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 Editions Sources du Nil  : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo

La revendication de l'identité juive par des intellectuels Tutsis: une supercherie lucrative

3 Juillet 2014 , Rédigé par Editions Sources du Nil Publié dans #Réactions Livres

La revendication de l'identité juive par des intellectuels Tutsis: une supercherie lucrative

Extrait de: Noël Ndanyuzwe, 2014, La guerre mondiale africaine, la conspiration anglo-américaine pour un génocide au Rwanda. Enquête dans les archives secrètes de l'armée ougandaise. Éditions Sources du Nil.

1.6. Revendication de l'identité juive et d’une grande région unifiée[1].

La revendication de l’identité juive par les Tutsis peut paraître comme une large fumisterie, mais l’idée adossée à la théorie migratoire hamito-couchitique[2] est surtout tactique en ce qui concerne la formation d’un empire nilotique le long du fleuve Nil. Elle n’a surtout rien à voir avec l’histoire des Falashas (Beta Israël), ces juifs éthiopiens descendants de la Reine de Saba dont une partie (14324 individus) fut évacuée en 1991 vers Israël par un pont aérien « l’Opération Salomon ». La revendication de l’identité juive ne vise pas le retour vers la Terre Promise mais la recolonisation des populations bantoues et l’institutionnalisation du suprémacisme tutsi et des peuples apparentés, minoritaires dans la région des Grands Lacs, appuyés par la puissance anglo-américaine. Non sans intérêt. En effet, la revendication est aussi basée sur une légende « Les mines du Roi Salomon » qui se situent dans « les Montagnes de la Lune » où se trouve le plus grand scandale géologique que le monde ait connu. Avec cette revendication, bien entendu, l’Etat d’Israël est sollicité et le soutien d’office obtenu, puisqu’il est sans conséquence et plutôt lucratif, même s’il est destiné paradoxalement à un Président, Y.K. Museveni, qui a déclaré adorer Hitler.

Vendredi, le 18 septembre 1998, l'Agence France Presse écrivait dans son article ceci : « L'or du Kivu, engin caché du conflit en RDC (…) Une légende vivace dans l'Est congolais situe les mines d'or du Roi Salomon dans cette zone » où le pillage de l'or bat toujours son plein. Ceci donne un autre aspect certainement moins apparent mais très important à la crise qui secoue l'Afrique centrale et en particulier le Congo. Ceux qui appuient les Tutsis dans la guerre de conquête du Congo-Zaïre expliquent son invasion actuelle par la Bible. Selon quelques versets bibliques, livre d'Exode 3,10 ; 3, 16-20 ; 4, 17 ; 17, 5-7 : ces versets qui, à la lecture, ne donnent aucun indice justifient selon eux « la guerre actuelle de conquête tutsie dans la région de Grands-Lacs, ‘Havila’, et surtout au Congo est un fait prophétique, une volonté de Dieu d'Israël »[3]. Le 23 novembre 1998, le Journal Jerusalem Post, affirme que l'intention des Tutsis n'est pas de vouloir s'établir dans l'Etat hébreux, mais d'être reconnus par l'Etat juif et la Communauté internationale tout en se maintenant dans les pays qu'ils occupent :

Nous lançons un appel à Israël et à la Communauté Internationale pour condamner et prendre des actions contre toute violence anti israélite, perpétrée par les non-israéliens à travers l'Afrique, sur plus de 500.000 Tutsi-Hébreux Israéliens au Rwanda[4]

Lors des négociations de paix sur le Burundi à Arusha en Tanzanie, le dossier des Tutsis recherchant l'identité juive est venu à la surface dans une des Commissions chargées d'étudier la question des institutions du Burundi. En citant chaque fois l'article du Jerusalem Post précité, deux partis extrémistes tutsis au Burundi, le PARENA de l'ancien dictateur Jean-Baptiste Bagaza et celui du PRP de Mathias Hitimana ont surpris l'auditoire par l'audace avec laquelle ils ont longuement discouru sur ce qu'ils ont appelé « notre origine juive » allant de David, aux Tutsi-Hima en passant par Salomon, la reine de Saba, Ménélik, Koush et les Falashas éthiopiens. Le 15 mars 1999, le Journal Tanganyika online titra: « les Tutsi recherchent l'identité juive »[5]. Mardi le 11 mai 1999, le Journal canadien National Post cite David B. Goldstein, juif généticien à Oxford en Angleterre

qui allègue certifier après analyses que selon les gênes sanguins qui déterminent l'hérédité, les Lemba seraient des juifs noirs descendants d’Aron. Le problème est qu'il y a eu des mixages avec les populations hôtes, ce qui a obscurci leur ascendance [6].

