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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

L'énigme FDLR: vrais/faux FDLR, dissidents, infiltrés, dislocation du RUD-Urunana

31 Juillet 2009 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Actualités

En hommage à mon ami Nicaise Kibel'Bel Oka lauréat du "Free Press Africa Award", je publie certains des articles du n°205 de son journal "Les Coulisses" du 20 juillet au 15 août 2009

Insécurité au Kivu

Terreur au Sud de Lubero: Vrais/faux FDLR?

Dans la nuit du vendredi 08 au samedi 09 mai 2009, des hommes en arme ont mis à feu le village de Batalongola (± 4 km du bureau de la cité de Kanyabayonga), dans la chefferie de Bwito, territoire de Rutshuru. Plus de 135 cases ont été brûlées par des hommes identifiés comme les éléments des FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda). Deux éléments incontrôlés des Fardc ont été retrouvés morts le samedi 09 mai 2009.

Près de 825 personnes vivent sans abri et sans assistance aucune. Dimanche 10 mai 2009 vers 23 heures, Mme Françoise Kavira Maheshe de Kanyabayonga, se retrouvait dans sa case qui avait pris feu. Elle s’en est sortie avec l’un de ses deux enfants avec des brûlures graves. Son enfant Muhindo Balere est mort à l’hôpital de Rutshuru où il a été dépêché avec sa mère, pour des soins par Médecins Sans Frontière (MSF). Quant au bébé Sifa Kavugho (3 ans d’âge), celle – ci a été calcinée dans la case.

Le lundi  11 mai 2009, vers 2h00’ du matin, les habitants de la localité de Mbingi (± 125 km au sud de Butembo) ont été surpris par des tirs des canons. Les hommes armés se faisant passer pour les FDLR ont pillé les boutiques de la place. Les éléments des Fardc venus de la localité de Kaseghe (± 140 km sur l’axe Butembo – Kanyabayonga) pour épauler leurs coéquipiers se sont illustrés par des actes de pillage des chèvres, des volailles et des viols des femmes (vieillards, jeunes, adultes et enfants). Selon un paysan de Mbingi, contacté par notre Rédaction, les assaillants seraient de faux FDLR. Certains militaires congolais se feraient passer pour les FDLR pour une cause encore obscure.

 

Certains FARDC sous la peau des FDLR

Au nom des FDLR, certains éléments des FARDC sous le commandement du Col. François Mutahunga, Cmd rwandophone de la brigade basée à Kanyabayonga commettent des actes de vandalisme. Dans la nuit du lundi 11 au mardi 12 mai 2009, un groupe d’inciviques ont semé la panique dans la cité de Kanyabayonga. Des sources recoupées, ce sont les hommes du Cmd Bde François Mutahunga qui ont éparpillé des tracts à Kanyabayonga. Au matin du mardi 12 mai 2009, le commandement des FARDC/Kanyabayonga a déclaré avoir récupéré 9 chèvres et une bâche, sans dire auprès de qui où et dans quelle circonstance.


La balkanisation du Congo à partir du Kivu en marche

Le contenu des tracts retrouvés à Kanyabayonga, le 12 mai 2009 est clair : « … Vous, population de Kanyabayonga, êtes en connivence avec les FARDC qui appuient les Tutsi pour nous attaquer … Nous vous demandons de quitter ce coin et nous laisser l’espace, en vous dirigeant vers Eringeti ou ailleurs à Beni … »

Depuis que les assaillants ont adopté la politique de la terre brûlée dans le sud de Lubero, aucun groupe FDLR ou Interahamwe n’a revendiqué même une seule action. Une source proche des FDLR nous a déclaré qu’en invitant les militaires rwandais (RDF), les Congolais avaient amené les serpents jusque dans leur chambre. Et d’ajouter que ce sont les Congolais et leurs complices qui incendient les cases des paysans. Certains paysans de Kayna que nous avons rencontrés, eux parlent des interahamwe qui demandent à leurs débiteurs congolais de rembourser leur dû. Car ils seraient en route pour leur Rwanda natal.

La même source a déclaré que les maï maï n’apprécient pas l’attitude de la hiérarchie militaire de la RDCongo qui a placé à la tête de la Brigade de Kanyabayonga que des Rwandophones. Brûler les cases serait une façon de faire pression pour une éventuelle relève des troupes et une redistribution des postes.

Des sources militaires, le Cmd secteur opérationnel, Djuma Balumusha, FARDC (Tembo) issu du RCD/Goma, serait la marionnette du Rwanda. Il lui a été enjoint en Tutsi, le Cmd Innocent, nom de famille inconnu, venu du CNDP. Le commandement de la Bde a été confié au tutsi François Mutahunga (ex CNDP) avec comme adjoint un certain Unega, Lendu de l’Ituri.

 

Les FDLR divisées

Depuis la fameuse opération « Umoja », les groupes FDLR ont jugé bon garder silence.

Certaines indiscrétions parlent de la dislocation des troupes des FDLR.

La branche RUD/FDLR se serait scindée en deux groupes : l’un encore fidèle au général Musare et l’autre qui vient de joindre du Col. Jean Michel Africa. Les relations avec certains opérateurs économiques de Butembo auraient divisé ces combattants rwandais qui ne vivaient que de l’exploitation illicite de minerais, avec comme point de vente Goma et Butembo. Des commerçants qui collaboraient avec les FDLR/RUD auraient même libéré des terrains dans le sud de Lubero pour héberger ces combattants rebelles rwandais. Chacun de ces deux groupes auraient maintenant son partenaire congolais. Et l’ami de l’un devenant automatiquement l’ennemi de l’autre. Cela serait l’une des causes des incendies dans le sud de Lubero.


Des dons récoltés pour des sinistrés

Depuis un certain temps, on assiste à la collecte des fonds, des vivres et non vivres pour les sinistrés de l’Est (Kivu) par certaines ONG. De Boma à Goma et de Lubumbashi à Kisangani, certaines personnes se sont adonnées à cette gymnastique. Voire jusque dans la pré carré de la famille présidentielle. Une journée que l’on peut passer dans tel ou tel coin du Nord-Kivu pousse à se demander « qui sont réellement ces sinistrés devenus un fond de commerce ? »

Même si la Bible nous demande de ne pas dévoiler le montant de l’aumône, il y a lieu à se demander « qui donne quoi ? A qui ? Pourquoi ? Depuis le début de fameuses collectes, les vrais sinistrés souffrent davantage alors que certains s’enrichissent. Les victimes de Luofu auraient raison de rejeter l’idée de regroupement sous des bâches. Le vrai don, c’est la sécurité. Les dons des ONG font pérenniser la guerre dans le Kivu.

 

Christian K. Muke

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