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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Les autorités congolaises ont manqué l'occasion d'exiger l'extradition de Laurent Nkunda

21 Septembre 2009 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Justice et Droits de l'homme

*Le Gouvernement congolais vient de transférer le rwandais Grégoire Ndahimana, présumé génocidaire, vers Arusha en Tanzanie, où il doit comparaître devant le Tribunal pénal International pour le Rwanda (TPIR) *Il s’agit d’un acte qui entre dans le cadre de la normalisation des relations entre la Rdc et le Rwanda. Pour une certaine opinion, en effet, le Gouvernement a manqué une occasion en or pour exiger du Rwanda le rapatriement de Laurent Nkundabatware, présumé auteur de crimes contre l’humanité.

Accusé de s’être illustré dans le génocide rwandais de 1994, Grégoire Ndahimana, arrêté le 11 août dernier, vient d’être transféré en Tanzanie où il devra comparaître au Tribunal pénal international pour le Rwanda (Tpir). Il a été arrêté par les Forces régulières de l’Armée de la République démocratique du Congo dans la province du Nord-Kivu. C’est des éléments impliqués dans les activités criminelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (Fdlr).

D’après le ministre congolais de la Communication et des Médias, Lambert Mende Omalanga qui a livré cette information à la presse, Grégoire Ndahimana a été transféré au Tribunal international pour le Rwanda (Tpir qui fonctionne à Arusha en Tanzanie). « Grégoire Ndahimana a été remis à ses juges naturels de la justice internationale à Arusha. Il y a eu un peu d’énervement de la part des responsables de la justice internationale à Arusha, qui pensaient que nous ne souhaitions pas l’extrader. En réalité, nous souhaitions absolument obtenir de lui des informations nécessaires à notre propre sécurité nationale d’abord. Ceci ayant été fait, nous avons trouvé maintenant l’opportunité de le remettre à la justice internationale comme nous avions pris l’engagement », a déclaré le ministre Mende, porte- parole du gouvernement. C’était au cours d’un point de presse tenu samedi dernier à l’aéroport international de N’Djili.

D’après le ministre, ce geste démontre à suffisance que le gouvernement de la République démocratique du Congo est résolument engagé sur la voie de la paix à l’intérieur du pays et avec ses voisins, notamment le Rwanda. « C’est la contribution du gouvernement congolais à la stabilisation de la situation dans la région des Grands Lacs. Nous pensons que c’est un geste important qui est certainement apprécié à sa juste mesure par, non seulement nos partenaires du Tribunal pénal international pour le Rwanda (Tpir), mais également par notre voisin, le Rwanda, avec lequel les relations sont en train de s’améliorer sensiblement. Et ceci constitue un geste supplémentaire de cette amélioration. Je pense que c’est la consolidation de la paix, qui peut être tirée comme enseignement de ce geste du gouvernement congolais », a renchéri le porte-parole du gouvernement. Pour l’opinion nationale, c’est la fin d’une tragédie humanitaire, longtemps entretenue par ce rwandais et sa bande, « enfouis » dans la jungle congolaise du Kivu.

Les chiffres approximatifs avancés à cet effet indiquent plus de 800.000 morts, enregistrés lors de ce plus grand génocide que l’humanité n’ait jamais connu au 20ème siècle. Ce fut une vraie machine de tuerie orientée vers les populations rwandaises Tutsi et Hutus modérés. Certes, le temps n’est plus à remuer le couteau dans la plaie pour se souvenir de ce passé douloureux, mais plutôt, à rendre justice afin d’honorer la mémoire de toutes ces victimes. Et le gouvernement congolais, qui s’investit dans la recherche d’une paix durable non seulement sur son territoire, mais également avec ses voisins, se saisit de ce dossier pour faciliter la tâche au Tpir d’Arusha. C’est donc, une course de moins, mais aussi une victoire pour toutes les familles de victimes de voir aujourd’hui, un de leurs bourreaux aux arrêts sur le territoire congolais. Alors que dans un passé pas lointain, la République démocratique du Congo était accusée non seulement d’abriter ces génocidaires, mais aussi d’entretenir les forces négatives des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (Fdlr) contre le régime de Kigali. Ce qui n’a jamais été le cas. Pour preuve, les forces régulières de deux pays avaient décidé de faire bloc contre les insurgés rwandais des Fdlr. C’était lors des opérations Umoja Wetu.

