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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Gatuna: libre traversée sans les sachets en plastics et sans... le kanyanga

16 Septembre 2009 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Ressources et environnement

Quels que soient les piétons ou les conducteurs, ce mot d'ordre doit être maîtrisé pour éviter toute éventualité d'un accident. "Keep left" ou "virer à gauche", est une inscription bien mise en évidence quand les commerçants et les voyageurs quittent le Rwanda pour se rendre en Ouganda. La frontière commune de ces deux pays "Gatuna", connaît un afflux massif de personnes de plusieurs nationalités. Les Burundais, les congolais et les rwandais viennent au premier rang, et puis  d'autres nationalités, comme les Zambiens, les Mozambicains et certaines fois, les Sud-africains en deuxième position.

L'ambiance sur la frontière "Gatuna" est une bonne scène. Les gens se précipitent pour décharger leurs marchandises afin qu'elles soient vérifiées et taxées, d'autres remplissent rapidement les formulaires du service de l'immigration et de émigration. Entre temps, les enfants et les femmes, sont nombreux de gauche à droite entrain de vendre des petits articles, dont les fruits, les arachides et tout consort.

Charles Nkubito, agent du service d'immigration et émigration explique toutes les gymnastiques qu'il faut pour passer du Rwanda à l'Ouganda. Il se retient  quand même de dire un mot sur la comparaison des services entre les deux pays. "Cela risque de compromettre la politique de bon voisinage", dit-il. Il insiste par contre sur la symbiose qui marque les populations voisines. "Les Rwandais qui vivent tout proche de la frontière ne sont pas contraints de disposer des passeports ni d'un laissez-passer. Ici au Rwanda on lui donne un papier nommé "board pass" et l'Ouganda donne à la sienne "temporary Mouvement pass". Avec ces deux papiers, la traversée de l'une et de l'autre frontière est, disons "free" ou libre", souligne Nkubito qui énumère les secteurs administratifs qui bénéficient de cette prérogative. Il s'ait des secteurs Cyumba, Kaniga, Rubaya, Manyagiro et Bungwe.

Ces voisins proches s'échangent mutuellement de biens et services. Certaines informations non encore vérifiées, affirment qu'une bonne portion de la population ougandaise  se dirige au Rwanda pour se faire enrôler au service des mutuelles da santé, a-t-on appris par la Vice Maire du district de Gicumbi, Mme Eugénie Uwamahaoro, ce que Charles Nkubito accepte avec parcimonie. "Il faut vraiment vérifier cette information. Les agents du district de santé de Rubaya seraient les mieux indiqués. Oui, j'entends parler de ce fait à travers plusieurs réunions, mais…", confie Nkubito.

"Kanyanga" une drogue transfrontalière  prohibée seulement au Rwanda

Boire le "kanyanga" en Ouganda  est un droit comme assouvir sa soif par une bière au Rwanda. Cette boisson très alcoolisée fabriquée localement dont sa teneur d'alcool est démesurée et mal connue, est hautement prohibée au Rwanda, contrairement en Ouganda. La population rwandaise qui vit côte à côte avec celle ougandaise, est de temps en temps interpellée par la police pour la vente de cette drogue. " Si le Rwanda a adhéré à l'East African Community, c'est que certaines normes doivent être souples. Je ne comprends pas comment  le "kanyanga " est une drogue ici, prohibée avec toute la dernière énergie plutôt que là", s'acharne cette femme qui vend les bananes mûres sur la  petite rivière frontalière dénommée "Rujuga". Comme les gens sont de temps en temps malins, certains Rwandais traversent la frontière ougandaise pour boire cet alcool. Ils reviennent en réalité avec cette drogue dans leurs estomacs, ce qui conduit à la nuisance  dans leurs familles. "Certains meurent en cours de route. Ceux qui ramènent le kanyanga dans leur estomac ne traversent la frontière que la nuit sous l'obscurité. Certains meurent par l'ivresse et d'autres par des accidents: ils trébuchent et meurent sur-le-champ", rassure l'agent du service de l'immigration et émigration.


Les emballages en plastiques restent à la douane

Le contrôle des passages est de rigueur. Toute matière plastique reste  à la douane. C'est une loi qui a, d'ores et déjà fixé ses racines. "Nous  disposons d'un conteneur des matières plastiques. Les commerçants  qui se hasardent à emballer leurs biens dans des emballages en plastiques, sont  priés de  chercher d'autres faits en matières compatibles avec l'environnement. Ces emballages sont collectés dans un conteur", souligne Charles Nkubito.

La population voisine à celle de l'Ouganda connaît la règle de jeu. "Personne ne peut oser de ramener des vivres de l'Ouganda dans un sachet", dit Muhoza, paysan du lieu.

Suivant les estimations du service de l'Immigration et d'émigration, les hommes sont toujours nombreux à traverser la frontière comme il en est le cas depuis des décennies. 

Safari Byuma

La Nouvelle relève

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