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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Algérie-Rwanda (3-1) : Les Amavubi sans leurs dards

12 Octobre 2009 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Actualités

Les Fennecs impressionnants !

Source: sofoot.com

12 octobre 2009

L’Algérie qui mène la danse dans ce Groupe C, avec pourtant une Egypte initialement désignée comme super favori, ça n’a plus rien d’étonnant. En surclassant un Rwanda rugueux et accrocheur à Blida (3-1) l’Algérie a offert un football d’une rare qualité. Elle peut aborder l’Egypte-Algérie du 14 novembre prochain avec confiance. Même si les Pharaons n’ont sans doute pas dit leur dernier mot…

Attention, grande équipe ! Grande équipe. Au vu de la première mi-temps, la leçon de football du 11 d’Algérie avait quelque chose d’hallucinant. Avec leur maestria collective, les 45 premières minutes des Fennecs attestaient avec évidence qu’ils étaient la meilleure nation africaine actuelle. Un truc quasi unique. Irrésistible. Un mélange de rigueur tactique et physique européennes, un toque affolant servi par une haute technicité sud-américaine et une touche authentiquement « afro-maghrébine » : du dribble, de la fantaisie, du jeu instinctif porté sur l’offensive, des une-deux les yeux fermés, des courses croisées, des ballons dans l’intervalle, des projections ultra rapides sur les côtés, des tirs, des centres, des têtes… Du Barça en plus speed : les défenses coffre-fort à l’Allemande ou à l’Italienne auraient volé en éclats, ce dimanche soir ! L’Algérie nous réconcilie avec le football africain, le vrai : celui qui nous a longtemps fait fantasmer. Et ça c’est pas des mots en l’air. Le Cameroun ? La Côte d’Ivoire ? L’Egypte ? Le Ghana ? Tous très forts, sans conteste. Sauf que ce Big Four africain s’est trop formaté à « l’Européenne ». Avec en général des coaches européens (sauf Egypte), ces nations qui dominent la CAN offrent avant tout un football puissant, carré, discipliné, bref : « en place ». Avec généralement un seul attaquant de pointe, un milieu renforcé sans un vrai meneur appointé et une défense qui bétonne. Pas étonnant que les nations africaines ne vont pas assez loin en Coupes du Monde : à jouer comme les Européens, ils en oublient leurs spécificités propres, leur culture foot. Au « jeu de con », ils tombent toujours sur plus « cons » qu’eux. Plus « carré », plus « attentiste », plus « gestionnaire ». Désolé, mais la Côte d’Ivoire germanique de Drogba ne fait pas rêver et n’a toujours pas remporté la CAN depuis qu’elle domine le Continent, ces derniers temps…

L’Algérie, donc. Sublime en première mi-temps, après un contretemps glacial (ouverture du score du Rwandais Mutesa à la 20ème sur une frappe lointaine), elle a déroulé à 100 à l’heure avec un Mourad Meghni impérial (oui, oui : Meghni la lose !) en numéro 10 hyper classe en jeu long, court, passes dans le dos. Le coach algérien, Saadane, avait aligné un étonnant 3-5-2, système plus vraiment en vogue ces temps-ci mais diablement efficace, notamment sur les côtés (en gros : Antar Yahia et Belhadj à gauche et Matmour et Ziani à droite), avec devant la paire Ghezzal et Saïfi (capitaine). Une surprise, Magic Bougherra (Glasgow Rangers), habituel axial, placé en latéral droit dans la défense à trois. Le résultat : un tourbillon frénétique d’occases à la pelle, mais surtout une égalisation de la tête de Ghezzal (22ème) puis un avantage de Belhadj (45 + 3) pour un 2-1 à la mi-temps honteusement immérité pour les Rwandais. Voire la pluie d’occases, le but parfaitement valable de Yahia refusé, un autre de Ziani annulé pour hors jeu imaginaire. Bref, un arbitrage calamiteux. Surprise après la pause de 25 minutes (25 minutes !) : la deuxième mi-temps a ravalé l’Algérie au rang de « nation moyenne du football », hélas… Meghni éteint, jeu brouillon, passes ratées, disposition tactique indisciplinée, de la précipitation à vouloir aggraver la marque et des penchants trop « perso » (Ziani en a fait trop et Saïfi a bouffé deux fois la feuille). Heureusement que le pauvret Rwanda n’a pas eu la possibilité de punir une Algérie qui s’est souvent fait châtier dans pas mal d’éliminatoires dans le passé. C’est finalement un penalty ultra évident (ouf, l’arbitre !) que Ziani transformera à la 96ème qui scellera le sort du match : 3-1 et l’arène de Blida en éruption plus que volcanique.

OK, le Rwanda n’est pas un cador continental mais la nation martyre visait la 3ème place qualificative de la CAN 2010, son Eldorado. Les Rwandais étaient donc venus défendre chèrement leur peau, mais l’Algérie n’est pas tombée dans le piège. Incroyable Algérie… Capable à la fois d’atteindre le sublime mais coupable aussi de balbutier son football. La suite, on la connaît depuis longtemps : Egypte-Algérie au Caire, le samedi 14 novembre à 17 heures… Ca va se jouer à la différence particulière. A l’aller les Fennecs avaient tapé les Pharaons 3-1. Un nul et c’est la qualification aux points pour l’Algérie (13 points actuels + 1 = 14 contre l’Egypte, 10 points actuels +1 = 11). L’Algérie ne devra pas perdre par plus d’un but d’écart. Un 0-2, un 0-3 l’élimineraient. Un 4-2, 5-3, etc. la qualifierait. En cas de défaite 3-1, comme à l’aller les deux équipes seraient départagées par un barrage, en fonction des dates disponibles, ou par un tirage au sort. Conclusion : si l’Algérie rejoue au Caire la même partition que celle offerte en première mi-temps contre le Rwanda (voire comme au match aller contre les Pharaons), les Fennecs peuvent déjà réserver leur hôtel en Afrique du Sud. Parce qu’avec une Algérie pareille, l’Egypte se fera emporter dans le tourbillon des sables…

Chérif Ghemmour

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