Les gouvernements de deux pays avaient fait la sourde d’oreille contre les mauvaises langues sur cette problématique. Et ont pris l’engagement de regarder dans la même direction, afin de permettre aux deux peuples de revenir aux bons sentiments d’un passé harmonisé et d’enterrer pour toujours la hache de guerre. Le mini sommet entre les deux chefs d’Etat Joseph Kabila de la Rdc et de Paul Kagame du Rwanda témoigne justement ce bel élan que les deux hommes d’État décident de prendre pour une sous- région restaurée et sécurisée. Située au cœur de l’Afrique et considérée comme plaque tournante de l’économie du continent, la République démocratique du Congo s’est engagée à jouer une carte qui gagne en commençant par la restauration de la paix, socle de tout développement. Et cette paix pour être efficace, doit commencer at home.

Aujourd’hui, avec l’arrestation de Grégoire Ndahimana, on peut dire que la Rdc retrouve en elle- même, une confiance, mais aussi, une confiance méritée auprès de ses pairs, qui trouvent certainement en elle, une disponibilité sans pareille de faire la paix avec tous au sein de la Communauté économique des pays des grands lacs (Cepgl), qui est en train de renaître de ses cendres, mais aussi de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (Ceeac) et de la Communauté de développement des États d’Afrique australe (Sadc).

Pour rappel, Grégoire Ndahimana est né en 1952 dans la commune de Kivumu au Rwanda. Au moment des faits en cause, il était le bourgmestre cette bourgade. Suite à l’assassinat du Président rwandais, le 6 avril 1994, des attaques ont commencé à être perpétrées contre les Tutsis dans la commune de Kivumu, comme ailleurs au Rwanda. Afin d’échapper aux attaques dont ils étaient la cible, ces Tutsis se sont réfugiés dans les bâtiments publics et les églises, y compris l’église de Nyange. Dans ce cadre, le bourgmestre de Kivumu, Grégoire Ndahimana, et les policiers communaux ont rassemblé, dès le 10 avril 1994, les réfugiés des différents secteurs de la commune et les ont transportés à la paroisse de Nyange.

Vers le 10 avril 1994, plusieurs réunions importantes semblent avoir été tenues à la paroisse de Nyange et au bureau communal. Athanase Seromba, Fulgence Kayishema, Gaspard Kanyarukiga (cf. « ramifications ») et Grégoire Ndahimana auraient assisté à ces réunions. Lors de ces réunions, il a été décidé de demander des gendarmes à la préfecture de Kibuye, afin de rassembler dans l’église de Nyange tous les civils tutsis de la commune de Kivumu. Vers le 15 avril, les attaques lancées contre les personnes réfugiées dans l’église se sont intensifiées. Le même jour, Athanase Seromba, Grégoire Ndahimana et Fulgence Kayishema ont ordonné de détruire l’église, tuant ainsi les quelques 2’000 Tutsis encore présents en son sein.

Selon l’acte d’accusation, Grégoire Ndahimana aurait, entre le 6 avril 1994 et le 20 avril 1994, supervisé ces massacres, en compagnie d’Athanase Seromba, de Fulgence Kayishema, de Télesphore Ndungutse, du juge Joseph Habiyambere et de l’assistant bourgmestre Vedaste Mupende. Il a été inculpé le 2 août 2001 pour génocide par le Procureur du Tribunal Pénal International pour le Rwanda.

Yassa

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