Les intellectuels tutsis et leurs relais ont tout fait pour préparer les esprits à une déclaration officielle de cette identité commune juive par une médiatisation entre 1998 et 1999. Outre la création d’une véritable entreprise de récits accusatoire et de falsification de l’histoire du génocide, ils ont fait la promotion de leur usine à propagande et de fabrication de l’idéologie hégémonique et suprémaciste. Cette usine est l'Institut Havila[7] aussi dénommé « Institut des Grands-Lacs » qui existe depuis un certain temps et regroupe dans la plus grande discrétion les grands intellectuels tutsis à travers le monde. Il ne rassemble pas moins de sept centres de recherche, d'intervention et de rayonnement, implantés sur presque tous les continents. Dimanche le 10 octobre 1999, la Conférence de Havila a lieu à Bruxelles dans le prestigieux Centre de Séminaires de l'Hôtel Mercure.

La guerre actuelle de conquête tutsie dans la région de Grands Lacs ou la guerre de libération régionale dont Y.K. Museveni est leader, idéologue et planificateur, a pour but ultime de créer l'homme nouveau sur une terre rebaptisée « Havila », ou « la terre sacrée de Havila », un nom nouveau qui signifie l'Empire Hima-Tutsi ou Empire des « Tutsis-hébreux » qui englobera 11 pays. Le génocide commis au Rwanda en 1994 devient par simple analogie, la Shoah et l’holocauste africains !

Ainsi, en ouvrant la boîte de pandore, le belliqueux P. Kagame s’est placé dans la ligne de l'espérance de la réunification des « Tribus perdues d'Israël » dispersés aux quatre coins de la terre, depuis la destruction du premier Temple et la déportation à Babylone (-586), qui marque la dispersion dans les Nations. Avec les Tutsi qu’ils ont sacrifiés sur l’autel de la libération régionale, Y.K. Museveni et P. Kagame sont prêts à tout faire pour récupérer l'histoire de l’holocauste et de la Shoah. En comparant l’incomparable ils imposent à l’humanité leur propre version des faits qui ne peut tolérer d’être entachée de révisionnisme ou de négationnisme. Cette fraude à l’histoire s’inscrit dans leurs techniques de camouflage de leurs forfaits.

Comme s’il s’agissait d’une simple coïncidence le livre de Paul Del Perugia, Les derniers rois mages, a été réédité en juin 1993 et distribué massivement en cadeau. Le but était de vulgariser cette théorie juive et préparer les esprits à la veille du génocide. Ce livre véhicule l’idéologie du mythe du peuple nilotique auquel le tandem Kagame-Museveni assigne des objectifs à atteindre par la violence, laquelle est entretenue sur la base de ses intérêts égoïstes.

_______________________________

[1] Erik Kennes, « La judaïsation des Tutsis : identité ou stratégie de conquête », CEDAF – AFRIKA INSTITUUT/ AFRICA MUSEUM, 28/04/2000.

[2] Voir à ce sujet, Fondation Ntarama, « Une nouvelle identité des Batutsi du Rwanda et du Burundi ou la radicalisation de la théorie hamito-couchitique par l’institut Havila », site www.fondation.ntarama.free.fr/français/publication/havila.htm

[3] Selemani, Justin Omolela, Les Maï-Maï du Maniema: engagement politique et résistance populaire, Paris, L’Harmattan, 2014. Voir Eric Kennes « Judaïsation des tutsis : identité ou stratégie de conquête »

[4] Le journal Jerusalem Post du 23 novembre 1998.

[5] Tanganyika News Online n°25 du 15 mars 1999.

[6] Le journal canadien National Post du 11 mai 1999, page 17.

[7] Selon E. Kennes (déjà cite): l’institut Havila comprend 7 centres spécialisés, à savoir:

(1) le Centre « GEDEON », observatoire de la situation sécuritaire et stratégique des peuples shébatiques de Havila,

(2) le Centre « ROI SALOMON » : analyse économique et financière dans Havila,

(3) le Centre « HAKIM » rassemble des spécialistes en médecine, sciences naturelles et écologie chargés d’étudier les conditions éco-systémiques dans lesquelles ont émergé les civilisations anciennes de Havila,

(4) le Centre « MULENGE »: les nouvelles technologies de l’information et de la communication,

(5) le Centre « TECHOUVHAH» (connexion mémorielle des peuples shébatiques du Nil blanc : HAVILA qui s’occupe des Grands lacs et du Nil bleu; GUIHON comprenant l’Ethiopie, la Somalie, l’Erythrée, l’Ogaden, le Ghana, le Nigeria, etc.,

(6) le Centre SACEGA (souvenir de l’institution du bâton de justice et de gouvernement dans Havila),

(7) le Centre « BILKIS-REINE DE SABA» (analyse et intervention politiques et diplomatiques pour les questions relatives au destin des peuples de Havila).

Pour de plus amples détails voyez à ce sujet notamment : Havila Institute-Afrique Burundi-Google sites,

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