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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Africom dévoile ses objectifs en Rdc

16 Décembre 2009 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Actualités

Dans le cadre de son assistance à la Rdc dans le domaine de la sécurité, il est prévu, notamment, la formation d’un bataillon de fantassins congolais à Kisangani dont le coût est de 15 millions de dollars Us.

Africom respecte la souveraineté de la Rdc et n’entend pas y installer une présence militaire permanente contre la volonté du gouvernement et du peuple congolais. La formation d’un bataillon de fantassins congolais à Kisangani par Africom coûtera 35 millions de dollars Us J. Antony Holmes, adjoint au commandant de Africom, séjourne en Rdc dans le cadre de la coopération entre l’Africom et la Rdc.

Il a tenu un point de presse au cours duquel il a révélé les objectifs poursuivis par Africom en Rdc. Il a fait savoir que Africom a été créé pour assister les pays africains dans le domaine de la sécurité. C’est le même objectif que Africom poursuit en Rdc. Pour lui, tout en reconnaissant qu’il y a beaucoup de problèmes à résoudre en Rdc dans divers secteurs de la vie, la sécurité reste le plus grand défi que ce pays doit relever.

C’est dans ce cadre que s’inscrivent les projets que Africom mène dans ce pays. Il s’agit par exemple de professionnaliser l’armée nationale congolaise. Cela explique la formation d’un bataillon des fantassins à Kisangani. C’est une formation qui concerne les formateurs. Le souci de Africom est de voir les Fardc mettre à contribution les hommes qui passeront par la formation en vue de former les autres. Le souci de Africom est également de voir la Rdc se doter d’une armée respectueuse des droits de l’homme, mettre fin à l’impunité à l’Est et mettre en place le processus d’une justice militaire performante.

Pour réaliser tous ces objectifs, les Usa n’ont pas besoin d’installer des bases militaires sur le continent africain. Par conséquent, il n’est pas question que Africom puisse chercher à établir en territoire congolais une base militaire permanente contre la volonté du gouvernement et du peuple congolais.

Il a fait remarquer que la réforme de la sécurité en Rdc implique plusieurs partenaires dont la République sud-africaine, l’Angola et l’Union européenne. Il faut donc a-t-il insisté, une certaine concertation entre ces différents partenaires. Cela explique le souhait de Africom de voir le gouvernement congolais s’investir pour que cette concertation des partenaires ait lieu.

Car, le gouvernement doit être la clé, mieux l’agent principal de cette réforme de la sécurité sur laquelle se fonde l’espoir de tout le peuple congolais. J. Antony Holmes, parlant au nom de son pays, a tenu à lever tout malentendu en disant que : « Nous respectons la souveraineté de la Rdc. Et l’Africom est en Rdc à l’invitation du gouvernement congolais et n’y restera également qu’à l’invitation du gouvernement de ce pays.

Plus d’un projet en Rdc

Répondant à la question de la presse de savoir ce qu’était devenu le projet en matière de santé annoncé par le commandant de l’Africom lors de son séjour en Rdc en avril de cette année, J. Antonny Holmes a fait savoir que ce projet démarre en 2010. Il s’agira d’assister les Fardc dans le domaine de la santé. Africom, a-t-il insisté, a ce genre de projets dans le domaine de la santé avec beaucoup d’autres pays africains qui apprécient cet apport de l’Africom.

A la question de savoir si les Usa ont des bases sur le continent africain et quels étaient les critères de choix de cette localisation, J. Antonny Holmes a été catégorique. A part le Djibouti, les Usa n’ont aucune autre base militaire sur le continent africain. Cependant Washington, a-t-il insisté, entretient des relations de coopération militaire privilégiée avec certains pays du nord du continent dont l’Egypte.

La raison de cette absence des bases américaines en Afrique, c’est le manque des moyens a-t-il déclaré. Car, une base militaire ça coûte cher. Le pays est déjà engagé dans des guerres notamment en Irak et en Afghanistan. Il a ajouté que le monde est grand, il y a des défis à relever partout. La seule façon pour Africom de participer au relèvement de ces défis, ce n’est pas d’implanter des bases militaires partout, mais de coopérer dans le cadre du partenariat avec les armées de la région. Parmi ces défis, il a cité la lutte contre la drogue et le contrôle des espaces maritimes.

Cette coopération a un coût

La coopération avec les pays du monde, la réalisation des projets particulièrement en Rdc par Africom a un coût. Quel est-il ? A cette question précise, J. Antony Holmes a donné une réponse précise. Ainsi, par exemple, a-t-il déclaré, l’entraînement du bataillon à Kisangani ainsi que tous les travaux connexes dont la construction d’hôpitaux et autres, coûteront une rondelette somme de 35 millions de dollars Us.

Et ce sera pour deux ans. La réfection du Centre supérieur militaire lui, a coûté quelque chose comme 4 millions de dollars Us également en deux ans. Et Holmes d’ajouter sans défier qui que ce soit : « Nous espérons que les autres partenaires bailleurs de fonds de la Rdc dans ce domaine, apporteront leur part. Lorsqu’est née l’idée de la création de Africom, il était question de son implantation sur le continent africain. Aujourd’hui, les Usa semblent s’être résolus de garder Africom en Allemagne. La presse congolaise a voulu savoir ce qu’en était la raison.

Pour Holmes, cette réflexion de départ était faite à partir de Washington par des gens qui ne connaissaient pas l’Afrique. Il a insisté sur le fait que les africains sont très sensibles à toute idée d’une base militaire sur leur territoire. Cela fait qu’il y a eu recul. On ne pouvait que renoncer à toute idée de présence permanente dans un pays africain.

Il a cependant apporté la précision selon laquelle, même lorsqu’on parlait d’installer Africom en Afrique, il n’était pas question d’installer une base militaire, mais un simple siège de l’Africom. Un siège, c’est modeste. Il suffit de quelques locaux et de quelques personnes pour y travailler. C’est différent d’une base qui nécessite une infrastructure plus importante et beaucoup d’hommes. La raison qui a milité pour le maintien de Africom en Europe, tient également aux facilités qu’offre ce pays en particulier et l’Europe en général.

Le siège de Africom reste en Allemagne

Pendant la guerre froide, a-t-il rappelé, les Usa avaient une importante présence militaire en Europe qui est  actuellement réduite de près de 65%. Mais l’infrastructure reste. Il est plus facile d’utiliser cette infrastructure que d’en construire en Afrique. Toujours, au sujet du siège de Africom, il existe une centaine des lettres des sénateurs américains qui exigent que le siège de cette institution soit installé aux Usa.

Mais compte tenu de la distance et du besoin de communication qui exige une certaine urgence, Africom ne s’est pas résolu à s’installer sur le territoire américain. Ainsi donc, Africom reste en Allemagne jusqu’en 2012. Et si un pays africain invitait Africom à s’installer sur son territoire ? A cette question Holmes a été encore une fois catégorique en disant qu’il n’est pas question d’invitation ou non. Il s’agit plutôt de la politique de Africom.

Cette politique se base sur la coopération avec les pays du monde au travers des représentations diplomatiques américaines qui ont en leur sein un service de coopération militaire. Africom travaille donc avec la diplomatie américaine à travers notamment les 48 pays qui ont des représentations diplomatiques américaines.

Joachim Diana G./L’Avenir

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