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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

La RDC impuissante face aux catastrophes naturelles ?

15 Septembre 2009 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Ressources et environnement


( J.R.T)

Le monde est en train de vivre présentement du Nord au Sud et d’Est en Ouest, quelques épisodes dramatiques du changement climatique, avec des températures qui atteignent des crêtes de plus de 45° et des températures basses inattendues dans certains coins de la planète, la baisse de la calotte glaciale polaire, ainsi que des ouragans et de fortes tempêtes avec des pluies diluviennes qui provoquent des crues des rivières et des fleuves. Le catalogue de ces catastrophes n’étant pas exhaustif, l’on ignore de quoi demain sera fait dans ce domaine où tout est imprévisible. Bien que le Sommet de Copenhague sur le changement climatique soit pour bientôt, la sensibilisation des populations et des dirigeants sur les responsabilités individuelles et collectives dans la gestion de l’environnement de la planète, a débuté depuis des lustres avec la sonnette d’alarme des scientifiques et de certains organismes internationaux. Les enjeux de ces réunions sont très importants, quand on sait que toute la planète est menacée face au caractère imprévisible des cataclysmes.

L’alerte donnée par les scientifiques a-t-elle été suivie ? Y a-t-il eu une prise de conscience collective face à toutes ces menaces ? Comment les gouvernements se sont-ils préparés à affronter les catastrophes à venir ? Quelle est la capacité de chaque pays à réagir aux multiples cataclysmes qui guettent la planète au cours de ce siècle ? A ces questions, les réponses ne viendraient d’abord que de ceux qui ont la charge de conduire la politique de gestion des catastrophes au niveau de chaque Etat. Diriger, dit-on, c’est prévoir. Au fait, qu’est-ce qui a été fait jusqu’ici depuis que la menace s’est révélée non seulement grave, mais imminente ? Déjà et en prélude à cette rencontre internationale, l’Asie, les Etats-Unis, l’Amérique centrale et l’Europe viennent de nous projeter depuis des semaines et des mois, des images émouvantes des scénarii catastrophes des feux de forêts, ainsi que des inondations dévastatrices qui semblent extraits d’un nouveau film d’épouvante. De vastes étendues des forêts ravagées par les flammes, des ruines enfumées de quartiers entiers, des épaves de véhicules calcinées, des cultures détruites, des routes fleuves où des naufragés juchés sur les toits de leurs véhicules et de leurs maisons attendaient des secours quelquefois hypothétiques. Des familles entassées dans des hangars et des écoles dans une promiscuité indicible, tels des réfugiés, ne tenaient plus qu’à la seule distribution de quelques vivres alimentaires de leurs gouvernements ou de l’aide internationale. On se croirait à une époque apocalyptique de la fin du monde tant annoncée par les religieux. Le monde se réveille souvent tard Il a suffi de quelques feux de brousse qui embrasaient les montagnes, des crues dévastatrices des cours d’eaux, des torrents de boues qui rasaient des vastes plantations, ainsi que des tremblements de terre et des glissements de terrain, pour comprendre la vulnérabilité de nos infrastructures, la faiblesse de nos systèmes de défense antisismique et l’insuffisance de nos moyens de lutte contre les incendies et de secours dans des villes plongées sous les eaux ou sinistrées. Dans l’espace de l’Union européenne, on a vu des pompiers de tel pays intervenir dans tel autre, renforçant ainsi les moyens d’intervention et l’organisation des secours d’urgence. Dans les pays développés, si l’on peut mobiliser des milliers de volontaires, recourir à une grande logistique et assurer la prise en charge des milliers des sinistrés, en est-il de même dans les pays sous-développés qui n’arrivent même pas à assurer l’approvisionnement en eau potable à leurs populations ! Qu’arriverait-il si de telles catastrophes survenaient sur le continent africain en proie aux conflits armés, et confronté aux problèmes humanitaires de tous ordres ? Quand est-ce qu’on pourra enregistrer au niveau de l’Union africaine, ou des ensembles économiques régionaux et sous-régionaux, une telle synergie des secours, d’aide alimentaire et des soins médicaux ? Pourtant, ce ne sont pas les moyens humains qui font défaut. Qu’en est-il de notre capacité à gérer ce genre de situations ? Qu’est-ce que la RDC compte comme moyens matériels et humains pour faire face aux conséquences dévastatrices du changement climatique ? Qui sont préparés aux secours d’urgence et comment pourraient être organisées les opérations d’évacuation des sinistrés et leur prise en charge sociale, psychologique et sanitaire? Ailleurs, on l’a vu, quelque chose a pu être faite par le gouvernement et les services de la protection civile, en attendant l’intervention des pays amis qui n’arrive toujours qu’en retard. Ce sont là des interrogations que des Congolais se posent au vu des scènes macabres des personnes mortes dans les incendies de leurs maisons, de celles qui se noient dans les flots des courants d’eau ou extraites des décombres des immeubles. Ce questionnement devrait en fait, nous révolter, sinon nous interpeller avant que surviennent des catastrophes d’une grande ampleur. Il est vrai que la RDC par sa situation géographique n’est pas à l’abri des menaces d’un bouleversement climatique. Mais qu’a-t-on déjà envisagé comme logistique et conjugaison d’énergies pour intervenir immédiatement dès que survient le sinistre et épargner à nos compatriotes, le dénuement total comme celui auquel sont exposés les milliers des déplacés de guerre qui ne tiennent plus qu’à la générosité internationale. Qu’on se le dise !

2009-09-14, Le Phare

 

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