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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

Hillary Clinton demande l'arrêt des crimes sexuels en RDC

11 Août 2009 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Justice et Droits de l'homme


De Matthew Lee (CP

GOMA, République démocratique du Congo — Hillary Clinton s'est rendue mardi dans un camp de réfugiés de l'est de la République démocratique du Congo (RDC) ravagé par la guerre, promettant 17 millions de dollars d'aide américaine en faveur de la lutte contre les crimes sexuels commis en masse dans la région depuis le début des conflits armés.

Après une escale de 48 heures au Congo-Kinshasa, la secrétaire d'Etat américaine devait gagner le Nigeria, cinquième étape de son voyage en Afrique.

La voix brisée par l'émotion, Hillary Clinton a dénoncé l'épidémie de viols qui meurtrit la RDC depuis plus de dix ans sur fond d'affrontements meurtriers. "Nous disons au monde que ceux qui attaquent les populations civiles en recourant au viol systématique sont coupables de crimes contre l'humanité", a-t-elle lancé.

La secrétaire d'Etat américaine a visité le camp de Magunga, où vivent quelque 18.000 hommes, femmes et enfants, déracinés pour la plupart de leur village par un conflit entre les forces congolaises et des combattants rebelles qui a fait plus de cinq millions de morts depuis 1998.

"Nous pensons qu'il ne devrait pas y avoir d'impunité pour la violence sexuelle commise par tant d'individus, qu'il doit y avoir des arrestations, des poursuites et des sanctions", a insisté Hillary Clinton lors d'une conférence de presse au côté de son homologue congolais Alexis Thambwe Mwamba à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, où jamais avant elle, un secrétaire d'Etat américain ne s'était rendu.

Au moins 10 des 17 millions de dollars promis par Hillary Clinton seront employés à la formation de médecins pour traiter les victimes d'agressions sexuelles. Une partie des fonds est également destinée à prévenir ce type d'abus.

La secrétaire d'Etat américaine a rencontré dans le camp de Magunga plusieurs réfugiés qui ont évoqué leurs souffrances dues à la malnutrition, au paludisme, à la tuberculose ou aux diarrhées. Ils ont aussi rapporté que des femmes, des jeunes filles et des garçons étaient souvent victimes de viols quand ils allaient chercher du bois pour cuisiner dans une forêt voisine.

La secrétaire d'Etat américaine a semblé particulièrement émue à la vue d'un enfant squelettique de quatre ans souffrant de malnutrition extrême, que sa mère tenait dans les bras. "Nous sommes fiers de vous aider", a déclaré Hillary Clinton lors de sa visite.

Les Nations unies ont enregistré au moins 200.000 cas de violences sexuelles contre des femmes et des jeunes filles dans la région depuis les tout premiers affrontements en 1996, "une des plus grandes atrocités de l'humanité", selon Hillary Clinton, qui a gagné Goma à bord d'un avion de l'ONU malgré les objections de certains conseillers craignant pour sa sécurité.

La cheffe de la diplomatie américaine, qui a rencontré dans la capitale du Nord-Kivu le président Joseph Kabila, a déploré que la population souffre toujours du "règne de la violence", quelques mois après le lancement en janvier d'une campagne des forces congolaises soutenue par les Nations unies pour pacifier la région.

Les Etats-Unis sont "très inquiets au sujet des victimes civiles, que ce soit des personnes décédées, violées ou blessées" à la suite des "actions militaires", a-t-elle dit, tout en soulignant que Washington appuyait les efforts visant à éliminer toute menace émanant des insurgés et souhaitait une professionnalisation de l'armée congolaise pour prévenir tout abus.

Des organisations de défense des droits de l'Homme ont appelé à une suspension des opérations, qui ont entraîné le déplacement de quelque 800.000 personnes et coûté la vie à des centaines de civils.

En dépit d'un apaisement des combats faisant suite à un accord de paix en 2003, attaques de villages, meurtres de civils et autres exactions se poursuivent. En juillet, l'organisation Human Rights Watch a cité des données onusiennes selon lesquelles des soldats ont été impliqués l'an dernier dans 7.703 cas de violences sexuelles.

Hillary Clinton a précisé que les Etats-Unis allaient envoyer une équipe d'experts chargés d'émettre des recommandations visant à surmonter le fléau de la corruption en RDC. Une proposition acceptée, selon elle, par Joseph Kabila.

Avant le Congo-Kinshasa, la secrétaire d'Etat américaine s'était rendue en Angola, en Afrique du Sud et au Kenya. Sa tournée de 11 jours en Afrique doit se poursuivre au Nigeria, au Liberia et au Cap Vert.

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sijyeniyo 12/08/2009 16:12

Madame H. Clinton au lieu de plaider pour l'arret des violences sexuelles a l'Est du Congo ferait mieux de plaider pour l'arrestation des criminels et seigneurs de guerres qui pullulent dans l'Est du Congo. Les violences sexuelles ne sont que la consequence de la pillulation des segneurs de guerres dans cette region martyrisee. C'est comme si quelqu'un soignerait la fievre sans traiter la cause de la fievre!
sc