette nouvelle. Je n’arrive pas à comprendre ce qui s’est passé », confie Maman Togo, Présidente d’un club de supporters de la sélection togolaise, visiblement choquée. « C’est une sage décision qu’a prise le gouvernement de faire rentrer les joueurs. Car dans cet état, je ne pense pas ce qu’ils pourront offrir comme jeu », affirme Marc De Souza, supporter des Eperviers.

Dans tous les coins de Lomé, le sujet est au centre des discussions et les commentaires vont bon train. « Il y a quelques années le Togo a perdu plus d’une vingtaine de ses fils dans le crash de Lungi en Sierra Leone. Cette plaie est encore béante, et un autre drame nous frappe. C’est terrible ! », commente un jeune supporter du quartier Kodjoviakopé où a vécu l’attaquant de Manchester City (club de 1ère division anglaise), Emmanuel Adébayor.

 

Un retrait douloureux

Le Togo a décidé, samedi, par la voix de son ministre de l’Administration territoriale et porte-parole du gouvernement, Pascal Bodjona, de se retirer de la Coupe d’Afrique des Nations Angola 2010 suite à cette sanglante attaque dont est victime la sélection togolaise. « Nous ne pouvons pas continuer dans ces circonstances la compétition de la CAN », a déclaré M. Bodjona au cours d’une conférence de presse à Lomé. Et d’ajouter : « Les Eperviers sont attendus à Lomé dans les prochaines heures ». Une décision confirmée ce dimanche par les autorités togolaises bien que les joueurs de la sélection aient formulé le désir de participer à la compétition.

En effet, pour la sélection togolaise, loin d’être une fête, ce retour sur leur décision de s’en aller s’expliquait par leur souhait d’honorer la mémoire des victimes de l’attaque. « C’est une décision qui a été prise à la quasi-unanimité par le groupe, qui s’est réuni dans la nuit et a décidé cela après avoir été rassuré par les autorités angolaises », ont-t-ils affirmé. Pour Alaixys Romao, le milieu togolais de Grenoble, pas question de s’éclipser. : il faut aller jusqu’au bout en hommage aux victimes. « Des personnes sont mortes pour cette CAN, d’autres sont blessées. On ne peut pas les abandonner et partir comme des lâches. Si on reste ici, c’est pour eux. Mais aussi pour ne pas donner satisfaction aux rebelles. Notre gouvernement n’est pas forcément d’accord avec nous mais nous sommes tous déterminés à jouer cette compétition », a-t-il affirmé. « Nous avons le cœur brisé, ce n’est plus une fête mais nous voulons porter haut nos couleurs, nos valeurs et montrer que nous sommes des hommes », a ajouté son coéquipier Thomas Dossèvi (attaquant du FC Nantes, club français de Ligue 1).

Le gouvernement togolais a demandé officiellement les excuses de la CAF pour des déclarations jugées « légères au regard de la gravité de l’attaque » commis vendredi sur la sélection togolaise, et confirmé dimanche matin l’annulation de la participation des Eperviers à la CAN 2010. « L’équipe doit rentrer. La décision du gouvernement est inchangée », a expliqué le Premier ministre du Togo Gilbert Fossoun Houngbo.

Le retrait de l’équipe nationale de la compétition en a déçu plus d’un. « Pour une première fois que l’équipe a réussi à régler ses problèmes de primes et a gagné tous ses matchs de préparation, on nous tire dessus », se désole Aimé Ekpé, directeur du bimensuel sportif togolais, L’Equipe Sportive. Mais la décision des autorités togolaises semble irrévocable. Elles ont, par ailleurs, décidé 3 jours de deuil national, à partir de lundi, en hommage aux « Martyrs de Cabinda ».

 

Source: www.afrik.com

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